Saint-Cirq Lapopie : village de rêve entre Lot et causse de Limogne

Par Détours en France
source : Hors Série - Les plus beaux villages de nos régions

Le village de Saint-Cirq Lapopie est suspendu à près de 100 mètres au-dessus d’un méandre du Lot. La belle quercinoise bruisse d’une intense vie culturelle et artistique. Le poète André Breton avait trouvé à Saint-Cirq Lapopie une clé essentielle de son existence.

Panorama

Un rêve vertigineux

Il y a les villages dont on rêve et les villages de rêve. Saint-Cirq-Lapopie appartient aux seconds. Un site, incroyable, en surplomb vertigineux au-dessus du Lot et de ses mystères préhistoriques d’un côté, s’ouvrant sur le causse de Limogne de l’autre.

Pour ne pas succomber à son charme, il faut avoir perdu l’usage de ses cinq sens !

Une harmonie de vieilles maisons quercinoises qui se lovent au fil de ruelles fleuries, de carriéroux (ruelles) et d’escaliers. Le poète surréaliste André Breton y eut une révélation : celle d’y avoir trouvé son « paradis terrestre », rien que ça ! Saillant de sa terrasse rocheuse, l’église gothique fortifiée date du début XVIe siècle.

Panorama

C’est un spectacle inoubliable lorsque, après avoir emprunté, au départ de Cahors, la route bordée de falaises qui se faufile dans la vallée du Lot, on découvre Saint-Cirq-Lapopie. Perché à près de 100 mètres au-dessus de la rivière, ce village épouse majestueusement le relief rocheux.

Saint-Cirq offre au soleil levant ses belles façades blondes et ses toitures pentues de tuiles brunes, étagées à flanc de colline. Au sommet se dresse le puissant clocher fortifié de l’église gothique du XVIe siècle, avec sa chapelle romane et sa terrasse offrant une vue inoubliable sur la vallée, dont le chemin de halage est taillé dans le calcaire.

Eglise

En contrebas, subsistent les ruines du château des seigneurs Cardaillac, détruit sur ordre de Charles VIII.

Une touche florale

Ici, pas une bâtisse ne vient rompre l’harmonie de l’ensemble. De rues en ruelles, de passages en escaliers se dévoilent des maisons où l'influence des seigneurs du Moyen Âge, celle des envahisseurs anglais, celle d’artistes et d’artisans s’entremêlent. 

Maison fleurie

Les bâtisses du XIIIe aux XIVe siècles, aux façades souvent hautes et étroites, ont des fenêtres à meneaux ou à arcatures, de fières portes travaillées, des encorbellements, des courettes fleuries. Les arcades des échoppes de chaudronniers, peaussiers ou tourneurs abritent de nos jours boutiques et auberges.

L'histoire du bourg

Lorsque l’on évoque Saint-Cirq, impossible de ne pas mentionner André Breton, l’une de ces figures les plus marquantes. Jusqu’à sa mort en 1966, il y occupe une ancienne auberge de mariniers du XIIIe siècle, place du Carol, en bas du village, où il passe tous ses étés. Le poète et écrivain a la « révélation » en 1950, lors de l’inauguration de la « Route sans frontières n° 1 » (imaginée par le mouvement pacifiste Citoyens du monde) qui passait par le village. Saint-Cirq lui apparaît telle « une rose impossible dans la nuit ».

Maisons typiques

Il écrivit : « Saint-Cirq a disposé sur moi du seul enchantement : celui qui fixe à tout jamais. J’ai cessé de me désirer ailleurs. Je crois que le secret de sa poésie s’apparente à celui de certaines Illuminations de Rimbaud, qu’il est le produit du plus rare équilibre dans la plus parfaite dénivellation des plans. » Rien que ça. Ses amis Tsuguharu Fujita, Max Ernst ou Man Ray viennent régulièrement le rejoindre, donnant à ce village si paisible une touche d’excentricité et de poésie. Ils refont le monde le soir dans les cafés, quand, dans la journée, ils partent sur les grèves du Lot en quête d’agates… Breton en trouve tant qu’il a l’impression, dit-il, de « fouler le sol du paradis terrestre ».

Muraille

Résident estival lui aussi, le peintre espagnol Pierre Daura, trouvera à Saint-Cirq l’inspiration pour ses toiles abstraites. À sa mort en 1976, il lègue à la région Midi-Pyrénées sa maison (XIIIe-XIVe siècles), métamorphosée en un prestigieux laboratoire accueillant en résidence des artistes du monde entier.

Le dernier tourneur sur bois

Au Moyen Âge et jusqu’au XIXe siècle, Saint-Cirq était renommé pour ses artisans, les « roubinetaïres ». Ces tourneurs sur bois étaient appelés ainsi car ils réalisaient surtout des robinets de tonneaux à vins, qui étaient ensuite transportés par gabares sur le Lot. Patrick Vinel, dernier d’une dynastie de cinq générations, a repris l’atelier familial il y a neuf ans et est aujourd’hui le seul à perpétuer la tradition. Son échoppe est dans la rue principale et toujours ouverte aux curieux.