Montsoreau, visitez une pépite

Par Détours en France
source : Hors Série - les plus beaux villages de nos régions 2012, p.82
Publié le 31/07/2015

Première sentinelle ligérienne au sud de l’Anjou, premier château de la Loire à avoir les pieds dans le fleuve, Montsoreau, pépite de blanc tuffeau, offre en partage ce « petit quelque chose » qui fait la différence : un art de vivre d’une rare douceur.

PanoramaDe couleur, Montsoreau n’en manque guère : le tuffeau est tant chauffé à blanc par le soleil qu’il en éblouit ; les ardoises des toitures exacerbent des teintes bleutées sous l’orage ; et le fleuve, sillon gris-argent se moire de verts insensés ou de bleus insoupçonnés.

Une célébrité littéraire 

Si le nom de Montsoreau vous dit quelque chose, c’est probablement grâce à Alexandre Dumas. Son roman, La Dame de Monsoreau, a rendu mondialement célèbre ce petit village situé à 14 kilomètres de Saumur. La fiction relatait les amours tragiques de Diane de Méridor (Françoise de Maridor dans la réalité), dont l’amant, Louis de Clermont d’Amboise dit Bussy d’Amboise, est assassiné par son mari le comte de Monsoreau. Malgré cela, elle continuera de vivre paisiblement dans son château…

Château de MonsoreauLe château de Montsoreau, jadis « poste frontière » entre la Touraine et le Poitou, s’admire côté fleuve ou côté terre. La « Véloroute » permet de descendre ou remonter la vallée de la Loire, sur 800 kilomètres, des Pays-de-la-Loire au Centre. 
Il faut dire que le château de Montsoreau est l’un des plus attachants de toute la vallée de la Loire !

L'histoire du château

Dressé au bord du fleuve, à l’endroit de la rencontre de la Loire avec la Vienne, cet impressionnant vaisseau de pierre blanche a été construit à la moitié du XVe siècle par Jean II de Chambes, conseiller du roi de France Charles VII.

Fleuve

Côté nord, l’édifice, avec son chemin de ronde, ses mâchicoulis et ses imposantes tours carrées, apparaît comme une austère forteresse militaire. La façade méridionale, influencée par la Renaissance italienne, tient davantage de l’élégante demeure de plaisance, avec sa tour d’escalier d’honneur à vis, décorée de sculptures en bas-relief. Une impression renforcée quand on pénètre à l’intérieur. Le style est raffiné, comme celui de cet escalier doté d’une voûte en palmier.

Aucun des autres châteaux de la Loire n’épouse à ce point le fleuve. Jadis, la forteresse avait littéralement les pieds dans l’eau, car ses douves étaient alimentées par la Loire. L’objectif était de veiller sur cette véritable autoroute fluviale – au Moyen Âge, Montsoreau était un important port de commerce.

Château de Montsoreau

Aujourd’hui, du haut des terrasses du château, on ne voit plus guère passer de gabares, toues, sapines ou chalands, les cales pleines de sel, vin, blé ou pierre… L’agitation des mariniers a laissé la place à une douceur intemporelle. Il suffit d’aller crapahuter dans les rues calmes surplombant la forteresse pour s’en rendre compte. Des escaliers et venelles pavées, abondamment fleuries, qui grimpent vers les vignes, offrent des panoramas propices à la contemplation sur le château et sur le grand spectacle de la confluence.

det_hs_village_12_monsoreau_troglo_ville_de_montsoreau.jpgAu fil de votre balade dans ce charmant bourg, vous pourriez tomber nez-à-nez devant un habitat troglodyte. 

Un château mais pas que...

Mais ce qui fait la noblesse de ce bourg si ligérien, ce sont bien les maisons, blanches ou blondes, selon la lumière, qui, pour beaucoup, datent des XVe et XVIe siècles. Le tuffeau, extrait ici depuis le Moyen Âge – on a compté jusqu’à 500 « perreyeux » (carriers) ! – est une pierre calcaire tendre qui a permis des constructions simples mais raffinées, comme en témoignent les fenêtres à meneaux, les sculptures et les fines tourelles qui ornent les maisons…

Le tuffeau a servi, bien sûr, à bâtir habitations et édifices du village tels que le château ou l’église Saint-Pierre-de-Rest, mais il était aussi acheminé en direction des prestigieux chantiers du château de Saumur ou encore, probablement, de la toute proche abbaye de Fontevraud. Les anciennes carrières d’extraction ont laissé place à des caves où l’on se délecte de saumur-champigny, à d’insolites habitations troglodytiques ou à des champignonnières comme, à la sortie de la ville le Saut-aux-Loups. Pleurote, pied-bleu, champignon de Paris ou shittake s’y épanouissent comme jamais.

Détour spirituel à Fontevraud

Abbaye de FontevraudÀ 4 kilomètres de Montsoreau, ne manquez pas le plus grand ensemble monastique de France. Cette abbaye royale, fondée en 1101 par Robert d’Abrissel, selon le plan bénédictin, a été gouvernée par des femmes durant près de sept siècles !
Très puissante encore à la veille de la Révolution, elle sert de prison de 1804 à 1963 avant de devenir le Centre culturel de l’Ouest. Visitez la sublime église abbatiale, présentant les gisants polychromes des souverains Plantagenêt, comtes d’Anjou et bienfaiteurs de l’abbaye : Aliénor d’Aquitaine repose aux côtés d’Henri II Plantagenêt, de leur fils Richard Coeur de Lion et d’Isabelle d’Angoulême. Déambulez dans le cloître du Grand-Moûtier.
Enfin, les cuisines romanes du XIIe siècle vous surprendront par leur toiture d’écailles en pierre taillée, leurs lanternons et leurs cheminées. Abbaye de Fontevraud.