Toutes les bonnes raisons de découvrir la Ria d'Étel

Par Emmanuelle Saporta

Direction le sud du Morbihan, entre Vannes et Lorient, à la découverte de ce bras de mer qui entre dans les terres. Paysages variés, îlots, petits bois et parcs ostréicoles constituent le décor de ce lieu sauvage et préservé. Magique !

ria d'Etel

L'entrée dans la ria d'Etel, au loin, la commune d'Etel.

Qu'est-ce que la Ria d'Étel ?

La chronique d'Emmanuelle Saporta, rédactrice en chef web de Campagnes TV

Ici, même les locaux vous parleront tantôt de ria, tantôt de rivière. "On peut dire les deux", répondent-ils quand on leur pose la question. Dans ce bras de mer qui s'enfonce dans les terres sur une vingtaine de kilomètres, l'eau est salée.  

Découvrir la barre d'Étel à l'entrée de la Ria

embouchure etel

De l'autre côté de la rive, depuis le sémaphore, Josiane guide les bateaux qui souhaitent passer le banc de sable.

A l'embouchure de la Ria, se trouve un banc de sable sous-marin en perpétuel mouvement. Il se forme et se déplace au gré des courants et des vents changeants.  Cela provoque parfois l’apparition de grandes vagues de fond ou de déferlantes.  Ce banc de sable est visible partiellement à basse mer. La navigation y est difficile,  parfois impossible, quand le courant de jusant est fort (mer descendante) ou quand il y a un vent contraire au contact d’un haut fond (banc de sable).

La légende raconte qu’une femme qui faisait beaucoup de bien aux habitants d’Etel, aurait été kidnappée par des pirates sans obtenir de l’aide des villageois. Elle aurait voulu se venger en jetant une poignée de sable qui aurait formé la barre d’Etel.

Le sémaphore d'Étel, un lieu unique à plus d'un titre

Ce sémaphore est unique parce que c’est le seul sémaphore civil de France (les autres sémaphores sont gérés par les militaires). Il était auparavant  géré par la commune (Compagnie du port du Morbihan).

Ce sémaphore est également unique  parce qu’il est tenu par une femme : Josiane Péné, 65 ans. Josiane a pris son poste au début des années 80 quand son mari est décédé. A l’époque il y avait principalement des chalutiers. À partir de 1982, la création d’un port de plaisance à Étel a entraîné l'augmentation du nombre de voiliers.

Une surveillance soutenue

Lorsqu'elle est en poste, Josiane surveille les bancs de sable qui se forment et se déplacent. Elle observe du haut du sémaphore, à la jumelle.  Elle s’aide aussi de piquets fixés au balcon pour repérer les hauteurs d’eau dans les passes. Elle s’aide aussi du radar et travaille en collaboration avec le CROSS. Josiane guide les bateaux qui veulent passer la barre d’Etel. Les pêcheurs la connaissent bien et les plaisanciers qui souhaitent passer la contactent. Ils utilisent pour cela le téléphone ou le canal VHF 13. Elle leur indique alors l’emplacement de la passe du jour. Elle assure aussi la coordination avec le CROSSA Etel en cas de problème. En cas de besoin, un canot de sauvetage prêt à sortir.  Entre 10 et 30 bateaux passent chaque jour la barre d'Étel, avec des  pointes en été. 

Possibilité de visiter le sémaphore : renseignements et inscription auprès du syndicat d’initiative d’Etel.

Un peu d'histoire

A la fin des années 1850, le passage est de plus en plus utilisé du fait du développement de la pêche à la sardine. Un premier feu est installé le 15 août 1859. En 1867 un mât (mât Fenoux donc, ou mât-pilote) adossé à une cabane en pierre permet d'implanter en hauteur une grande flèche indiquant l'endroit de la passe. La maison sémaphore est mise en service en 1961.

Embarquez pour une croisière sur la Ria au départ d'Étel. Les croisières commentées ont lieu d’avril à septembre. 1h30 de croisière à la découverte de la ria d‘Etel.

Découvrez les parcs ostréicoles de la ria d'Étel

ria intérieur Etel

L'activité ostréicole est importante, avec des parcs à huitres installés tout au long de la ria. Le syndicat ostréicole fédère une quarantaine d’adhérents.

Le parcours est balisé avec des grands tuyaux verts et rouges afin de faciliter la navigation des plaisanciers et préserver les parcs (les premières installations ont été réalisées au printemps 2014). Il arrivait que les hélices des bateaux éventrent les poches d’huîtres. Pour mieux se repérer : quand on remonte la Ria, la balise rouge est sur la gauche, la balise verte sur la droite.

Une longue tradition de pêche au thon

voilier thonier

Le Morbihan a été un pôle très important pour la pêche au thon, surtout au début du XXème siècle et jusqu’à la seconde guerre mondiale. La pêche a commencé à se développer à Étel à la fin du XIXème siècle avec un gros boom dans les années 1920. A tel point qu’Etel a même supplanté Groix dans les années 30. 'Il y a eu jusqu’à 230 bateaux de pêche immatriculés dans la rivière d’Etel à la grande époque", relate Grégory Nabat, animateur au musée des thoniers. Les pêcheurs utilisaient alors des bateaux bien spécifiques - des voiliers thoniers - baptisés les dundées.

Le thon était pêché de juin à fin septembre-début octobre et la sardine du printemps à l’automne. En hiver, bon nombre de pêcheurs se convertissaient en paysans. Seuls 40 % allaient pêcher du côté de la Rochelle.

Les bateaux à moteur ont fait leur apparition après la seconde guerre mondiale. On a alors enregistré un regain d’activité avec le développement de la pêche d’espèces nobles : (sole, merlu, limande). Puis les pêcheurs se sont tournés progressivement vers des ports plus importants comme celui de Lorient tout proche. A la fin des années 60 plus aucun bateau de pêche ne vient vendre à Etel. Aujourd’hui, Etel est devenu un petit port de plaisance tranquille. Quelques pêcheurs encore sur la ria (pêche à la dérive), mais plus d’activité économique liée à la pêche.

Visitez le musée des thoniers

Inauguré en 2001, ce musée a remplacé l'ancienne maison du patrimoine, née de la mobilisation de passionnés de la région. Ce musée retrace l'histoire de la pêche et la vie des pêcheurs dans la région. Des maquettes des paysages de la région y sont présentées. A Noël, le musée attire les foules avec ses crèches maritimes. En 2016, elles auront lieu du 13 décembre au 10 janvier.

Faites étape à Saint-Cado

Saint Cado

Une petite île à deux pas du village de Belz : Saint-Cado est célèbre pour sa chapelle, sa fontaine et ses peintres.

Partez pour une rando au départ de Locoal-Mendon

Rando locoal mendon

Empruntez le chemin de Cadoual qui s’enfonce dans les sous-bois : il vous permettra d’apercevoir les eaux vives de la ria puis de longer la pointe sud de la presqu’île. Ce lieu est légendaire : il aurait abrité Cadoual, le chouan et ses compagnons. Empruntez un chemin bordé de murets de pierres. Puis avancez dans une clairière avant de suivre le chemin côtier : vous pouvez même  suivre le bord de l’eau si la marée le permet.

Où dormir ?

A la petite presqu’île, à Locoal-Mendon

Petite presquile Locoal Mendon

C'est un éco-gîte, à mi-chemin entre le gîte traditionnel et les chambres d’hôtes, situé sur les rives de la Ria d’Etel. Le bâtiment principal est construit avec des matériaux naturels (ossature bois, chaudière granulés, panneaux solaires). Six chambres sont ouvertes à la réservation. L'accueil d'Alain et Nadine  est très chaleureux.

ria d'Etel

Profitez d'un grand jardin  face à la rivière.

Et aussi :

  • Talvern, à Landévant : 5 chambres de charme et table d’hôtes avec les produits du potager.
  • Village de gîtes à Nostang : au coeur d’un vrai village breton en bordure de la ria d’Etel. (village de Remoulin sur la commune de Nostang). Des chambres et plusieurs gîtes (13) du T2 au T4 au sein d’un vieux hameau rénové du 19ème siècle.