Terra Salina, sur les routes du sel

Par Aurélie Tiercin

Entre la Franche-Comté et la Suisse se dessine une route qui, si elle n’a pas de tracé officiel, porte en elle l’histoire particulière qui lie les deux pays. Il est aujourd’hui possible de réemprunter ces voies à travers plusieurs itinéraires réalisables à pied, en vélo ou encore en voiture au milieu des paysages du Jura mêlant nature et patrimoine. Terra Salina, un voyage sur la route du sel qui ne manque pas de saveur !

DR
Aurélie Tiercin
Y. Goux
Aurélie Tiercin
Aurélie Tiercin
Aurélie Tiercin
YIBRégion
Fondation Mines de Sel de Bex

Terra Salina, les voies historiques du sel

Née sous l’impulsion de sites salins et d’organismes touristiques français et suisses, Terra Salina propose de partir à la (re)découverte des routes qui ont servi à l’approvisionnement en sel de la Suisse auprès des salines franc-comtoises avant l’ouverture, près de Bâle, de la saline de Schweizerhalle en 1837. Ce sont ces voies historiques que Terra Salina invite à découvrir à travers plusieurs itinéraires touristiques mettant à l’honneur le patrimoine naturel et culturel du Jura franco-suisse ainsi que 24 sites emblématiques dont 7 sont classés au patrimoine mondial de l'Unesco.

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Logo terra salina

A pied, en vélo ou en voiture

6 parcours ont d’ores-et-déjà vu le jour permettant de partir à la rencontre de ces territoires marqués par l’histoire du sel

- Via Salina Touristique d’Arc-et-Senans à Berne (Suisse) via Ornans

- Via Salina Historique d’Arc-et-Senans à Berne (Suisse) via Levier

- Via Francigena de Besançon à Martigny (Suisse)

- Echappée Jurassienne de Dole à Lons-le-Saunier

- Grande Traversée du Jura

- Sentier des Gabelous d’Arc-et-Senans à Salins-les-Bains

Pour vous entraîner sur ces routes, suivez-nous sur la Via Salina Touristique à travers la visite de ses hauts-lieux du Jura français à découvrir absolument !

Arc-et-Senans, la folie royale

Edifiée par Claude-Nicolas Ledoux entre 1775 et 1779 à la demande de Louis XV, la Saline Royale d’Arc-et-Senans est une manufacture destinée à la production de sel, en complément de sa voisine de Salins-les-Bains. Révolution architecturale, le site comprenait à la fois le lieu de travail et le lieu de vie des ouvriers dans un ensemble d’une étonnante modernité pour l’époque. Devenue obsolète à la fin du XIXe siècle, la Saline ferme ses portes et est laissée à l’abandon avant son rachat par le département du Doubs et sa restauration qui lui vaut un classement au Patrimoine Mondiale de l’Unesco. Aujourd’hui, elle abrite un musée sur Ledoux et ses créations, un musée sur le sel de sa production à sa consommation, une exposition permanente sur le patrimoine, des événements culturels (concerts, expositions temporaires), une librairie et un restaurant. Durant l’été, les jardins sont magnifiés par un festival et les bâtiments sont mis à l’honneur par Lux Salina, un spectacle son et lumière qui fait revivre aux visiteurs, l’histoire de la Saline. Pour prolonger la découverte, les lieux disposent d’un hôtel 3 étoiles en plein cœur du site.

Salins-les-Bains, l’étape historique

Egalement classée au Patrimoine Mondiale de l’Unesco, la Grande Saline de Salins-les-Bains raconte à elle seule plus de 1200 ans de l’histoire de l’or blanc. Dès le VIIIe siècle, le sel a donné à la ville et ses environs toute sa renommée et son importance au fil des siècles grâce à son exploitation et son commerce. L’eau naturellement salée était puisée, pompée puis évaporée, au cœur des voutes des galeries souterraines qui sont aujourd’hui un témoignage vivant de cette industrie florissante qui fonctionna jusqu’en 1962. Ouvert à la visite, on peut aujourd’hui admirer un site en parfait état de conservation avec ses impressionnantes galeries, sa pompe hydraulique toujours en activité et sa poêle, la dernière en France, qui servait à l’évaporation des eaux. Les anciens bâtiments accueillent désormais le Musée du Sel, un parcours qui permet de bien saisir l’exploitation de cette richesse dans le Jura. Ville thermale, Salins utilise toujours cette ressource naturelle, et ses vertus exceptionnelles, dans ses thermes. L’occasion d’une pause détente !

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Galeries de la Grande Saline de Salins-les-Bains

Ornans, sur les pas de Gustave Courbet

Retour dans le Doubs avec la jolie ville d’Ornans. Traversé par la Loue, ce village de caractère séduit à coup sûr avec ses maisons suspendues qui se reflètent dans la rivière et ses hôtels particuliers datés du XVIe au XVIIIe siècle, dont certains sont classés. Etape stratégique de la route du sel, avec son château (aujourd’hui détruit) qui surplombait les alentours et surveillait ainsi cette artère, la capitale de la vallée connut des heures florissantes. Prisée pour ses nombreux sentiers de randonnées qui sillonnent la région, la cité le fut également pour son charme qui inspira l’enfant du pays, le peintre Gustave Courbet. Le Musée Coubet, ouvert en 2011 sur les bords de la Loue, est un espace totalement consacré à l’artiste et à ses œuvres avec plus de 2000 m² d’expositions qui rendent hommage à son art. Pour parfaire la visite et s’imprégner de l’univers du peintre réaliste, il est possible de visiter la ferme familiale située à Flagey et son dernier atelier (actuellement en cours de rénovation).

Pour finir la découverte en Suisse

La visite se poursuit dans le Jura Suisse avec la ville d’Yverdon-les-Bains. Outre ses thermes réputés, la cité possédait une place importante dans le négoce du sel. Des bâtiments construits à cette période sont toujours visibles dans le centre médiéval et témoignent de la prospérité de la région acquise à cette époque. Pour terminer, les Mines de Bex vous plongeront au cœur de la saline avec un petit train électrique qui fera revivre sur un parcours de 800 m, la vie des mineurs et leur histoire. Une belle manière d’achever la découverte de ces routes !

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