Découverte des châteaux de la vallée de la Dordogne

Par Hugues Dérouard

Existe-il ailleurs en France que dans la Dordogne une telle concentration de châteaux ? Puissantes forteresses médiévales, demeures de plaisance Renaissance, folies architecturales, des édifices parmi les plus emblématiques du Périgord. Depuis le village de La Roque-Gageac, nous sommes allés à la rencontre de ces personnes qui restaurent certains de ces châteaux.

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Entre la falaise et la Dordogne, La Roque-Gageac, fait partie des Plus beaux villages de France

La Roque-Gageac, un petit matin, au cœur de l’été. Le soleil se lève timidement sur la Dordogne, telle la « lumière de premier jour du monde », dont parle Christian Signol dans sa célèbre Rivière Espérance. Le moment est sacré. Les touristes sont encore endormis. Pas de kayakistes paradant sur la rivière. Pas de familles se dorant la pilule sur les plages périgourdines. Rien que pour nous, La Roque-Gageac, ancien port sur la Dordogne, apparaît encore plus sublime... et d’une grande douceur. Blotti entre falaise et rivière, exposé en plein midi, le village bénéficie d’un microclimat extrêmement agréable qui lui a valu le surnom de « Petite Nice du Périgord ». Une végétation pour le moins exotique s’y est épanouie : palmiers, lauriers-roses, orangers...

Des balades en gabare depuis La Roque-Gageac

Nous avons rendez-vous avec Michel Léger, une figure de la région. Peu connaissent aussi bien la Dordogne que lui. Gamin du coin, ce chaleureux personnage s’est lancé, le premier, dans les années 1980, dans la construction de répliques de gabares, ces bateaux traditionnels à fond plat de la Dordogne, pour proposer des balades aux touristes depuis La Roque-Gageac. « Ce ne fut pas une mince affaire à l’époque, les pêcheurs n’étaient pas trop favorables », se souvient-il en souriant. Au fil de l’eau, sur l’embarcation, tout est calme, loin de l’époque d’avant le chemin de fer, où les gabares défilaient, les cales pleines de bois destiné à la tonnellerie, de fromages d’Auvergne, de châtaignes du Limousin ou de vin du Quercy. Nous passons au pied du château de la Malartrie, demeure médiévale revue dans un style Renaissance au XIXe siècle qui domine le village, puis voici, perché tout en haut d’une falaise, rive droite, le château de Marqueyssac, renommé pour ses jardins suspendus. Le chemin d'eau est bordé par la végétation touffue.

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Le château de la Malartrie surplombant la Dordogne et ses gabares touristiques

La Dordogne, point stratégique au Moyen Âge

Un héron sonde la vase de son long bec. Puis surgit, au-dessus d’un pont, la silhouette, encore enveloppée de brume matinale, du monumental château de Castelnaud, devenu l’un des emblèmes de la Dordogne. « Ce n’est qu’un des nombreux châteaux qui émaillent cette vallée, rappelle Michel Léger, aux commandes de sa gabare, cheveux au vent. La légende raconte que Dieu distribuant les châteaux de par le monde vit le fond de son sac se crever au-dessus du Périgord ! Plus sérieusement, il faut dire que nous sommes dans un territoire tampon qui fut coincé, au Moyen Âge, entre les possessions anglaises et françaises. Et, puis la Dordogne était une rivière hautement stratégique, il fallait que les seigneurs puissent la surveiller... » Partons à la découverte de quelques-unes des forteresses de cette vallée inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco pour l’équilibre qui s’est créé au fil des millénaires entre la nature et les activités humaines.

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Le château de Castelnaud

Le château de Puymartin, l'ombre de la Dame Blanche

Entre Sarlat et Les Eyzies, cette impressionnante forteresse, habitée depuis cinq siècles par la même famille, reste associée à une légende bien célèbre dans le Périgord noir. Le fantôme qui hanterait ses couloirs a d'ailleurs fait tourner la tête à plus d'un visiteur ! Découvrir Puymartin un jour de ciel bleu sans nuage est peut-être trompeur ; la vision est idyllique. Tours rondes, donjon néogothique, dominant la vallée de la Beune, pierres blondes éclatantes au soleil... Pour un peu, on croit admirer un château digne d'un conte de fée ! Xavier de Montbron nous accueille avec le sourire, dans un style jean-baskets décontracté. Propriétaire des lieux avec sa mère, la comtesse Nicole de Montbron et sa soeur Bernadette, il a grandi en partie ici et y vit aujourd'hui toute l'année. "Le château nous habite plus qu'on ne l'habite !", s'amuse-t-il. L'histoire de Puymartin, ouvert au public depuis 1972, il la connaît comme personne.

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Le château de Puymartin, situé sur la commune de Marquay, fut reconstruit au XVe siècle après la guerre de Cent Ans

Construction, destruction, reconstruction, restauration

"L'édifice, construit au XIIIe siècle, est détruit durant la guerre de Cent Ans pour éviter qu'il ne serve de "point d'appui aux Anglais", et reconstruit au XVe siècle par Radulphe de Saint-Clar, un de mes ancêtres. Le château, abandonné, a été restauré à la fin du XIXe siècle par le Marquis de Carbonnier de Marzac", Xavier de Montbron connaît même chaque porte dérobée, chaque meuble, chaque recoin de l’édifice. Passé la cour Saint-Louis, qui permet d’accéder au château, il désigne un portrait peint d’un de ses aïeuls puis décrit avec minutie les tapisseries d’Aubusson du XVIIIe siècle et la cheminée peinte en trompe-l’œil au XVIIe siècle de la chambre d’honneur ou le plafond à la française du grand salon, orné, lui, de tapisseries flamandes. Sans oublier la chambre mythologique, chef-d’œuvre de Puymartin.

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La grande salle. Au-dessus de la cheminée, Vénus est représentée sur son char. Le vieil homme, à gauche, est Chronos, le dieu du temps

La légende de la Dame Blanche subsiste entre ces murs

C'est au moment de nous emmener dans la tour nord que le sourire de notre hôte se fige. Cette tour reste associée à une légende bien sombre. Au XVIe siècle, on raconte que Jean de Saint-Clar, lorsqu'il revint au château à son retour de combats, y surprit son épouse Thérèse dans les bras d'un jeune seigneur. Jaloux, il l'enferma dans la tour du château. Elle y mourut après "quize longues années de repentir" et son corps y fut, dit-on, emmuré. Depuis, son fantôme ne cesserait, à la nuit tombée, de hanter les couloirs... "Personnellement, au cours de toutes ces années, je ne l'ai jamais rencontrée, explique Xavier de Montbron. Mais mon père, Henri, décédé en 2002, oui, à plusieurs reprises. Je dois avouer que ces rencontres avec la Dame Blanche l'ont bien chamboulé. Il a eu du mal à s'en remettre." Henri de Montbron l'avait décrit comme "une silhouette diaphane, un visage aux traits fins". Mais les propriétaires ne souhaitent pas s'étendre sur le sujet. "J'ai vu des visiteurs en transe, en apercevant cette silhouette évanescente la nuit, parcourir les couloirs. Ce que je peux vous dire, c'est qu'elle est apparemment totalement inoffensive." Pour les amateurs de frissons, une chambre d'hôtes a été aménagée dans une pièce du château. Elle est d'ailleurs régulièrement louée par les amateurs de paranormal.

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Le château de Puymartin et ses tours

dordogne-chateau-puymartin-cabinet-mythologique.jpgUne extraordianire chambre mythologique

C’est un chef-d’œuvre si fragile qu’il est ouvert à la visite uniquement sur rendez-vous. Puymartin conserve un rarissime cabinet de curiosités, dite la « chambre mythologique ». Cette pièce est ornée de boiseries en chêne recouvertes de huit peintures en grisaille représentant des figures mythologiques qui traduisent « le cheminement du prince vertueux qui surmonte les faiblesses de l’âme humaine et reçoit l’aide de Dieu ». Lieu de retraite et de méditation, cette chambre, classée par les Monuments historiques, fut peinte dans la seconde moitié du XVIIe siècle par Philippe Lemaire pour le propriétaire d’alors, l’abbé Henri de La Pleynie.

Le château "arc-en-ciel" des Milandes

Tout commence en 1937. Joséphine Baker, devenue célèbre à Paris en 1925 grâce à sa Revue Nègre, est de passage dans le Périgord. Elle découvre Les Milandes, un château construit à la fin du XVe siècle pour Claude de Cardaillac, l’épouse du seigneur de Castelnaud, qui ne supporte plus de vivre dans l’austérité de la forteresse féodale. Élégantes tourelles, larges fenêtres à meneaux laissant pénétrer la lumière... La chanteuse de music-hall ressent un coup de foudre pour cette silhouette Renaissance dominant, depuis une colline, la vallée de la Dordogne. Elle loue le château, et fervente humaniste, y abrite même clandestinement des résistants durant la guerre. En 1947, elle achète le domaine, au moment où elle épouse le chef d’orchestre Jo Bouillon – le mariage a lieu dans la chapelle du château. Ses douze enfants – sa tribu « arc-en-ciel » comme elle l’appelle (adoptés, ils sont de nationalités et de couleurs différentes) – y grandissent dans la bonne humeur. Mieux, la star – figure des luttes contre la ségrégation aux États-Unis – souhaite faire de son domaine un « village du monde ». Le premier complexe touristique de la Dordogne y voit le jour : il est baptisé... « Capitale de la fraternité universelle ». Un ensemble ultramoderne pour l’époque est créé autour du château, avec une ferme de 300 hectares, un hôtel de luxe, un parc de loisirs, un minigolf, une piscine en forme de J (pour Joséphine et Jo), des restaurants ou encore un théâtre cubain. Les familles de toute l’Aquitaine s’y déplacent massivement, ne serait-ce que pour y passer une journée. "Pendant que les parents s'amusent, boivent un verre ou écoutent chanter des artistes, les enfants sont confiés à des nurses et disposent d'aires de jeux très modernes pour l'époque", détaille Angélique de Saint-Exupéry, à la tête du château depuis 2001.

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Le château des Milandes, à Castelnaud-la-Chapelle date du XVsiècle. Une visite incontournable dans l'univers de Joséphine Baker

Angélique de Saint-Exupéry : " un château au féminin"

Depuis sa chambre d'enfant de Bézenac, elle contemplait la silhouette de Milandes. "Ça me faisait rêver !", sourit-elle. Sa mère achète le château en 2001 et Angélique de Saint-Exupéry se charge de le restaurer, de le mettre en valeur pour accueillir le public, tout en imaginant, au sein des différentes pièces, une scénographie dédiée à la mémoire de Joséphine Baker - elle a même retrouvé ses robes. Amoureuse des Milandes, la jeune femme vient d'inaugurer les nouveaux jardins. "Ils ont été réalisés à l'origine au début du XXe siècle pour la femme de l'industriel et propriétaire Charles-Auguste Claverie. Ce château qui a été construit pour une femme d'ailleurs, l'épouse de François de Caumont, seigneur de Castelnaud, est très féminin. Il y a quelque chose de doux dans sa silhouette, des tours fines, pas de meurtrière... Il est dénué de son aspect guerrier et c'est cela peut-être qui avait séduit Joséphine. " Angélique de Saint-Exupéry accueille des écoliers au printemps au château, comme si elle perpétuait le rêve de la "Vénus d'Ébène".

Un collège de la Fraternité universelle qui ne verra pas le jour

Joséphine Baker résume son utopie périgourdine dans une chanson restée célèbre : « Si mon village pouvait servir un jour de témoignage et symbole d’amour / Si tous les gens, d’ici, de là, si tous les peuples ici-bas sans s’occuper de leur couleur n’avaient qu’un cœur / Tous les villages Alors seraient heureux / Tous les visages seraient joyeux /Et peu à peu, le monde entier serait meilleur et deviendrait un grand village où tous les hommes s’aimeraient. » « C’était idyllique pour un enfant, de grandir dans ce lieu, en nous inculquant des valeurs de tolérance, d’antiracisme, se souvient Jean-Claude Bouillon-Baker, enfant de l’assistance publique adopté par Joséphine et qui passa seize ans aux Milandes. Elle envisageait même d’y bâtir un collège de la Fraternité universelle, qui recueillerait des enfants boursiers du monde... Hélas, elle n’aura pas le temps. La chute fut vraiment terrible. » Joséphine dépense sans compter pour son domaine et son château – sa salle de bains était moulée dans de la pâte de verre de Murano avec incrustations d’or. Elle est bientôt ruinée. « Elle avait plus de 100 employés ! Il faut dire qu’elle a aussi été abusée par des artisans du coin pas très honnêtes vis-à-vis d’elle, ils devaient la juger frivole, légère... On raconte que certains arrivaient à vélo le matin, et repartait en voiture le soir... », raconte Angélique de Saint-Exupéry. Joséphine Baker se fait bientôt pousser dehors au nom de ses créanciers. Dans les journaux, on la découvre résister à l’expropriation sur les marches du château, star déchue en peignoir de bain. Brigitte Bardot, Fidel Castro ou de Gaulle feront tout pour la sauver au fil des années. En vain. Expulsée en 1969, elle s’installera à Roquebrune sur la Côte d’Azur, avec l’aide de Grace de Monaco. Si loin de son utopique village « arc-en-ciel ».

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Les jardins du château des Milandes

François de Salignac de la Mothe-Fénelon ou la forteresse Fénelon

Gamin, il regardait à la télévision l'émission Chefs-d'oeuvre en péril, les yeux écarquillés. Bien des années plus tard, Jean-Luc Delautre, directeur d'une clinique médicale, eut l'occasion de sauver à son tour un monument : le château de Fénélon, qui, puissamment fortifié, se dresse au milieu de la verdure, protégé par trois redoutables enceintes. « Assiégé à plusieurs reprises, ce château féodal, lorgnant d’un côté sur la vallée de la Dordogne, de l’autre sur la vallée de la Bouriane, a joué un rôle stratégique durant la guerre de Cent Ans. Devenu une élégante demeure gothique au XVe siècle, il fut encore fortifié durant les guerres de Religion du XVIe siècle, rappelle-t-il. Lorsque, pris d’un coup de cœur, nous l’avons acquis en 1989, il était vraiment en piteux état, après plusieurs années d’abandon. La végétation recouvrait les murs... » Depuis plus de vingt-cinq ans, la famille Delautre, qui l’habite toute l’année, le fait revivre et le restaure inlassablement. Le prochain objectif sera la rénovation de la monumentale toiture de lauzes typiquement sarladaise. Jean-Luc est à la billetterie, un œil rivé sur les vidéos de surveillance. Dominique, sa femme, s’occupe de l’aménagement des pièces et du jardin. Jean-Julien, leur fils, expert renommé en armes et amures, en est devenu le conservateur. Au fil des années, les « Delautre » ont enrichi le château d’une incroyable collection d’objets historiques ou artistiques (armes, tableaux, objets culinaires, tapisserie Renaissance...). Ils se sont attachés à mettre en valeur le plus illustre des personnages à avoir vu le jour au château : François de Salignac de La Mothe-Fénelon, plus connu sous le nom de Fénelon (1651-1715).

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Cette forteresse médiévale, implantée sur les terres du Périgord noir, est la maison natale de Fénelon

Le souvenir de Fénelon, cygne de Cambrai

La chambre de l'écrivain a été reconstituée. Y trône le lit d’époque Louis XIII, dans lequel Fénelon est probablement né, face à une monumentale cheminée toute de noyer sculptée. Et quantité de souvenirs qui lui sont liés (gravures, biscuit de Sèvres, éditions originales et lettre de Louis XIV) ont été acquis par les propriétaires. « Fénélon, dont la famille possédait le château depuis le XVe siècle, passera sa jeunesse ici, rappelle Jean-Julien Delautre. Ordonné prêtre en 1677, il devient célèbre à la cour avec son Traité de l’éducation des filles (1687), au point que Louis XIV le choisit comme précepteur de son petit-fils, le duc de Bourgogne. » Fénelon est reçu en 1693 à l’Académie française, puis deux ans plus tard, nommé archevêque de Cambrai. Où il doit se rendre pour de bon, exilé depuis Versailles après son implication, face à Bossuet, dans ce qu’on appelle la « querelle du quiétisme ». La publication des Aventures de Télémaque, son œuvre la plus célèbre, en 1699, achèvera sa disgrâce – tant on voit en cette œuvre une critique de la monarchie absolue. Fénelon ne revint jamais
 à son château et se consacra à son diocèse de Cambrai, où il acquit le surnom de « cygne de Cambrai » et où il mourut, isolé, en 1715. La famille Delautre réhabilite avec énergie, en plus de son château, cet auteur quelque peu oublié, mais qui apparaît comme une inspiration majeure des philosophes des Lumières.

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Transformée en une demeure gothique au XVe siècle, le château est une propriété privée et habitable

Les châteaux de Castelnaud et de Beynac : les frères ennemis du Périgord

Postés à 3 kilomètres d'écart, ils figurent parmi les plus célèbres châteaux de Dordogne. Éternels rivaux au Moyen Âge, ces fiers castels ne se livrent plus aujourd'hui qu'à... un concours de beauté, après avoir été tous deux restaurés à partir des années 1960. Côté amont, juché à la confluence de la Dordogne et du Céou, le puissant château de Castelnaud est dominé par une altière haute tour carrée. Côté aval, le tout aussi monumental château de Beynac est perché sur une falaise calcaire. Si proches et si différents. « Il fallait imaginer au xive siècle durant la guerre de Cent Ans, lorsque la Dordogne servait de ligne de front, que le premier fut souvent une place forte anglaise quand l’autre, voisin direct, était français ! », nous rappelle notre guide, à Castelnaud.

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Le château de Beynac est situé dans le village de Beynac-et-Cazenac, classé parmi les Plus beaux villages de France

Castelnaud : restauré et figé dans le Moyen Âge

Commençons par Castelnaud. Ce nid d’aigle fut dès sa fondation, au XIIe siècle, un repaire des Albigeois. Le château du cruel Bernard de Casnac fut ensuite brûlé par les troupes du tout aussi impitoyable Simon de Montfort, pourfendeur des cathares et autres hérétiques. Durant la guerre de Cent Ans, il changea pas moins de sept fois de camps, entre Anglais et Français, avant de revenir définitivement dans le giron du royaume de France en 1442. La forteresse fit encore parler d’elle au temps des guerres de religion, fief du capitaine huguenot Geoffroy de Vivans. Mais, abandonné à la Révolution, elle servit de carrière de pierre au XIXe siècle pour la construction de port de Castelnaud. Il faudra attendra 1966 pour que ses nouveaux propriétaires (la famille Rossillon) lui redonnent vie. Il a été patiemment restauré... pour rester figé aujourd’hui dans le Moyen Âge. Les salles du logis abritent un exceptionnel musée de la Guerre, présentant l’une des plus belles collections privées d’armes médiévales – épées, arbalètes, armures, cottes de mailles... Sur le bastion, dominant la basse-cour, trébuchet, bombarde, mangonneau, bricole ont même été méticuleusement reconstitués. Comme si tout était prêt pour attaquer l’éternel rival de Beynac !

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Le château de Castelnaud-la-Chapelle est situé sur un éperon rocheux au-dessus de la rivière de la Dordogne

Une place stratégique pour le château de Beynac

Accroché à 150 mètres au-dessus de la Dordogne, à l’autre extrémité du méandre, le château de Beynac fut tout aussi stratégique, occupé dès le Xe siècle, pris deux siècles plus tard par Richard Cœur de Lion. Il fut aussi un bastion cathare, avant d’être assiégé en 1214 à Montfort. Mais contrairement à Castelnaud, il restera fidèle à la couronne de France.

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Le château est situé dans le village de Beynac-et-Cazenac, classé parmi les plus beaux villages de France