Saint-Jacques de Compostelle, les 10 infos à savoir

Par Détours en France & Hélène Borderies
source : Hors Série - Les chemins de l'aventure de Compostelle - Édition 2017

Saint-Jacques-de-Compostelle : depuis le IXe siècle, des milliers de gens marchent vers ce petit sanctuaire de la Galice espagnole. Mais qui était Jacques ? Pourquoi allaient-ils là-bas ? Toujours plus nombreux, surtout les années saintes, 5 chemins officiels mènent à Saint-Jacques-de-Compostelle. Détours en France décrypte les symboles de ce célèbre périple : coquilles, besace, bourdon et credential, plongez-vous dans cet univers entre légendes, traditions et nature.

Cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle

Histoire d'un pélerinage

Saint-Jacques-de-Compostelle : c’est dans cette ville que reposerait le corps de l’apôtre Saint Jacques découvert vers l'an 810. Douze siècles plus tard, ils sont toujours des dizaines, voire des centaines de milliers de pélerins à s’y rendre chaque année. Leurs motivations sont souvent différentes, mais l’émotion est la même. La légende dit qu'un ermite aurait été guidé par une étoile mystérieuse jusqu'au tombeau, de là, une basilique aurait été construite, il s'agit de celle en photo ci-dessus, reconnaissable avec ses deux flèches jumelles. Chacun part de chez soi, à la recherche du salut de son âme, ou pour trouver auprès du tombeau une aide ou une guérison.

Qui est Saint-Jacques de Compostelle ?

Fils de Zébédée et de Marie-Salomé, frère de Jean l’Évangéliste, Jacques le Majeur, surnommé « fils du Tonnerre » par Jésus pour son caractère passionné, est un des douze apôtres. À la mort du Christ, il part évangéliser la future Espagne. Il échoue et rentre à Jérusalem où il obtient de nombreuses conversions. Contrarié du succès de Jacques, le roi de Judée, Hérode Agrippa Ier, le condamne à la décapitation. Après son martyre, ses disciples placent son corps dans une barque qui, selon la légende, sept jours plus tard, s’échoua en Galice. C’était en l’an 44.

Combien de pèlerins à Compostelle ?

Les chiffres de l’Oficina de Acogida al Peregrino soulignent bien l’intérêt grandissant des marcheurs pour Saint-Jacques-de-Compostelle. La preuve avec quelques chiffres:

  • 2905 pèlerins étaient recensés en 1987
  • 23 218 en 1996
  • 14 026 en 2007

Des chiffres qui grimpent en flèche pour les années saintes :

  • En 1999, ils étaient 154 613
  • 179 944 en 2004
  • 272 135 en 2010.

Combien seront-ils cette année ? La prochaine année sainte sera en 2021.

Pèlerins devant la Sierra del Perdon

Quels sont les principaux chemins de Compostelle ?

« Les chemins empruntés par les pèlerins sont assez faciles à reconstituer, non seulement grâce aux monuments qui les jalonnent, mais encore par les nombreux récits de voyageurs qui nous sont parvenus », écrit Xavier Barral i Altet (Compostelle, le grand chemin, éd. Gallimard, 1993). Cinq routes historiques, évoquées dans le fameux Guide du pèlerin d’Aimery Picaud, sont considérées comme principales:

Chemins de Compostelle classés à l'Unesco

Après la Seconde Guerre mondiale, les fidèles catholiques sont de plus en plus nombreux sur la route. En 1982, Jean-Paul II se fait pèlerin et apostrophe la foule avec son : « Europe, souviens-toi de tes racines ! » Un tabac. En 1998, les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle sont classés par l’Unesco au patrimoine mondial de l’humanité.

Pourquoi la coquille de Saint-Jacques de Compostelle ?

C’est l’emblème du pèlerinage : la plage de Padrón, en Galice, sur laquelle le corps de saint Jacques serait parvenu en 44, était au Moyen Âge l’une des rares où l’on trouvait ces coquillages. Les jacquets les ramassaient sur le sable et avaient coutume de les coudre sur leur chapeau, quand venait l’heure du retour, en signe d’accomplissement. Aujourd’hui encore, sur les chemins de Compostelle, les marcheurs accrochent l’emblème sur leur sac à dos.

La besace et le bourdon des pèlerins

Ces deux attributs du pèlerin, dès le Moyen Âge, étaient bénis avant le grand départ. Le bourdon – le bâton du pèlerin – était à l’origine plus petit que le marcheur. Il deviendra ensuite, selon les représentations que l’on connaît, plus grand que lui, et avec deux pommeaux. Il devait servir de « troisième pied », mais aussi défendre le pèlerin « contre le loup et le chien ». La besace, elle, souvent en peau de bête, contient la nourriture du marcheur. Communément, elle est représentée ouverte, pour donner et pour recevoir.

Qu'est-ce que La credencial ?

La credencial est une longue fiche que l’on déplie et sur laquelle on fait apposer, à chaque arrivée d’étape, un tampon avec la date et le lieu de la halte. Les gîtes, les paroisses et certains commerces sur le chemin disposent d’un tampon personnalisé à leur nom, généralement assez joli. La credencial est bien sûr facultative, mais fortement recommandée car des lieux d’hébergement sur le chemin l’exigent, surtout en Espagne.

Qu'est-ce que La Compostela ?

La Compostela est la récompense : ce « diplôme » rédigé en latin atteste en effet que le marcheur a parcouru au moins les cent derniers kilomètres à pied. Ce certificat officiel est remis au pèlerin à l’Oficina de Acogida al Peregrino (bureau du pèlerinage), situé au numéro 1 de la rúa del Villar, à Saint-Jacques-de-Compostelle. Deux Compostelas sont proposées selon les motivations des marcheurs : l’une est spirituelle, l’autre touristique.

A quand remonte les premiers témoignages du chemin de Compostelle ?

Au XIIe siècle, Aymeri Picaud, un moine probablement poitevin, part à Compostelle. À son retour, il rédige ce que l’on pourrait appeler un guide pratique du pèlerin. Pour la première fois, les itinéraires compostelliens sont portés par écrit. Un manuscrit est conservé aux archives de la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle. Guide touristique avant la lettre, ce livre, recommandé par le pape Innocent II, présente les routes françaises empruntées par les pèlerins : Via Tolosana, Via Podiensis, Via Lemovicensis, Via Turonensis.