Ys: à la recherche de la cité engloutie

Par Dominique Le Brun
source : Détours en France n°166, p. 54

Pour situer la ville d’Ys, on a évoqué la baie du Mont-Saint-Michel mais aussi la baie des Trépassés, la baie d’Audierne, les environs de Penmarc’h. Autant de localisations où une ville importante aurait pu exister et… disparaître, engloutie par un violent raz-de-marée.

Route menant à la baie des Trepassés


Dévalez la route plongeant vers la baie des Trépassés. Vous rencontrerez, le crépuscule venu, des âmes errantes – les Krierien (les crieurs) – rôdant dans les solitudes venteuses des grèves et des landes… Ils processionnent par groupes de sept de chapelle en chapelle, avec à leur tête saint Jean-des-Grèves, criant désespérément.

Le phare de la Vieille et la marmite de l'enfer

Depuis le phare de la Vieille, un face-à-face avec la « marmite de l’enfer » de la baie des Trépassés : les courants violents forment un passage d'une extrême dangerosité entre la pointe du Raz à l’ouest et la pointe de Van au nord-ouest. Un lieu terrifiant où s’enracine la légende de la ville maudite d’Ys. La tradition orale y situe également la figure du Passeur et de la barque de la nuit (Bag-Noz ou ar Vag-Noz).

La légende

Ys était le lieu de résidence du roi Gradlon et de sa fille Dahud. C’est cette dernière qui aurait attiré les foudres divines à cause de ses péchés. Saint Guénolé avertit le roi que sa ville était condamnée et qu’il devait sacrifier sa fille, ce qu’il fit en fuyant en compagnie du saint.

En 1756, 1824, 1896 et 1929, l'île de Sein se trouva recouverte par les flôts. Ce n'est pas une légende, mais la vérité historique. On sait aussi qu'en 709 (semble-t-il) la baie du Mont-saint-Michel et les parages de Saint-Malo furent complètement transformés par un raz de marée, ou par une succession de tempêtes.

Le port de Penmar'ch



Penmarc’h, port autrefois florissant du pays bigouden, est connu pour son phare d’Eckmühl. Mais savez-vous que là vivait March, le roi de Poulmarch, que Dahud aux cheveux d’or (ou Ahès) affubla des oreilles et de la crinière de son cheval Morvarch, pour le punir de l’avoir poursuivie arc en main ?

Abbaye de Landévennec


À l’embouchure de l’Aulne, les ruines de l’ancienne abbaye de Landévennec rappellent la légende dorée de saint Guénolé. Sur les ordres de l’apôtre saint Patrick, qui lui apparaît en songe, il part fonder son abbaye. En 490, Guénolé, tel un nouveau Moïse, ouvre miraculeusement le bras de mer séparant l’Hôpital-Camfrout et Landévennec, sur la rive opposée de l’estuaire. Saint Guénolé apparaît dans la légende de la ville d’Ys.

La "Bae an Anaon"


Entre les pointes du Raz et du Van, la « Bae an Anaon », la baie des âmes en peine, ou des Trépassés, voit déambuler sur la lande pelée, brûlée par le sel marin, le peuple des « Krierien »…
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