Cité de l'architecture et du patrimoine, un musée unique au monde

Par Détours en France
source : Hors Série - 40 visites privées pour redécouvrir le patrimoine, 2012, p.106
Publié le 06/08/2015

Inauguré en 2007 au palais de Chaillot à Paris, le musée de la Cité de l’architecture et du patrimoine offre un extraordinaire voyage à la découverte des merveilles architecturales de l’Hexagone, du Moyen Âge à nos jours.

Galerie des moulages Dans la galerie des Moulages de la Cité de l’architecture et du patrimoine (dont l’entrée est gratuite durant les Journées européennes du patrimoine), l’éclairage zénithal de la verrière, la charpente métallique et le rouge pompéien des murs forment un écrin parfait. Au fond, le portail de Saint- Pierre de Moissac.

Un musée unique au monde

C’est un musée comme il n’en existe aucun autre dans le monde. Dans l’aile est du palais de Chaillot, à Paris, le musée de la Cité de l’architecture et du patrimoine expose des centaines de copies à taille réelle d’oeuvres emblématiques du XIIe siècle à nos jours. Des portails des plus belles cathédrales aux claustras de Notre-Dame du Raincy, première église en béton, le panorama est vaste. L’idée ambitieuse est ancienne. Eugène Viollet-le-Duc, au XIXe siècle, avait élaboré un musée de Sculpture comparée qui visait à montrer combien les œuvres médiévales pouvaient rivaliser avec celles de la Renaissance et de l’Antiquité.

Galerie architecture La galerie d’architecture moderne et contemporaine propose une réflexion sur les évolutions de cette discipline depuis 1850. Densification, émergence des problématiques urbaines, avancées techniques, nouveaux matériaux… autant de transformations qui sont évoquées et expliquées par des documents très variés.

Dans l’ancien palais du Trocadéro (créé pour l’Exposition universelle de 1878), étaient présentés, dès 1882, d’exceptionnels moulages de plâtre de sculptures ou de fragments d’architecture – qui constituent aujourd’hui les collections de la galerie des Moulages. Dans les années 1930, Paul Deschamps, le directeur, élargit le concept du musée en créant une collection de peintures murales et de vitraux. Le musée des Monuments français naît ainsi en 1937 dans une aile du palais de Chaillot, édifice, lui, réalisé lors de l’Exposition internationale de Paris de la même année.

Galerie des moulages

Sur son fronton, on peut lire aujourd’hui encore les lignes de Paul Valéry, qui avertissent le visiteur : « Dans c es murs voués aux merveilles, j’accueille et garde les ouvrages de la main p rodigieuse de l ’artiste égale e t rivale des a pensée. L’une n’est rien sans l’autre. » Après avoir été délaissé des pouvoirs publics, été touché par un incendie en 1997, puis avoir fermé pendant plusieurs années, le musée, établissement public sous la tutelle du ministère de la Culture, a rouvert ses portes.

 

Galerie Architecture Au premier plan, maquette du centre culturel Tjibaou à Nouméa (Nouvelle-Calédonie), architecte Renzo Piano. Au fond, le claustra et les vitraux de l’église Notre-Dame du Raincy, oeuvre des Perret. Ci-dessous, un appartement de la Cité radieuse de Le Corbusier

Il reprend les anciennes collections dans une parfaite muséographie tout en présentant, au deuxième niveau, une nouvelle galerie consacrée à l’architecture moderne et contemporaine. Le musée constitue le « coeur patrimonial » de la Cité de l’architecture qui intègre également l’Institut français d’architecture, chargé de promouvoir l’architecture contemporaine française, et la prestigieuse École de Chaillot.

Galerie d’architecture moderne et contemporaine

Créée pour l’ouverture de la Cité, cette superbe galerie (dont les baies vitrées offrent une vue privilégiée sur la tour Eiffel) explore l’architecture française, de la révolution industrielle à nos jours avec des centaines de maquettes, films et dessins. Parmi les reconstitutions grandeur nature, on s’arrêtera devant une portion du claustra et des vitraux de l’église Notre-Dame du Raincy, bâtie par les frères Perret en 1922 et surnommée « La Sainte Chapelle du béton armé », pour la couleur exceptionnelle de ses « murs de lumières », oeuvre du peintre Maurice Denis.

Galerie Architecture

Mais le plus époustouflant demeure la réplique exacte d’un appartement type de la Cité radieuse construite à Marseille au lendemain de la Seconde Guerre mondiale par Le Corbusier. Entrez, visitez : volume, lumière, matériaux… Vous êtes dans un appartement en duplex de quatre pièces, d’une surface

Galerie des Moulages

Au rez-de-chaussée de l’aile Paris, sous une charpente métallique retrouvée et une verrière offrant une lumière naturelle, se découvre une reproduction grandeur nature du portail sud de l’abbaye Saint-Pierre de Moissac. Un chef d’oeuvre de la sculpture romane, inspiré de l’Apocalypse selon saint Jean, avec son Christ en majesté. Mais ce n’est qu’un début. Une fois passé le portail, c’est une myriade de tympans, de statues sculptées, de trumeaux, de chapiteaux historiés...

Galerie des moulages De nombreux exemples d’architecture religieuse du XIIe au XVIIIe siècle.

Les merveilles de l’art religieux roman et gothique français sont réunies en une anthologie du patrimoine du xiie siècle à la Renaissance. Les architectures civile et militaire y ont aussi leur place avec, entre autres, l’arche de la porte du Gros-Horloge de Rouen ou la fontaine de Neptune de la place Stanislas de Nancy.

Galerie des peintures murales

En les présentant reproduites à l’identique, cette galerie révèle les beautés insoupçonnées des édifices religieux, de la période romane à l’aube de la Renaissance. Nous nous retrouvons d’un coup sous la coupole occidentale reconstituée de l’église romane Saint-Étienne de Cahors, édifiée entre 1090 et 1140. Les peintures murales gothiques, réalisées entre 1316 et 1324, traitent de la lapidation de saint Étienne, entouré des figures de prophètes.

Peinture murale L’éclairage tamisé met en valeur la coupole de SaintÉtienne de Cahors.

Plus loin, on pénètre dans la crypte, datant de la première moitié du XIIe siècle, de l’église Saint-Nicolas de Tavant, en Indre-et-Loire. À se demander si l’on est toujours à Paris, tellement on a l’impression, grâce à la pénombre et aux volumes parfaits, d’admirer l’original. Un peu plus loin, nous voici sous les voûtes du choeur de l’église Notre-Dame de Kernascléden, dans le Morbihan, qui reçut un riche décor peint au XVe siècle grâce aux Rohan, famille princière de Bretagne. Un chef-d’oeuvre du gothique flamboyant.