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Nouveau Paris : prouesses d'architecture contemporaine

Par Dominique Lesbros
source : Détours en France N°220

La Ville-lumière n’est en rien figée et muséale. Ces dix dernières années, le paysage urbain a considérablement évolué. Paris change de visage, par petites touches mais de façon significative : des structures fraîchement sorties de terre apparaissent déjà comme des lieux de vie incontournables ou des pôles d’attraction touristique. Les monuments les plus imposants ont pris racine à la lisière de Paris.

La fondation Louis-Vuitton

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La fondation Louis-Vuitton, à Boulogne-Billancourt

Au cœur du bois de Boulogne, en bordure du jardin d’Acclimatation, un étonnant voilier semble flotter sur les arbres, toutes voiles gonflées. Ce vaisseau de verre a été conçu par l’architecte Franck Gehry, à la demande de Bernard Arnault, président du groupe LVMH, qui souhaitait un lieu d’expositions dédié à l’art contemporain. Ses 12 voiles courbes sont composées de 3600 panneaux de verre. Le bâtiment évoque aussi un iceberg; en guise de glace, 19000 plaques de béton d’un blanc très pur: le Ductal®. Il est sorti de terre en 2014, après cinq ans de construction et des tests très poussés de résistance au vent. Avec ses terrasses et leurs effets de transparence, d’ombres et de reflet, le monument abolit les frontières entre l’intérieur et l’extérieur.

Si Beaupassage... 

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Plusieurs raisons peuvent orienter vos pas vers ce nouveau passage. En premier lieu, l’attrait de la nouveauté : un îlot de 10 000 m2 dédié à la gastronomie, créé de toutes pièces dans le chic 7e arrondissement, entre le boulevard Raspail, la rue du Bac et la rue de Grenelle. Les gourmets y trouvent réunis en un même lieu les toques les plus en vogue du moment (Thierry Marx, Pierre Hermé, Yannick Alléno, Anne-Sophie Pic...) et des artisans de bouche renommés (le fromager Barthélémy, le boucher Polmard...). Des œuvres d’art contemporain signées Fabrice Hyber, Éva Jospin, Stefan Rinck et Marc Vellay réjouissent l’œil des esthètes. Les amoureux du patrimoine découvrent les façades jusque-là masquées du couvent des Récollettes et des immeubles Art déco mitoyens. Gourmandise ou curiosité, quelle que soit la motivation, la destination ne manque pas de sel.

Dans un autre style, découvrez aussi les vieux passages couverts de Paris.

La Philharmonie de Paris 

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La Philharmonie de Paris

Avec un brin de recul, la silhouette est fort intrigante. Est-ce là un vaisseau extraterrestre échoué sur le bord du périphérique ? Son déhanchement et son bec en soufflet sont-ils nés d’un atterrissage chaotique ? Jean Nouvel, père de la Philharmonie, l’a voulue ainsi : brillante, anguleuse, miroir argenté offert au ciel de Paris. Regardez son enveloppe en pavés de fonte d’aluminium: elle se compose de 340000 oiseaux, répartis en sept formes différentes et quatre teintes allant du gris clair au noir. Leur disposition figure un grand envol, une invite à prendre de l’altitude. Venez et grimpez sur la toiture pour jouir, à 37 m de haut, d’un point de vue unique sur l’est parisien. Le parc de la Villette se déploie en contrebas et l’on touche du doigt la Cité de la Musique, entité jumelle de la Philharmonie. Sous vos pieds se trouve la grande salle à l’acoustique et à l’architecture exceptionnelles. Enveloppante, modulable et aérienne, elle offre une intimité d’écoute inédite. La distance entre le chef d’orchestre et le dernier spectateur n’est que de 32 m (contre 48 à la salle Pleyel dont la jauge est pourtant inférieure).

Le tribunal de Paris 

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Le nouveau tribunal de Paris

Le palais de justice est resté sur l’île de la Cité. Le bâtiment venu en 2018 ourler le quartier des Batignolles se nomme, lui, tribunal de Paris. Cette subtilité de langage est avant tout un symbole : un palais est la résidence d’un roi. Or nul roi n’a vécu ici. Renzo Piano est l’auteur de cet édifice totem de 160m de haut et 37 étages, le troisième plus grand de Paris après la tour Eiffel et la tour Montparnasse. Trois adjectifs résument son architecture : luminosité, transparence, clarté – métaphore d’une justice moderne, imposante mais pas écrasante, en rupture avec l’ancien palais. L’accès aux audiences est extrêmement fluide : 2 minutes chrono entre l’accueil et l’une des 88 salles d’audience (un progrès comparé aux 34 km de couloirs et de galeries de la Cité, source de nombreux égarements). Magistrats, détenus et public empruntent trois voies de circulation distinctes. Autre nouveauté : les salles « goutte d’eau », en référence à la forme de la table centrale où le juge et les judiciables sont sur le même plan, assis autour d’une même table. Ce mode de « justice apaisée » ne concerne que les affaires civiles. Soyez curieux et poussez la porte de ce lieu ouvert où les audiences sont publiques. Le Socle est librement accessible, contrairement à l’IGH (Immeuble de Grande Hauteur) posé par-dessus, où se trouvent les bureaux des fonctionnaires et des magistrats. L’atrium – salle des pas perdus du XXIe siècle – est baigné de clarté grâce aux oculus percés dans le plafond et aux lustres évoquant une nuée de lucioles. Les salles d’audience, carrossées de bois blond et de mobilier blanc, sont à la fois sereines et solennelles. Un « tribunal de lumière et de verre », à découvrir absolument.

La Seine musicale 

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La Seine musicale, à Boulogne-Billancourt

Il est loin le temps où l’on produisait des autos sur l’île Seguin. La dernière Super 5 est sortie des chaînes de montage en 1992. L’étroite langue de terre dépendant de Boulogne-Billancourt est restée longtemps en déshérence, un projet d’aménagement chassant l’autre, jusqu’à ce que vienne s’y poser La Seine musicale. L’impressionnant bâtiment aux allures de paquebot est signé Shigeru Ban et Jean de Gastines, duo d’architectes déjà à l’origine du centre Pompidou- Metz. Les flancs du navire de béton épousent la forme de la pointe aval de l’Île. Il est coiffé d’une sphère, surnommée « l’œuf » ou « le nid », au sein de laquelle se trouve l’auditorium. Une grande « voile » composée de plus de 1000 m2 de panneaux solaires photovoltaïques, en rotation autour de la sphère, suit la course du soleil. Un escalier monumental mène aux jardins Bellini, aménagés sur le toit du « paquebot ». N’en boudez pas l’ascension : vos efforts seront récompensés par une vue magnifique sur la Seine et l’ouest parisien.

La cathédrale de la Sainte-Trinité

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La cathédrale orthodoxe de la Sainte-Trinité, à Paris

Un morceau de Russie est ancré depuis 2016 sur le quai Branly : le Centre spirituel et culturel orthodoxe russe (Cscor). La cathédrale, œuvre de l’architecte Jean-Michel Wilmotte, dresse dans le ciel parisien cinq bulbes recouverts d’un alliage d’or et de palladium, à effet mat, réalisés avec des matériaux composites très légers, utilisés pour les vaisseaux spatiaux et les yachts. La décoration intérieure n’est pas encore achevée : l’iconostase, à terme, sera en mosaïque. Les murs et le plafond sont recouverts d’une chaux importée de Russie. Des peintures murales habilleront bientôt l’espace, pour l’heure immaculé.