Aix-en-Provence : élégance et hôtels particuliers

Par Sandrine Moirenc
source : Détours en France n°165, p. 48

Au XVIIe et XVIIIe siècles, les Aixois rivalisaient d'ostentation à coups d'édifications d'hôtels particuliers. Elle en compte toujours plus de 150, disséminés entre le vieil Aix
 et le quartier Mazarin. Ils ont résisté 
à la révolution industrielle du XIXe siècle et cultivent encore, chacun à sa manière, la quintessence d’une société éprise d’art et de luxe.

La place d'Albertas

Aix-en-Provence, cette élégante ville de robe où la vieille bourgeoisie cohabite avec les nouveaux arrivants désireux de goûter à son art de vivre et toute une population estudiantine. 

La place d’Albertas, petit bijou du centre-ville.
 On la doit à Jean-Baptiste d’Albertas, fils de l’une des familles les plus influentes d’Aix au XVIIIe siècle. Il va acheter puis faire démolir les maisons en face pour aménager ce lieu qui n’est pas sans rappeler les places royales de Paris. Plus près de nous, la fontaine a été conçue en 1912 par les ingénieurs de l’école des arts et métiers de la ville.

Les atlantes de l'hôtel Maurel-de-Pontèves


L’hôtel Maurel-de-Pontevès, du milieu du XVIIe siècle, offre aux badauds du cours Mirabeau sa façade à l’abondance baroque. les atlantes de Jacques Fossé supportant
 le balcon ont inauguré ce style dans la ville. Cette demeure reflète l’irrésistible ascension de son propriétaire, passé de simple commerçant de draps à Intendant des finances et anobli en 1639.

l'Hôtel d'Albertas


Difficile de franchir les lourdes portes des hôtels particuliers. mais lorsqu’on y parvient, l’ébahissement saisit. Dans l’hôtel d’Albertas, comme dans toutes les riches demeures du centre-ville, une attention particulière est portée à l’escalier, avec sa belle rampe en fer forgé ouvragé, qui instruit sur le statut social du propriétaire des lieux.

Hôtel d'Albertas


C’est Henry-Raynaud d’Albertas, premier président de la Cour des comptes et père de Jean-Baptiste, qui entreprit en 1724 la construction de ce superbe hôtel particulier, inscrit aux monuments historiques. il en confie la charge à Laurent Vallon, architecte de la ville. Ici, la belle cour intérieure et son passage couvert, caladé de galets.

Hôtel Maliverny


Au 33, rue Émeric-David, l’hôtel Maliverny, datant de la fin du XVIIIe siècle est remarquable par son imposant portail aux bossages vermiculés. Cet hôtel fut originairement celui de Mabile de Maliverny, fille et petite fille de présidents au Parlement et unique héritière. Elle y maria en 1722 sa fille unique avec le fameux comte de Mirabeau. Construit par Pierre Pavillon, cet hôtel appartint un temps à l’huilerie Casse & Oury avant d’être racheté par l’ordre des avocats du Barreau d’Aix.

Le Musée Granet

Le musée Granet, créé en 1828 dans le prieuré de l’église Saint-Jean-de-Malte, s’est enrichi vingt ans plus tard lorsque le peintre François Marius Granet fait don de l’ensemble de sa collection à sa ville natale. Il présente des œuvres allant du XIVe au XXe siècle, avec une place particulière pour l’enfant du pays, Paul Cézanne.