Castelnou, la vigie des Aspres

Par Hugues Dérouard
source : Hors Série - Les plus beaux villages de nos régions 2015, p.56

Perché sur un piton couronné par un château millénaire, Castelnou, village des Pyrénées-Orientales est un petit bijou médiéval très bien conservé... alors qu’il était quasiment à l’abandon dans les années 1950 ! Juché au pied des Aspres entre deux causses calcaires, tout autour s’étend un paysage âpre de maquis, hérissé de genêts, de chênes et de bruyères. En toile de fond : le Canigou.

Panorama

À l'ombre du roc de Majorque, le village, construit à flanc de colline et sertie de remparts, est dominé par son château vicomtal et une ancienne tour de guet. Au loin, le massif du Canigou avec son pic à 2 784m parfait le paysage de ses cimes enneigées.

Le château

Construit au Xe siècle, le château sera complètement restauré neuf siècles plus tard dans un style proche de l'édifice primitif, à savoir celui d'une citadelle romane. Pour y accéder, il vous faudra gravir quelque 90 marches.

À l'ombre du château

C’est par une porte monumentale flanquée de deux tours que vous pénétrerez au cœur du village comme encerclé de remparts. Un vénérable mûrier platane ombrage la place principale, sur laquelle on lézarde avec délectation aux terrasses des cafés. Castelnou est entièrement piétonnier, et pour cause, les ruelles pavées et pentues sont très étroites et tortueuses ! Prévoyez de bonnes chaussures et engouffrez-vous dans la carrer d’Avall et la carrer del Mig, reliées par de vieux escaliers, très pittoresques.

Les maisons

Au fil de votre balade, vous aurez l’occasion de découvrir de nombreuses échoppes d’artisans (potier, bijoutier, ferronnier...) et des ateliers d’artistes (mosaïste, sculpteur, peintre...).

Coiffées de tuiles, les maisons de pierre, aux reflets dorés, sont pleines de cachet : ici, des motifs sculptés, là, des ferronneries ou des génoises très travaillées.

Un lieu quasiment déserté...

Castelnou était quasiment à l’abandon au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. « N’y vivaient plus que quelques familles de bergers et paysans, en quasi-autarcie, qui cultivaient et élevaient des animaux pour se nourrir, comme au XIXe siècle... Isolement, éloignement, terres peu fertiles, exode rural, morts des jeunes durant la Première Guerre mondiale : le village était en voie de disparition. » 

... Puis réhabilité pars des artistes

Comment, dès lors, expliquer une telle métamorphose ?

« Dans les années 1950, des intellectuels, des profs, des artistes, des musiciens, en quête d’un retour à la nature, ont découvert le village et en sont tombés littéralement amoureux (...). En 1956, un spectaculaire son et lumière va permettre de faire connaître Castelnou dans la région et au-delà. Deux restaurants – Le Majorque et l’Oustal – ouvrent et deviennent des lieux incontournables pour les artistes, les excentriques de passage... C’était un peu le Saint-Tropez des Pyrénées-Orientales ! »

Le village

Quand le château tomba en ruine (au XVIIIe siècle), certaines de ses pierres auraient été utilisées pour la construction des maisons. 

Restauré, revitalisé, le bourg castral est un des sites les plus visités du Roussillon – 400 000 visiteurs par an, annonce la mairie. Élevée à la fin du Xe siècle, la forteresse, plan- tée au sommet de la colline, est à l’origine de l’essor du village.

Tour

Castelnou – soit le « château neuf » – occupa trois siècles durant une place centrale dans les Aspres : ses puissants seigneurs en firent la capitale militaire et administrative du vicomté de Vallespir, jusqu’en 1321. Les vicomtes étaient les vassaux directs des comtes de Barcelone devenus rois d’Aragon.

Aujourd’hui privé, le château, démantelé à plusieurs reprises, puis reconstruit après un incendie en 1981, est la propriété d’un domaine viticole où vous dégusterez, entre autres, de savoureux petits muscats. Un jardin y a également été planté et fleure déjà bon les essences méditerranéennes.