Route Napoléon: circuit de Cannes à Grenoble

Par Dominique Le Brun

La route Napoléon est un itinéraire historique de Cannes à Grenoble par la Nationale 85. Suivons le parcours déjà tout tracé de 325 kilomètres où paysages et villes, méritent bien plus qu'un simple passage mais bien un roadtrip ! Pas de doutes, pour ses retrouvailles avec la France, l'empereur avait choisi un des plus extraordinaires sites de la côte méditerranéenne.

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La Route Napoléon traverse Cannes où la ville présente aujourd’hui deux visages dont le plus connu est celui du célébrissime festival de cinéma, avec pour haut lieu la Croisette, ce front de mer où se succèdent les palaces, séparés de la plage par un rideau de palmiers et de pelouses.

Il faut l’avoir parcourue, mais visitez aussi le vieux Cannes, avec son quartier du Suquet dont la tour du Guet offre un panorama unique sur la baie, les îles de Lérins et le massif de l’Esterel. L’itinéraire historique passe par Le Cannet et Mougins (ne pas y manquer le musée de l’Automobile) et pour entrer dans Grasse, on fera le détour par le village de Cabris. En plus de bénéficier d’un point de vue unique sur l’arrière-pays cannois, on passera par le plateau où Napoléon fit halte.

À Grasse, la tradition veut que la parfumerie remonte à Catherine de Médicis, qui s’y fournissait en gants particulièrement souples et qu’elle appréciait parfumés. Aujourd’hui, le musée international de la Parfumerie consacre Grasse comme capitale des « nez », et la visite de la célèbre parfumerie Fragonard s’impose. Mais il ne faut pas manquer non plus les jardins somptueux, tels ceux de la princesse Pauline et le parc de la villa Noailles.

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Cannes (06). Le Carlton, sur le boulevard de la Croisette, est l'un des palaces prisés des stars de cinéma lorsqu'elles viennent pour "leur" festival

 Grasse à Digne-les-Bains, capitale de la lavande

Après Grasse, l’ambiance de la Côte d’Azur s’estompe. Enfin, la nationale franchit le col de Luens (1054 m), qui annonce Castellane. Occupant un cirque montagneux au croisement de vallées sur le Verdon, Castellane mêle sa personnalité d’ancien site stratégique et son charme de petite ville provençale. La place Maréchal-Sauvaire, aux arcades sympathiques, y offre un point de départ idéal pour explorer les ruelles piétonnes aux maisons provençales bien conservées. Étape de choix sur la Route Napoléon, Castellane se trouve aussi à une douzaine de kilomètres seulement des hallucinantes gorges du Verdon. Pourquoi ne pas s’offrir un détour par leur route de corniche ? En vérité, la Route Napoléon offre à présent, jusqu’à Digne, des points de vue tout à fait grandioses, tout en accumulant virages et dénivelés, notamment au col des Lèques (1 148 m). C’est pourquoi Digne-les-Bains paraîtra tout à fait bienvenue. Plus tout à fait provençale, mais pas non plus alpine, la préfecture des Alpes-de-Haute-Provence est la capitale de la lavande, dont les champs colorent le plateau de Valensole voisin. Mais ce sont ses sources thermales, connues depuis l’Antiquité, qui ont fait la réputation de Digne-les-Bains : ses eaux sorties de terre à 40 °C dans le vallon des Eaux Chaudes sont souveraines pour soigner les rhumatismes.

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Petite balade en canoë dans les gorges du Verdon

De Digne-les-Bains à Gap, aux portes des Alpes

Peu à peu, la vallée s’élargit, annonçant la confluence avec la Durance. On y arrive juste après Malijai, et l’on repère alors, sur la gauche, une curiosité géologique : les Pénitents des Mées, des rochers ainsi sculptés par l’érosion qu’ils évoquent une procession de moines encapuchonnés. Pour remonter maintenant la vallée de la Durance jusqu’à Sisteron, nous vous suggérons de quitter la N85 avant Château-Arnoux-Saint-Auban, pour longer la rivière par sa rive gauche, via Volonne.

Et voici Sisteron, postée en sentinelle sur l’étroit défilé par lequel se glisse la Durance, marquant la limite entre la Provence et le Dauphiné. Ici, on quitte le pays des oliviers pour trouver les terrasses alluviales plus propres à la culture fruitière. Bien entendu, cette frontière naturelle fut de tout temps fortifiée ; la vieille ville, au pied de sa citadelle, s’organise sous la forme d’un labyrinthe de ruelles, rampes et escaliers où l’on s’égare à loisir pour découvrir ici et là des vues magnifiques sur la Durance. Mais le plus spectaculaire reste la citadelle, avec notamment son escalier de 365 marches creusées dans le roc. Quelques kilomètres avant Tallard, la N85 quitte la vallée de la Durance pour se diriger, plein nord, vers Grenoble. Très vite, les paysages évoluent. À Gap, si l’altitude demeure modeste (750 m), on se sent clairement aux portes des Alpes. Dès la sortie de la ville, la route grimpe rudement pour atteindre, en moins de 8 kilomètres, l’altitude de 1 248 mètres au col Bayard. Cette fois, la vraie montagne est atteinte, et si l’on veut un point de vue sur les Écrins, une petite route, à gauche immédiatement après avoir atteint le col, monte aux 1 696 mètres du col de Gleize.

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Sisteron (04) est bâtie de part et d'autre de la Durance. De l'autre côté du pont, sa citadelle épouse les anfractuosités de la roche et semble s'y fondre.

Du col Bayard à Grenoble, fin de la route Napoléon

À partir du col Bayard, la N85 se glisse d’abord, majestueuse, entre le massif du Dévoluy, à gauche, et celui des Écrins, sur la droite. Et comme cette montagne fascine – n’a-t-elle pas le statut de parc national? – nous ne saurions trop vous recommander d’en approcher les sommets en vous enfonçant, au niveau de Saint-Firmin, dans le Valgaudemar. Vous suivrez l’étroite D985A qui, de chapelle en oratoire et en hameau, conduit à la Chapelle-en-Valgaudemar en passant sous les 3 564 mètres du pic d’Olan. Après Saint-Firmin, la route Napoléon retrouve l’ambiance des pays de plaine. À Grenoble, l'auberge des Trois Dauphins (7, rue Montorge) devenue par la suite Auberge Napoléon est un excellent point de départ pour visiter la ville! Car à deux pas se trouvent le jardin de ville (ainsi que la gare de départ du téléphérique de la Bastille), et la place Grenette qui constitue le cœur battant du vieux Grenoble. Puis, par la Grande-Rue, on rejoindra les quais de l’Isère avec, sur la rive opposée et accessible par la sympathique passerelle Saint-Laurent, le musée Dauphinois.

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À Grenoble, l'hôtel des Lesdiguières et le jardin de ville, 1,3 hectare de verdure en plein centre de la capitale iséroise
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