Château de Grignan, un trésor en Drôme provençale

Par Détours en France
source : Hors Série - Châteaux de légende, 2014, p.116

Un château Renaissance entouré de champs de lavande : nous sommes au cœur de la Drôme provençale. Un havre de douceur raffinée, cher à la marquise de Sévigné.

Panorama

Les lignes architecturales ont pris une tonalité Renaissance sous l’impulsion de Gaucher Adhémar, au service de Louis XI.

Découvrez le château sur son promontoire

Grignan est à l’étroit sur son promontoire. Quand on le contemple depuis les champs de lavande qui entourent le village, on se demande comment un édifice aussi monumental a pu tenir dans si peu d’espace ! Au fil des siècles, les propriétaires successifs ont dû faire preuve d’ingéniosité pour transformer cette forteresse du XIIIe siècle en demeure de plaisance : l’ensemble est disparate mais en impose ! C’est ce que pensait Walter Scott, qui écrivit dans sa préface à Quentin Durward :

Quiconque se trouve à 40 milles du château de Grignan… ne peut se dispenser d’y faire un pèlerinage.

chateau de Grignan Drôme

L'histoire de la marquise de Sévigné

Car on vient ici pour l’architecture mais aussi pour le souvenir de Madame la Marquise… Marie de Rabutin-Chantal, épouse du marquis de Sévigné, n’en était pas la propriétaire : mais en bonne mère, elle venait très régulièrement rendre visite à sa fille Françoise, mariée au comte de Grignan, gouverneur de Provence. Ce qui ne l’empêchait pas de lui écrire abondamment puisque sa fille est la principale destinataire des fameuses Lettres. C’est d’ailleurs à Grignan que mourut la marquise, en 1696 : son tombeau est à l’église du village, ancienne chapelle du château.

Champs de lavande

Les formes de l’édifice, magnifiées par les champs de lavande en contrebas, ne démentent pas l’origine provençale des lieux.

Grignan connut son heure de gloire du temps de la marquise : le Comte et la Comtesse y menaient grand train. Les siècles suivants furent moins heureux pour le château : en ruine dès la révolution, il fut sauvé en 1912 par une femme. Marie Fontaine, veuve richissime, le racheta et entreprit de le reconstruire à l’identique, s’aidant de croquis de l’époque. Une heureuse renaissance, due à la passion de Marie Fontaine pour Madame de Sévigné et son œuvre.

Cour du château

On ne peut que remercier Marie Fontaine et sa passion pour Madame de sévigné en admirant la belle façade renaissance au sud, la cour du Puits et son bassin, l’aile des Prélats du XVIIe siècle. La terrasse, construite sur le toit de la collégiale, offre un panorama inoubliable sur la région, du mont Ventoux aux dentelles de Montmirail.

Notre conseil :

Que cela ne vous dispense pas d’une visite des intérieurs : dans les appartements privés, le salon du roi et la galerie des adhémar, le mobilier est remarquable, avec ses collections de tapisseries d’aubusson et ses cabinets de voyage forentins.

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