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Le causse de Gramat : 3 randonnées secrètes

Par Sophie Denis

On croit connaître le causse de Gramat, vaste bloc de calcaire : un univers minéral peuplé de genévriers odorants, de caselles de pierres sèches et de moutons aux lunettes noires. Aride, oui. Monotone, sûrement pas. Car le causse cache bien son jeu pour qui ne sait pas prendre son temps. Il recèle des rivières couleur émeraude, des grottes comme des cathédrales et même une forêt. Ces trois balades révèlent tous ses secrets.

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Rocamadour

L'Alzou et l'Ouysse

Au départ de Rocamadour, un superbe itinéraire à pied, au fil d’un canyon de toute beauté : l’occasion de découvrir que les rivières disparaissent sous terre et de croiser des plongeurs venus du monde entier. La balade démarre tôt le matin, depuis le parking au bas de Rocamadour. Facile, il suffit de suivre, dans un premier temps, le GR®6 (balisé en rouge et blanc) qui suit la vallée de l’Alzou.

Le chemin s’enfile très vite entre d’imposantes falaises taillées en canyon. Il ne manque que des silhouettes d’Indiens en sentinelle pour se croire ailleurs… Un pont permet de passer sur l’autre rive, avant d’attaquer la montée jusqu’au col de Magès, à la frontière entre l’Alzou et l’Ouysse, autre vallée karstique créée à coups de méandres torturés.

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Le canyon de l'Alzou

Capricieuse résurgence de l'Ouysse

Nous descendons maintenant une petite route jusqu’au gouffre de Cabouy. Cette belle vasque entourée de végétation n’est pas alimentée par une source, mais par une résurgence. L’Ouysse, qui prend sa source dans le Ségala, vient de parcourir 25 kilomètres sous terre depuis Thémines et remonte enfin à la surface. Capricieuse, elle recommence un kilomètre plus loin, alimentée par des eaux d’infiltration.

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Résurgence de l'Ourse

L'Ouysse n'a pas livré tous ses secrets : des galeries souterraines inexplorées

Après avoir traversé une prairie, nous atteignons le gouffre de Saint- Sauveur, caché au fond d’une combe. Vision incongrue que ces eaux vert turquoise dans des paysages caussenards ! Plus étonnant, nous croisons trois Australiens équipés de lourdes bouteilles. Véritable gruyère creusé de galeries et de rivières, le causse du Quercy est sur le podium de la plongée souterraine, après la Floride et le Yucatan. Il attire des spécialistes du monde entier.

Quant au gouffre de Saint-Sauveur, il en est l’Everest (inversé !) : un parcours difficile avec une première descente sur 150 mètres, jusqu’à une profondeur de 70 mètres, puis un palier de 550 mètres, avant une deuxième descente à 180 mètres. Un monde inaccessible pour le commun des mortels, qui n’a pas livré tous ses secrets puisqu’une partie de l’ Ouysse souterraine n’a encore jamais été explorée…

Retour sur la terre. De l’autre côté du gouffre, un sentier grimpe sous la futaie, jusqu’à une arche de pierre calcaire creusée par l’érosion. Une grotte, fermée par une grille, protège une colonie de chauve-souris. À nos pieds, l’Ouysse décrit un méandre, couleur lagon. Splendide.

En savoir plus 

  • Carte : IGN 1/25 000, « Gramat- Rocamadour », 2137 E.
  • Topoguide « Le Lot à pied », PR®11. Boucle de 8 kilomètres, départ de Cabouy ; Fédération française de Randonnée.

La Braunhie

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La Braunhie

Il y a forêt et forêt. En suivant la D146 qui vient du village d’Espédaillac, inutile de chercher de hautes futaies. On ne trouve que de petits bois de chênes pubescents, d’érables de Montpellier et de cornouillers, alternant avec des pelouses sèches, arpentées par des moutons. Le massif de la Braunhie en est couvert, car il est resté sauvage, peu cultivé. Il n’est pas rare d’y croiser un chevreuil en vadrouille…

Rien de tel qu’une balade à pied pour nous imprégner de cet univers particulier. Elle part du parking de Planagrèze, sur la D42, en direction de Caniac-du-Causse. Un sentier balisé en jaune mène, en quelques pas, à une « igue » (gouffre). Une simple ouverture dans le sol, comme il y en a tant sur le causse. Cette igue-là recèle dans ses entrailles, à 270 mètres, une rivière aux eaux cristallines. Elle fut explorée en partie par le géographe-spéléologue Édouard-Alfred Martel, découvreur de Padirac en 1889.

À proximité, se dresse un dolmen. On en compte 600 dans le Lot, la plupart à Gramat, soit une des plus fortes concentrations de France. Celui-ci date de 2 000 ans avant notre ère et servait de sépulture : le tumulus qui le recouvrait a disparu.

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La Braunhie

Les lacs de Saint-Namphaise

Le sentier conduit à travers des paysages typiques. Des champs entourés de murets de pierres sèches, dont certains ont conservé leur clède, une barrière en genévrier ; des dolines ou « cloups », des dépressions plus ou moins rondes nées de la dissolution de la roche calcaire et dont le sol argileux pouvait être cultivé ; une caselle, l'abri des bergers. Et ce muret percé d’une ouverture : « lou countodou » servait à faire passer les moutons un par un, pour les compter…

Nous avions entendu parler de lacs sur le causse. Il y en a un devant nous. Oui, ce modeste point d’eau enchâssé dans le calcaire mérite l’appellation de « lac », dans le causse aride. Alimenté par la pluie ou une source, il a été taillé à main d’homme dans la pierre, pour abreuver les troupeaux. Nombreux sur le causse, ils portent le nom de Saint-Namphaise, un officier de Charlemagne retiré en ermite dans la forêt de la Braunhie, qui aurait creusé des lacs dans le rocher pour faire pénitence. Il est devenu le patron des bergers, reconnaissants, et son sarcophage repose à Caniac, dans la crypte de l’église Saint-Martin.

En savoir plus

  • Carte : IGN 1/25 000 « Cahors- Saint-Cirq-Lapopie-Vallées du Lot et du Célé », 2138 OT.
  • Trois circuits d'intérêts (entre 5,5 et 14,5 kilomètres) sillonnent le secteur : « Fonds de la Braunhie » ; « Igue de Planagrèze » ; « La Braunhie de Saint- Namphaise ».
  • Guides disponibles sur : tourisme-labastide-murat.fr

Le Cuzoul de Sénaillac : plongée dans les entrailles de la Terre

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Le gouffre du Cuzoul de Sénaillac

À force d’entendre parler de gouffres et de grottes, c’est inévitable : on s’imagine dans la peau de Martel explorant les galeries de Padirac, et l’envie de jouer les spéléologues nous titille… C’est possible avec cette descente encadrée, accessible à tous, dans le gouffre du Cuzoul de Sénaillac, près de Labastide-Murat.

Un bois de chênes pubescents comme un autre sur le causse de Gramat, un sentier qui serpente sous les feuillus. Difficile d’imaginer que l’aventure commence à quelques mètres de là : un trou dans la pierraille, caché par les broussailles, mais signalé par un panneau qui mentionne, en noir sur fond rouge, qu’on ne s’aventure là qu’à ses risques et périls. Et impérativement sous la conduite d’un spéléologue.

Pour nous, il s'agit de Fabien Pinier. Notre guide distribue combinaisons et harnais, en prodiguant ses conseils. Toujours vérifier que la corde est bien attachée, laisser de l’espace avec son voisin, rester attentif. Nos casques sont équipés de lampe à acétylène, qui diffuse une lumière dorée. Ça devient sérieux !

Au fond du gouffre de Cuzoul de Sénaillac

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La salle des Gours dans le gouffre du Cuzoul de Sénaillac

« Qui veut commencer ? » La question est suivie d’un silence pesant. Nous nous lançons, car si nous attendons trop longtemps, nous allons trouver moins d’attraits à ce trou noir, profond de 18 mètres : « Il y a des bêtes au fond ? » Seulement des chauves-souris, peut-être un mouton ou un reptile, tombés par malchance… Dûment harnaché, nous commençons la descente. Malgré notre appréhension, cela se passe bien. Nous glissons le long de la corde et il suffit d’exercer une légère pression pour ralentir. Si seulement, il n’y avait pas tout ce noir en dessous, prêt à nous engloutir !

Terre en vue. La réception se fait sans problème sur une butte – en réalité un cône d’éboulis, formé par la chute du sol au-dessus. Tout autour, seulement le noir. « Il y a quelqu’un ? » Il est temps d’allumer la lampe à acétylène. La corde remonte chercher nos compagnons, en direction du trou vert et bleu : au-dessus, le monde est toujours là…

Nos yeux distinguent quelques formes de roches, mais pas de trace d’être vivant – ni mort, d'ailleurs. Tout le monde est arrivé. Fabien Pinier nous fait signe de le suivre, en prenant garde où nous marchons. Les roches sont rendues glissantes par l’humidité ambiante, autour de 90 %. De la buée sort des bouches et des narines. La température est de 12 °C. En file indienne, nous faisons le tour de la salle dite du Vélodrome. Un fabuleux décor de concrétions émerge du chaos noir, éclairé par le reflet cuivré des lampes. Stalactites, stalagmites et blocs de calcaire, modelés par le travail méthodique des gouttes d’eau.

Faire l'expérience du noir absolu

Surprise ! Derrière une roche, un passage étroit nous fait accéder à une deuxième salle dite des Gours, ces petits bassins formés par des dépôts de calcite. Ce tableau fantastique valait bien les quelques secondes d’appréhension avant la descente ! Fabien Pinier nous sort de notre rêverie : « Éteignez vos lampes ! » L’obscurité est totale, même quand on passe la main devant les yeux. Nous faisons l’expérience unique, quasi angoissante, du noir absolu.

C’est l’heure de remonter. Les cordes sont toujours là, vision rassurante. Le retour est plus sportif. Il faut se tracter soi-même, aidé par une corde qui relie un pied et une main. L’effort est réel, mais pas surhumain. Au-dessus, le bleu reprend ses droits. Bizarrement, en regardant une dernière fois en bas, on en vient à regretter le noir…

En savoir plus 

  • Kalapca Loisirs : Conduché, 46330 Bouziès. 05 65 24 21 01. kalapca.com Tarif : 28 € la découverte de spéléologie.
  • Offices de tourisme Coeur-de-Causse : 9 place de la Mairie, Labastide-Murat. 05 65 21 11 39. tourisme-labastide-murat.fr Gramat : Bourg. 05 65 33 22 00. vallee-dordogne.com
  • Parc naturel régional des Causses du Quercy : 11 rue Traversière, 46240 Labastide-Murat. 05 65 24 20 50. parc-causses-du-quercy.fr
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