Château de Cormatin : un trésor en Bourgogne

Par Détours en France
source : Hors Série - Châteaux de légende, 2013, p.56

Le château de Cormatin situé en Saône-et-Loire renferme bien des surprises. Comment imaginer qu’il cache derrière sa façade sobre, presque militaire, un décor Louis XIII exceptionnel, dans la tradition des hôtels particuliers du Marais aujourd’hui disparus ? Outre son majestueux intérieur renfermant notamment une salle des miroirs, le château de Cormatin fascine les visiteurs qui découvrent de magnifiques jardins redessinées dans l’esprit baroque. Grâce à Détours en France, visitez le château de Cormatin comme si vous y étiez.

Le chateau de Cormatin

Impressionnant : c’est le premier mot qui vient à l’esprit en contemplant les deux ailes aux lignes rigoureuses, montées sur de hauts soubassements et la façade presque austère, qui se mire dans les larges douves.

Antoine du Blé, marquis d’Huxelles, fait bâtir le château de Cormatin en 1605 pour témoigner du prestige de sa famille au sortir des guerres de religion. Il choisit un plan en « u », à la mode de Paris, et fait disparaître les remparts et le pont-levis du précédent château.

L'amour du château de Cormatin

Aujourd’hui, vous emprunterez un simple petit pont de bois pour accéder à la cour d’honneur : les larges douves sont toujours là, mais le plan en « u » a disparu, une aile s’étant effondrée en 1815. Les beaux appartements se situent dans l’aile nord. On y accède par un escalier monumental à volées droites qui tourne autour d’un vide central : directement inspiré de ceux du palais du Luxembourg, c’est une prouesse à l’époque.

Chateau de Cormatin

Un petit pont de bois permet aujourd’hui de traverser les larges douves et de rejoindre la cour d’honneur du château de Cormatin, jadis en « U », à la façade toute rigoureuse. Au fond à droite, le labyrinthe de buis.

Jacques du Blé, qui le fit construire, était un proche de Marie de Médicis. C’est aussi lui qui a fait aménager les appartements de Louis XIII dans un style alors très en vogue dans les salons parisiens et aujourd’hui rarissime. Un témoignage d’autant plus précieux qu’il a bien failli ne pas nous parvenir en entier, découvert tout à fait par hasard par les propriétaires actuels (lire encadré en bas d'article).

Histoire d’une renaissance 

Chateau de Cormatin sous la neigeLe château de Cormatin c’est aussi un pari fou, celui de trois amis qui, par amour du beau et de l’histoire, décident, en 1980, de s’acheter un château pour 1 million de francs de l’époque. Anne-Marie Joly, Pierre Almendros et Marc Simonet-Lenglart vont patiemment redonner vie à Cormatin et à son superbe décor peint.
« Son existence était connue, mais il avait en grande partie disparu, aime raconter Marc Lenglart. La police croyait même qu’il avait été volé ! » Non, juste disparu sous des couches de moisissure blanche. 60 000 visiteurs par an, c’est une belle réussite. Une autre aventure est venue s’y greffer en 1982, théâtrale celle-là : « Les Rendez-vous de Cormatin ». 

La chambre de la Marquise est remarquable pour son plafond à la française bleu de lapis-lazuli et or, son antichambre pour les lambris rouge cramoisi. Mais le plus exceptionnel est le cabinet de sainte-cécile, lui aussi voué au bleu et agrémenté de fleurs et de fruits délicatement peints, sans doute par des artistes flamands.

Escalier du château

Les amateurs d’insolite auront un petit faible pour la salle des Miroirs, un cabinet de curiosités comme on en raffolait au XVIIe siècle : on y trouve pêlemêle coquillages rares, alligators empaillés, bronzes et objets étranges, le tout sous un plafond décoré de symboles alchimiques.

La salle des miroirs

La salle des Miroirs du château de Cormatin renferme l’un de ces cabinets de curiosités prisés au XVIIe siècle. Soit un enchevêtrement d’objets hétéroclites, prélevés aussi bien dans les règnes animal et végétal, que dans la décoration !

Regardez au centre cet enfant qui effeuille des roses à l’aurore : un clin d’oeil à la rose, représentation de la connaissance des mystères du Grand OEuvre, et à la rosée céleste, indispensable au processus qui mène à la pierre philosophale.

Une salle du château

Les magnifiques jardins du château de Cormatin

Il est temps maintenant de découvrir les jardins, superbement redessinés en 1992 dans l’esprit des jardins baroques : 11 hectares de parterres, bosquets et même un labyrinthe de buis qui mène à une charmante volière.

Les jardins du château de Cormatin

Jardins du château de Cormatin

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