Wissant, un joyau entre deux caps

Par Dominique Roger - Hugues Derouard - Mélanie des Monstiers
source : Hors Série - Les plus beaux villages de nos régions 2013, p.80

Cette station balnéaire de la Côte d’Opale, dans la région du Pas-de-Calais, est réputée pour sa longue plage de sable, paradis pour les amateurs de sports nautiques et les amoureux des balades au bord de l’océan.

Longue plage

Lieu stratégique dès l’Antiquité de part sa situation géographique, Wissant est devenue à la fin du XVIIIe siècle un village de pêcheurs avant de commencer sa lente métamorphose, dès la fin du XIXe siècle, en station balnéaire. Mais ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale, une fois les dommages causés par celle-ci réparés, que ce projet se réalise vraiment.

Les caractéristiques des lieux

  • Wissant et sa plage. S’asseoir sur la digue pour regarder la mer est une activité réservée aux jours de mer calme…
  • Sur ces plages de plusieurs kilomètres, des brises régulières soufflent jusqu’à des 15/20 noeuds, une école de windsurf et kitesurf : Wissant est une station dans le vent.
  • L’hôtel de la Plage, institution wissantaise depuis 1888. Si les standards de l’hôtellerie moderne jouent les absents, les valeurs d’authenticité et d’accueil et sont intactes. Sa grande terrasse en bois ouvrant sur le bassin de retenue de l’ancien Moulin est un must.

Hotel de la plage

  • Tuiles orange et façades blanches : les villas typiques de la ville.

Un idéal nautique

Certains surnomment Wissant la « perle sauvage de laWd’Opale » ; d’autres la « Mecque de la planche à voile ». Située entre Boulognesur- Mer et Calais, plus précisément dans la baie s’étendant entre les falaises du cap Gris-Nez et celles du cap Blanc-Nez, elle est aujourd’hui une station balnéaire réputée pour sa sublime plage de sable, longue de plus de dix kilomètres. Toute l’année, se donnent ici rendez-vous les amateurs de planche à voile, kitesurf, char à voile ou cerfvolant. Mais Wissant fut renommée bien avant d’être un paradis de sports nautiques.

Plage

Certains pensent même qu’il s’agit de l’antique Portus Itius d’où partit Jules César à la conquête de l’Angleterre, vers 55 avant J.-C. Au Moyen Âge, Dante en parle dans sa Divine Comédie :

Nous marchons sur des petites digues comme en font les Flamands entre Bruges et Wissant.

Affecté par la guerre

Le déclin de Wissant commence à la guerre de Cent Ans.
Le port, incendié et détruit, perd de son influence au profit de Calais, d’autant plus qu’il est victime d’un inexorable ensablement. La cité sera même littéralement engloutie par le sable après plusieurs jours de tempêtes en 1777. Wissant n’est plus qu’un simple port de pêche. Les pêcheurs utilisent un canot bien spécifique : le flobart, petite embarcation d’échouage à fond plat capable de flotter dans 30 centimètres d’eau et tiré sur le sable par des chevaux quand ce n’était pas la femme ou les enfants des pêcheurs.

Un prestige en danger

C’est à partir de la fin du XIXe siècle que Wissant se transforme en une station balnéaire à la mode. Une digue-promenade est élevée, suivie d’un grand hôtel. Des villas poussent comme des champignons. Plusieurs artistes y séjournent au point que l’on parlera d’une « école de Wissant ». Le peintre Adrien Demont, son maître de file, dira, ébloui, du haut du cap Blanc-Nez :

C’était de là-haut, pour moi, comme une vision de la terre promise.

Parmi les illustres résidents, citons également Charles de Gaulle qui, alors qu’il n’était que capitaine et professeur d’histoire à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, loua la villa Antoinette et la villa La Wissantaise pour passer des week-ends en famille. Il y aurait écrit son livre Le Fil de l’épée. L’élan balnéaire est stoppé net par la Seconde Guerre mondiale et la création par les Allemands du Mur de l’Atlantique. Il faudra du temps à Wissant, détruite, et à sa plage, jonchée de mines et de blockhaus, pour retrouver son prestige.

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Aujourd’hui, ce village de plus de 1 000 habitants, avec ses chalets de style éclectique et le bief de son moulin, bordé par des maisons blanches, se visite avec bonheur ! L’endroit vaut surtout pour son environnement très bien préservé, épargné par l’urbanisation du littoral. Côté terre, les champs cultivés apportent, selon les saisons, des notes ocre, vertes et jaunes tranchant avec les bleus et les gris du ciel et de la mer.

Le saviez-vous ?

Cela fait plus de vingt ans que Wissant, chaque année célèbre l'anniversaire de son bateau historique, une ancien flobard de couleur bleue.

"Les plus beaux paysages du monde" (Victor Hugo)

La fragile terre des Deux Caps, dont Victor Hugo disait qu’elle présente les « plus beaux paysages du monde », a d’ailleurs été labellisée Grand site de France en 2011. Du cap Gris-Nez, au sud, dominé par un phare, on peut emprunter le sentier des douaniers (GR®120) qui longe les dunes blanches du Châtelet et celles d’Aval, érodées par la mer.

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Protégé par le cordon dunaire, s’étend le marais du Tardinghen, doté de plans d’eau et de roselière, lieu de repos pour nombre d’oiseaux migrateurs. C’est l’un des endroits de France les plus fréquentés par les orniornithologues : dans le tintamarre piaillard orchestré par les sternes, mouettes et tournepierres, évoluent de calmes passereaux tels que le rare roselin cramoisi des toundras. Quant au cap Blanc-Nez, monstre de calcaire haut de plus 130 mètres, il constitue la falaise la plus septentrionale de France. De l’autre côté de La Manche, à moins de 30 kilomètres à vol d’oiseau, se dressent les côtes anglaises : il suffit de franchir le « pas »…