Jean Kazès : l'homme du mouvement

Par Vincent Noyoux
source : Détours en France n°176, p. 81

Jean Kazès

Entrer dans la boutique atelier de Jean Kazès est une expérience hors du commun, mais pas hors du temps. Et pour cause : ici se fabriquent d’étonnantes horloges sculptées. « Je ne suis pas horloger, mais ingénieur en mécanique », corrige doucement ce Carougeois d’origine bulgare. « Un jour, je suis tombé amoureux d’une comtoise. Je l’ai déshabillée et j’ai découvert la beauté de son mécanisme », dit-il sans malice. Depuis plus de quarante ans (il en a 84), Jean Kazès fabrique des horloges murales de toutes pièces en dévoilant leurs rouages d’acier et de laiton chromé. Certaines évoquent des sculptures de Miró. Le chef-d’œuvre de l’artisan se déploie au fond du hall de l’hôtel Cornavin, près de la gare de Genève. L’horloge à balancier mesure 30 mètres de haut, record du monde homologué dans
le Guinness Book ! Il a beau exporter ses œuvres de Moscou à Hong Kong et de Rotterdam à Singapour, Jean Kazès incarne la figure de l’artisan modeste, perfectionnant son geste dans son petit atelier. « J’ai réalisé près de 300 horloges, toutes des pièces uniques dont j’ai créé les mécanismes. Mais vous savez, je ne pourrai pas faire de l’horlogerie de très haute précision... » Rassurons-le, peu d’horlogers seraient capables de faire du Kazès. Rue Saint-Joseph 21, 1 227 Carouge. +41 (0)22 343 30 91 et jean-kazes.ch.
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