Tiffauges, l'antre de Barbe Bleue

Par Détours en France
source : Hors Série - Châteaux de légende, 2013, p.92
Publié le 12/08/2015

Au coeur de la Vendée, ce château en ruine garde le souvenir d’un des personnages les plus controversés de notre Histoire, héros de guerre et criminel en série, alchimiste et compagnon de Jeanne d’Arc.

Vue aérienne Le château de Tiffauges, dont il reste d’imposantes ruines entourées d’un océan de verdure, fut à partir de 1420 le repaire de Gilles de Rais, plus connu sous le nom de Barbe Bleue. Il y aurait commis la plupart de ses crimes

Une presqu’île entre deux cours d’eau, des ruines imposantes, éparpillées dans la verdure : l’endroit est plutôt bucolique, surtout si vous le visitez par une belle journée. Difficile d’imaginer qu’il a abrité en ses murs un des plus grands serial-killers de toute l’Histoire : Gilles de Rais, plus connu des enfants sous le nom de Barbe bleue.

Fantôme muet, abandonné, maudit, plein de résonances farouches.

Gustave Flaubert

Il devait pleuvoir le jour où Gustave Flaubert le vit pour la première fois en 1847.

La légende perdure

En franchissant la porterie romane surmontée du blason du baron Gilles, on ne peut s’empêcher de songer au destin de ce personnage si controversé. Héritier d’une puissante famille, il hérite de la forteresse de Tifauges par son mariage avec Catherine de Thouars. Une superfcie de 3 hectares, 700 mètres de remparts et 18 tours : le site est d’importance.
Gilles de Rais va rehausser le donjon, le protéger par un châtelet, creuser des douves et faire bâtir un beau logis seigneurial.

Arsenal et activités Longtemps laissé à l’abandon, le château de Tiffauges abrite désormais un conservatoire de machines de guerre médiévales.

Les guerres de religion, Richelieu et les outrages du temps sont passés par là : le Tifauges d’aujourd’hui n’est plus qu’un souvenir de la grandeur passée de Gilles de Rais. Mais les ruines sont belles et le conseil général de la Vendée, désormais propriétaire du site, multiplie les animations pour les faire vivre.

Marché de Noël Chaque année, le château accueil le marché de noël. Non, la tour de siège n'est pas a vendre...

Ne vous étonnez donc pas si, au cours de votre visite, vous croisez deux chevaliers en plein combat, un soldat manoeuvrant un trébuchet, ou Gilles de Rais en personne racontant son histoire !

La tour du Vidame

Les siècles se succèdent : donjon du XIIe siècle châtelet et son pont-levis du XVe, contemporains avec le logis seigneurial bâti par Gilles de Rais ; ici, une barbacane, là l’imposante tour du Vidame avec son chemin de ronde à mâchicoulis et sa salle de guet à l’acoustique exceptionnelle (XVIe).

Tour du Vidame Se dresse ici, la tour du Vidame, un lieu de mystère...

C’est dans cette tour que vous découvrez la reconstitution du laboratoire de Gilles de Rais, qui se trouvait autrefois dans les salles basses du donjon : au milieu des cornues et des alambics, on se prend à imaginer le compagnon de Jeanne d’arc cherchant à percer le secret de la pierre philosophale.

La chapelle Saint-Vincent

Il est un lieu encore plus étonnant : la crypte de la chapelle Saint-Vincent, du XIIe siècle, remarquable pour son élégante colonnade et des chapiteaux très ouvragés. Est-ce là que Gilles de Rais invoquait les puissances infernales pour se procurer l’or dont il avait tant besoin ? A-t-il sacrifié ici même quelques-uns des 140 enfants qu’on l’accuse d’avoir tués ?

Sainte Chapelle On peut voir en premier plan le châtelet, tour carrée équipée d’un pont-levis qui permettait l’accès au château, devance les ruines de la chapelle Saint-Vincent, édifiée au XIIe siècle.

On n’a pas retrouvé ici de restes de ses victimes, contrairement à Champtocé, une autre de ses forteresses. Mais, quoi qu’il en soit, l’imagination va bon train…

Bon à savoir :

Le marché de Noël se déroule les 4, 5, 6 et 11, 12 ,13 décembre 2015