Courant d'Huchet : brèche dans le littoral landais

Par Hughes Derouard
source : Hors série - France sauvage
Publié le 21/11/2016

Hourtin, Carcans, Lacanau, Cazaux, Sanguinet, Aureilhan, Soustons... tous les lacs de la forêt des Landes sont reliés à la mer par un cours d’eau ou une zone marécageuse plus ou moins navigable. C’est ce qu’on appelle ici un courant, celui d’Huchet faisant le lien entre l’étang de Léon et l’Atlantique, qu’il rejoint au beau milieu des grandes dunes de Moliets-et-Maa. On peut le descendre en canoë, ou en explorer les berges à pied.

le courant d'Huchet barque sur le courant d'Huchet

Sur l’eau absolument lisse, les canoës des sportifs et les barges des promeneurs filent à bonne allure, sans effort. Le courant d’Huchet partage avec celui de Contis la réputation d’être le plus navigable de tous ceux qui traversent le littoral landais. Ici, on s’enfonce dans une nature intacte ; sur une dizaine de kilomètres, l’onde vous porte au beau milieu de nulle part. Silence absolu ; rien ne bouge sur les berges, sauf parfois la fèche d’or et d’azur d’un martin-pêcheur.

le courant d'Huchet

embarcadère

Vous partirez de l’embarcadère de l’étang de Léon, un des moins connus mais peut-être le plus esthétique des lacs landais. De forme circulaire, il est comme serti par les pins ; au coeur de la forêt, comment imaginer que l’océan est si proche ? Le courant d’Huchet s’en échappe par l’ouest : un gros ruisseau dont le lit sinue dans un milieu naturel complexe mêlant la pineraie et le marais. Tout au long de son cours se succèdent les paysages. Après avoir quitté l’étang, au lieu-dit La Nasse, on passe sous les branches basses de feuillus, on retrouve la pinède, on s’enfonce dans la lande, on traverse des marécages. Vous êtes au coeur de la réserve naturelle créée afn de protéger un biotope particulièrement riche, puisqu’il réunit la faune et la fore des milieux marins et terrestres.

le marais de la Pipe

le courant d'Huchet

Puis les joncs deviennent moins nombreux et le sable de la dune apparaît : vous entrez dans une lagune d’eau saumâtre. L’estuaire est protégé de la mer par un cordon de dune vierge, sur la rive opposée poussent des conifères nains. Peu à peu, l’étroit cours d’eau s’élargit en rivière, mais le courant disparaît presque. Vous remarquez que l’eau, en stagnant, se trouble puis se colore. Quelle étrange atmosphère comme vous vous préparez à passer sous le pont de Pichelèbe ! C’est là que survient la surprise, lorsque soudain vous percevez un grondement énorme qui vous assaille et semble débouler de nulle part. On pourrait penser au passage d’un avion à réaction dans le lointain. Mais le rugissement persiste et même s’intensife de minute en minute. Et pour cause : ce bruit légèrement inquiétant est provoqué par les vagues qui s’effondrent inlassablement sur la plage. Pichelèbe se trouve pourtant à un bon kilomètre de la mer ! En réalité, plus il fait calme, plus le vacarme des vagues porte loin sur la lagune.

le courant d'Huchet

Une navigation paradoxale commence alors. Vos yeux profitent d’un tableau idéal de campagne bucolique et tranquille, tandis que vos oreilles sont pleines de la furie océane. Impossible de ne pas s’attendre à voir soudain déferler une vague géante, ou survenir un mascaret dévastateur. Mais le courant d’Huchet reste paisible, insupportablement rassurant. Avant même d’en apercevoir les vagues, vous sentez la mer et vous remarquez que dans le lointain monte une vapeur d’embruns. Alors, au grondement des vagues se superpose le piaillement de centaines de mouettes. Vous naviguez maintenant entre deux plages de sable fin. Oubliée la forêt landaise, voici l’océan ! Atteindrez-vous la mer ? Non sans doute, car si l’eau reste si calme, c’est qu’un haut banc de sable vous protège des longues vagues déferlantes.

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  • Réserve naturelle nationale du courant d'Huchet - Activités - Voir la fiche

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