Une marcheuse contemple depuis le But de Lève (1 656 m) la portion de la via ferrata qui, en contrebas en face d’elle, se déploie à flanc de falaise. Au premier plan, les Rochers de Chironne (1 493 m) et, au fond, les Trois Becs : Roche Courbe (1 545 m), le Signal (1 559 m) et le Veyou (1 589 m).
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La via ferrata de Chironne, vertige de nature au cœur du Vercors

Une marcheuse contemple depuis le But de Lève (1 656 m) la portion de la via ferrata qui, en contrebas en face d’elle, se déploie à flanc de falaise. Au premier plan, les Rochers de Chironne (1 493 m) et, au fond, les Trois Becs : Roche Courbe (1 545 m),

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En bref

Résumé réalisé avec l’IA, validé par Détours en France.

  • Découverte de Chamaloc et du Vercors : Le village de Chamaloc, entouré de champs de lavande, sert de point de départ pour explorer le Vercors. Une visite de la Distillerie des 4 Vallées et l'observation des vautours fauves sont au programme.
  • Ascension de la via ferrata de Chironne : Équipés pour la via ferrata, les aventuriers découvrent un parcours réputé difficile, traversant vestiges historiques comme une voie romaine et offrant des vues spectaculaires sur le Diois.
  • Retour à la nature et à l'histoire : La descente se fait à travers une forêt de fayards, rappelant le lien historique entre l'homme et la nature. La via ferrata de Chironne est une aventure qui mêle adrénaline, histoire et communion avec le paysage du Vercors.

Notre première étape est le pittoresque village de Chamaloc, porte d’entrée du Vercors. Ce village agricole se découvre aussi en le respirant à pleins poumons, tant il est cerné de champs de lavande ! À la visite de sa distillerie à l’ancienne de lavande A.O.P. (Distillerie des 4 Vallées), nous pointons nos jumelles en direction des falaises, aire d’observation des vautours fauves située à l’entrée du bourg par le Parc naturel régional du Vercors. Ivres des fragrances de lavande fine et des mélèzes, nous filons jusqu’au parking, juste avant le tunnel du col du Rousset. Ce dernier, qui relie Die au sud à Saint-Agnan-en-Vercors, traverse sur plus de 750 mètres de long la falaise et permet de basculer au nord du côté du haut plateau et de la station de ski. Sur le lieu de rendez-vous, notre guide nous attend déjà prêt et équipé. Baudrier, longes de sécurité, casque, gants : nous nous harnachons avec l’indispensable paquetage de via ­ ferrata. Un topo rapide et quelques premières consignes donnent le ton de ce parcours exceptionnel, réputé « difficile ». Malgré l’échappatoire prévue pour contourner la section réservée aux ferratistes confirmés, une pointe d’appréhension nous gagne en examinant­ l’imposant parcours. Confiants et gonflés à bloc, nous nous mettons en marche, direction le départ de la via ferrata, à dix minutes. 100 mètres plus loin, nous voilà face à un vestige de l’Histoire : une voie romaine taillée à même la falaise. Les muletiers d’autrefois progressaient prudemment sur ce sentier étroit. Pendant des siècles, ces colporteurs transportaient toutes sortes de marchandises et ­ distillaient des nouvelles, plus ou moins fraîches, venues de la ville et du reste du pays. Nous marchons un temps dans les traces de ce lointain passé avant de bifurquer à droite via un chemin qui nous amène au pied de notre aventure. 

« Chironne », un nom

Dès les premiers pas de l’ascension, notre guide nous apprend que le nom « Chironne » trouve ses racines dans le vieux français « chiron », qui signifie pointe ou extrémité rocheuse. En l’absence de carte, les toponymes d’antan donnaient presque toujours des indications précieuses. Souvent en patois ou en vieux français, le sens s’est perdu. Autre exemple, le But de Nève, qui culmine au-dessus de nous à 1 656 mètres, provient d’un toponyme très courant dans la région : le « but », soit le sommet, l’extrémité. Quant au terme « nève », il désigne une forme de pointe, de coin. Et c’est bel et bien un sommet en forme de pointe qui nous observe.

Un parcours vertigineux

Tout en scrutant les cieux à l’affût de l’aigle royal ou du vautour fauve, nous entamons la via ferrata par la Chandelle, une montée sur une grande dalle idéale pour s’acclimater aux hauteurs. Les prises sont nombreuses et bien équipées. Une vue grandiose sur le Diois s’ouvre déjà devant nous. L’ascension nous mène à la brèche de la Chandelle, un passage via une fissure entre le massif et un beau monolithe, facilité par des appuis de part et d’autre. Quelques frissons sont au rendez-vous, avant de sortir de la section par deux poutres entre-coupées d’une courte montée en léger dévers. Là, une partie du groupe opte pour l’échappatoire qui permet de contourner la partie « très difficile ». Les plus aguerris continueront sur la traversée des toits, garantie d’affronter un passage très aérien de dévers et de surplombs en oblique. Les deux groupes se retrouvent peu après au-dessus pour traverser un magnifique belvédère creusé à flanc de falaise : la grande vire. À la fin de la corniche étroite, nous atteignons pour finir la sortie des dalles constituée d’une succession de ressauts et de murs légèrement inclinés avant de sortir sur la crête… et d’être récompensés de l’effort par un panorama extraordinaire à 360°.

Un voyage à travers les Fayards

On quitte ce monde du vertige pour entamer la descente en suivant les cairns balisant la ligne de crête. Cette portion de l’itinéraire est particulièrement agréable, la dense forêt de fayards offrant calme et fraîcheur bienvenus pour récupérer des forces. Ces majestueux hêtres constituent les pivots de l’écosystème local ; ils témoignent également d’une histoire humaine étroitement liée à la nature. Autrefois, une huile précieuse était extraite des faînes, les fruits du hêtre, pour l’alimentation et l’éclairage. Aujourd’hui encore, leur bois est très prisé en menuiserie, comme bois de chauffage, perpétuant ainsi une tradition séculaire. Ce lien profond entre l’homme et la forêt nous rappelle que le hêtre, aux côtés du chêne, du bouleau et de l’olivier, constituait l’un des quatre piliers de l’année solaire chez les Vertamocores, cet ancien peuple gaulois qui donna son nom au Vercors. Nous sommes bientôt de retour sur l’ancienne voie romaine et le parking. La transition est un peu brutale alors que tout notre être ressent encore les fortes sensations vécues, l’adrénaline des hauteurs. La via ferrata de Chironne au col du Rousset n’est pas qu’un simple parcours d’escalade. C’est une immersion dans l’Histoire d’un pays et une communion avec la nature. Si l’aventure vous tente, chaussez vos meilleures chaussures et ­ laissez-vous guider par l’appel de la montagne !