Clermont-Ferrand : l'église Notre-Dame-du-Port

Par Sophie Bogrow et Dominique Roger
source : Détours en France n°174, p. 38

Inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco au titre des Chemins de Compostelle, la basilique Notre-Dame-du-Port (XIe-XIIe siècles) est un joyau de l’architecture romane auvergnate.

Notre-Dame-du-Port


L’une des 
églises romanes majeures d’Auvergne, Notre-Dame-du-Port a probablement été édifiée alors que débutait la première croisade, à la fin du XIe siècle. Le matériau
 de construction, un grès appelé arkose, tranche avec la pierre
 de lave brune typique des édifices de Clermont. L’architecture pyramidale du chevet crée
 un jeu de cercles et de triangles.

Pour prendre la mesure de ce sanctuaire, placez-vous sur le belvédère aménagé au 1, rue Robertus : une harmonie de forme et de couleur que seul le lourd clocher carré de la façade ouest (un ajout du XIXe siècle) perturbe. À l’intérieur, le chœur, avec un déambulatoire ouvrant sur des chapelles rayonnantes et une forêt de chapiteaux historiés (Combat des Vices et des Vertus, scènes de la vie de la Vierge, « Psychomachie »...), est l’une des parties les plus étonnantes du sanctuaire. Sous le chœur se tapit « la Souterraine », une crypte du XIe siècle – lumineuse car éclairée de larges baies – qu’illumine une vierge noire en bois de noyer recouvert de peintures rutilantes, que l’on date probablement de la fin du XVe siècle... quand d’autres spécialistes pensent qu’il s’agirait plutôt d’une reproduction d’icône rapportée des croisades. « La Mère très bonne et miraculeuse » est l’objet d’une vénération et d’un pèlerinage (la procession se déroule le dimanche suivant le 15 mai) depuis le XVIIe siècle.