La fabuleuse histoire du bois de Boulogne

Par Dominique Le Brun et Dominique Roger
source : Détours en France n°156, p. 46

Le bois de Boulogne offre un véritable territoire de randonnée aux Parisiens. Mais comment ce superbe jardin de ville a-t-il vu le jour ?

La Grande Cascade et le lac Inférieur

Bois de Boulogne


1.La Grande Cascade de l’étang des Réservoirs près du parc de Bagatelle et des serres d’Auteuil. Dans la grotte, ne manquez pas de passer derrière le rideau d'eau. Il faut le savoir : les lacs, les ruisseaux, la cascade... tout le réseau hydraulique du bois est artificiel. Un puit artésien situé à Passy alimente le lac Supérieur, qui remplit de son trop-plein le lac Inférieur. De ce dernier part un ruisseau qui se subdivise ensuite, pour alimenter le lac Saint-James, les pièces d'eau du jardin d'Acclimatation et la Grande Cascade.`
2. Le lac Inférieur et
 le kiosque de l’Empereur.

Sous le Second Empire, à côté d’une ville qui se « monumentalise », se créent près de 2 000 ha d’espaces verts (dont, à l’ouest, le bois de Boulogne). L’ancienne forêt du Rouvray, chère à Philippe le Bel et à François Ier, connaît profondes transformations : agrandissement de 200 hectares, destruction du mur d’enceinte restant, forêt remodelée en parc anglais. Sans compter la redynamisation de Bagatelle 
et des « promenades de Longchamp ».En 1852, lorsque la décision fut prise d’aménager le parc, les bois étaient en triste état depuis 1815, les armées russe et anglaise y ayant bivouaqué. De par sa taille, c’est un véritable territoire de randonnée que l’ingénieur Alphand créa, à une époque où ce loisir n’existait pas.

De  grands hommes derrière les grands chantiers de Paris

Les hommes du préfet - Les chantiers titanesques 
du nouveau Paris
 ne furent possibles que parce que Haussmann 
sut s’entourer d’ingénieurs et d’architectes aussi compétents que dévoués. À Victor Baltard, à la tête
 du service 
de l’architecture,
 on doit les Halles centrales, l’église Saint-Augustin, et plusieurs annexes de l’hôtel de ville. 
Le nom d’Adolphe Alphand, chef du service des promenades et plantations, est associé à tous les jardins publics et parcs de la capitale, mais sans l’architecte Davioud et le jardinier Barillet-Deschamps, rien ne se serait fait. Eugène Belgrand, directeur du service des eaux, est moins connu. Il conçut pourtant les aqueducs assurant le ravitaillement en eau de Paris, depuis la Champagne et 
la Bourgogne, ainsi que les égouts. 
Le grand inconnu reste Eugène Deschamps. Directeur du service du plan, c’est lui
  qui traça avenues, boulevards, rues... bref, toute la voirie parisienne.

La square des Poètes

Buste de Victor Hugo dans le square des Poètes

Le square des Poètes et son buste de Victor Hugo

Les serres d'Auteuil

Les serres d'Auteuil

Les serres d’Auteuil, nées, comme le Jardin d’Acclimatation, des ambitions scientifiques de l’époque. Créées à la fin du XIXe siècle, elles étaient destinées à la culture des plantes ornementales de Paris. Aujourd'hui, on n'y trouve que les plantes de collection.

Le jardin d'Acclimatation

Le jardin d'acclimatation gravure

Napoléon III inaugure le Jardin Zoologique d’Acclimatation en 1860. Au départ, cet espace de 20 ha était dédié à l’accueil d’espèces animales ne pouvant être hébergées à la ménagerie du Muséum du Jardin des Plantes. La conception du jardin vise à faciliter l’introduction, l’adaptation et la domestication des animaux en s’approchant, autant que possible, de leur milieu naturel. Au début du XXe siècle, la fréquentation baisse à cause de la concurrence des parcs d’attractions comme le Luna Park de la Porte Maillot. En 1926, dans le but de relancer sa fréquentation, des installations de jeux modernes sont mises en place. Unique en son genre, le jardin d’Acclimatation est aujourd’hui plébiscité par un large public. Avec Disneyland Paris et le Parc Astérix, il fait partie des trois premiers parcs d’attraction français.
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