La massif des Aravis : la montagne en majesté

Par Vincent Noyoux
source : Détours en France n°176

Entre Annecy et Megève, la chaîne des Aravis fait le gros dos, lançant ses sommets jusqu’à 2 750 mètres d’altitude. C’est pourtant un éden alpestre des plus apaisants qui s’offre au visiteur : vallées verdoyantes, pentes douces semées de chalets anciens, clochers à bulbes, fermes savoyardes où se fabrique le reblochon. Folklorique ?
 Ce serait oublier le dynamisme de Manigod, du Grand-Bornand ou de La Clusaz, villages actifs hiver comme été.

Étape 1 : Randonnée sur le plateau de Beauregard

Le plateau de Beauregard


Le plateau de Beauregard ne trahit pas son nom. La vue s’y déploie sur Manigod, la vallée du Fier naissant, le Parmelan, le mont Lachat, la chaîne des Aravis dans son intégralité... Droit devant se dresse le mont Charvin à 2 409 mètres d’altitude. Son ascension est un but de course renommée.

Tandis que les pieds s’enfoncent avec délice dans les prairies tourbeuses et les landes à rhododendrons, la chaîne des Aravis se déploie comme une frise de papier découpé. Direction La Clusaz, station dynamique blottie au creux d’une cluse (vallée creusée perpendiculairement à une montagne) encaissée. Ici, pas de chef étoilé, mais des générations de skieurs médaillés, parmi lesquels Edgar Grospiron. Cette station très prisée en hiver mérite aussi le détour à la belle saison.

Étape 2 : le vallon des Confins

Au pied des combes des Aravis, le lac glaciaire des Confins.


Au pied des combes des Aravis, le lac glaciaire des Confins, à 1 450 mètres, se rejoint 
à partir du village-station de La Clusaz. Tout au fond se devine la Pointe Percée, le plus haut des sommets du massif des Aravis : 2 750 mètres.

À 5 kilomètres des derniers chalets du village de la Clusaz, le vallon des Confins offre tout ce que l’on peut attendre des Alpes : un petit lac d’eau émeraude, une chapelle coiffée de tavaillons, de vieux chalets jetés comme des dés sur le tapis vert des alpages, la mélodie des sonnailles des troupeaux de vaches abondance. Les hautes falaises pierreuses et les cimes acérées du Trou de la Mouche, du mont Charvet et de la Pointe Percée dominent avec sévérité cette riante carte postale. Dans un style plus pompeux, le panorama du col des Aravis est un passage obligé. Depuis cette large échancrure qui sépare la chaîne des Aravis en deux, on a le mont Blanc en point de mire.

Etape 3 : la vallée de Manigod

Chalet de l'Acolas


La vallée de Manigod est jalonnée de chalets traditionnels tel celui de l’Acolas, véritable leçon d’architecture montagnarde. Construit dans le sens de la pente, on distingue un soubassement en maçonnerie ; la toiture, à deux pans et au faîtage orienté vers la vallée, est en ancelles retenues par des perches. La bourne, ou cheminée, est un massif tronc de pyramide coiffé de volets mobiles.

Tomber en panne d’essence dans la vallée de Manigod est loin d’être fâcheux. En attendant qu’une âme charitable vous fournisse un peu de carburant, vous avez tout le loisir d’admirer l’un des plus beaux paysages des Aravis, si ce n’est de Haute-Savoie. C’est à Manigod, son village natal, que Marc Veyrat a ressenti ses premiers émois culinaires. Toujours en croisade contre la malbouffe, le célèbre chef au chapeau noir va y ouvrir une Maison des Bois, sorte de ferme d’hôte gastronomique fonctionnant en autarcie, avec sentier botanique, ruches, chambres et, médiatisation oblige, studio d’enregistrement.