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Que faire à Tarbes ? Les incontournables

Par Vincent Noyoux
source : Détours en France n°210

À mi-chemin entre Toulouse et l’Océan, au pied des Pyrénées, la capitale de la Bigorre offre le visage d’un gros village paisible, confortablement installé face aux sommets enneigés. Tarbes cultive à sa manière une douceur de vivre, que l’on goûte au superbe jardin Massey ou dans les allées du haras Premier Empire.

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À 150 km à l’ouest de Toulouse, Tarbes, avouons-le, n’arrête pas souvent les visiteurs. La ville de Théophile Gautier et du maréchal Foch présente des abords moins riants que Pau ou Auch, les préfectures voisines. L’architecture composite alterne édifices en béton et beau patrimoine ancien, telles ces villas bourgeoises presque anglo-normandes, égayées de ces palmiers que l’on plantait autrefois à la naissance d’un fils, pour commémorer le départ ou le retour d’un parent des colonies.

On en profite pour faire un détour par Toulouse ?  

Le jardin Massey : Un immense poumon vert

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La vraie surprise a lieu au jardin Massey, poumon vert de Tarbes et fierté municipale. On le comprend volontiers, tant il est agréable d’arpenter les allées harmonieuses de ce jardin paysager de 11 ha, idéalement planté en centre-ville. Le mérite en revient principalement au botaniste Placide Massey. Cet intendant de la reine Hortense sous l’Empire en 1808 devint responsable des plantations sous Louis-Philippe et directeur du potager de Versailles. En 1853, il légua à la ville de Tarbes son jardin, qui sera agrandi et embelli au fil des ans. Ainsi, on y a déposé en 1890 les arches du cloître de l’abbaye de Saint-Sever-de-Rustan, sur le point d’être vendu à des marchands d’antiquités. Il flotte un délicieux parfum XIXe siècle le long des allées sinueuses du jardin à l’anglaise.

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Le kiosque à musique, toujours actif les dimanches, se reflète dans la pièce d’eau. Des paons rivalisent d’orgueil sur les pelouses impeccables qu’un réseau de canaux permet d’irriguer par submersion. Ne manquez pas l’Orangerie, ravissante bonbonnière de verre où sont présentées les cactées et succulentes. Les quelque 1500 arbres du jardin, la plupart centenaires, apportent une fraîcheur bienvenue les chaudes journées d’été. Cèdre du Liban, séquoia, noyer d’Amérique, micocoulier, magnolia... À l’automne, les cyprès chauves et les liquidambars délivrent de superbes dégradés caramel. Ouvert du lever au coucher du soleil, ce havre de paix est gratuit, au grand bonheur des Tarbais qui en profitent abondamment le week-end.

Le musée Massey : Tarbes à la hussarde

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Une tour de style mauresque haute de 40 m domine le jardin. Cet étrange minaret voulu par Placide Massey pour observer les Pyrénées coiffe le musée Massey. À la section des beaux-arts (on y admire un Christ aux liens, du peintre florentin Pontormo) s’ajoute une superbe collection d’uniformes des hussards.

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Ce corps de légende, qui a vu le jour en Hongrie au XVIe siècle avant de se répandre en Europe puis dans le monde, nous parle d’un temps où l’on combattait sabre au clair, avec panache... et même élégance. Gilets à brandebourgs, pantalons brodés, bottes de cuir, shakos à crinière de cheval... Qu’ils fussent hongrois, français, japonais ou autrichiens, les hussards étaient vêtus comme des princes et l’on visite cette magnifique collection comme on regarderait un défilé de mode ! La « petite guerre » – on parle aujourd’hui de guérilla – ne se pratique plus à cheval, comme autrefois. Pourtant les hussards n’ont pas disparu: le 1er régiment de hussards parachutistes est en garnison à Tarbes depuis 1963 sans discontinuer. La vocation mili- taire de la Ville s’affirme aussi avec le 35e régiment d’artillerie parachutiste. Le quartier de l’Arsenal, où se fabriquait le char Leclerc jusqu’en 2006, a fait peau neuve. Les ateliers de construction d’artillerie abritent désormais des bars, des restaurants et des cinémas. Qu’en pense la statue du maréchal Foch, qui trône sur son cheval face à l’entrée du 1er régiment de hussards parachutistes ?

Le haras national : un autre joyau de Tarbes

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Le cheval a ici son importance. Le haras national est l’autre joyau de Tarbes. Créé en 1806 par Napoléon, il avait pour vocation la reproduction des chevaux, essentiellement pour les armées. C’est ici qu’est né au XIXe siècle l’anglo-arabe, race équine issue du croisement entre le pur-sang et l‘arabe, auquel s‘est ajouté l‘apport du cheval navarrin, une race locale aujourd’hui éteinte. Endurant, léger et rapide, l’anglo-arabe avait toutes les qualités requises pour la cavalerie légère de Napoléon 1er. À son âge d’or, à la fin du XIXe siècle, le haras national de Tarbes compta jusqu’à 150 étalons. Les bâtiments de style Empire, classés monument historique, témoignent de l’intime relation de la Ville et du cheval. Dans un parc de 9 ha, on découvre l’ancien manège à la superbe charpente Eiffel, la sellerie d’honneur, qui sent bon le cuir des harnais et des selles anciennes, ou encore, le bâtiment de l’escadron Foch. Une trentaine de chevaux de l’armée se reposent dans leur box, sous la superbe voûte en châtaignier. L’odeur de paille et de crottin chatouille les narines comme on passe devant les écuries de la gendarmerie. Dans un enclos, trois chevaux blancs de pure race espagnole semblent sortis d’un tableau de Géricault.

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Tous les jours de la semaine, la brigade équestre patrouille en ville, du jardin Massey aux zones périphériques en passant par le marché Marcadieu. Le haras revient de loin : mis en vente, il a été sauvé d’une mort annoncée par la ville de Tarbes, qui l’a racheté en juillet 2016 pour deux millions d’euros. Aujourd’hui, c’est un lieu qui se visite (sur réservation). Un projet de restaurant doit voir le jour. Et chaque année, le festival Equestria propose, au sein du haras, une série de spectacles équestres de haute volée. Les amateurs de chevaux et les autres s’y retrouvent au cœur de l’été pour hennir de plaisir...

Le marché au Marcadieu

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Les jours de marché, la Ville prend des couleurs. Le jeudi matin, les petits producteurs des vallées pyrénéennes descendent au Marcadieu, une immense halle de type Baltard. Haricots tarbais, volaille, porc noir de Bigorre, miels et fromages se vendent sur le carreau. Le samedi matin, c’est à la halle Brauhauban, rénovée récemment, que l’on achète son pur brebis des Pyrénées ou son gâteau à la broche d’Arreau (Hautes-Pyrénées). Les accents du Sud-Ouest chantent sous l’auvent végétalisé. Tarbes prend du relief...