10 bonnes raisons de découvrir Bordeaux

Par Sophie Denis et Clio Bayle

Longtemps considérée comme la belle endormie, la ville de Bordeaux a été élue destination mondiale en 2017 par le guide de référence Lonely Planet. Elle devance Le Cap, Séoul, Lisbonne et même Los Angeles. Une bonne raison pour découvrir ou redécouvrir « the (new) place to be ». Et si cela ne suffit pas, nous vous donnons 10 autres bonnes raisons parmi lesquelles visiter sa toute nouvelle et ultramoderne Cité du Vin, festoyer dans ses bars et restaurants branchés comme le Mama Shelter ou La Tupina, se promener dans ses quartiers et quais réaménagés, percer l’énigme des momies de la crypte Saint-Michel, faire un saut dans le passé avec une balade dans le quartier Saint-Seurin…

Quai Bacalan à Bordeaux

Quai de Bacalan, la ville montre une partie du résultat de sa mue. Plus lisse, plus chic, le quartier devrait accueillir 10 000 nouveaux habitants d'ici 2030.

Se balader dans le quartier du Bacalan

La capitale girondine redécouvre avec son fleuve un peu de sa vocation maritime : l’estuaire est là, tout près, à un vol de mouettes après le pont d’Aquitaine. D’ailleurs, certains jours, le vent d’ouest apporte jusqu’ici des parfums d’océan.

Le quartier Bacalan est le plus évident témoin de cette ouverture vers l'Atlantique. Réputé mal famé, longtemps ignoré par les Bordelais, car il abritait usines, docks et maisons d’ouvriers, il est en passe de prendre sa revanche, boosté par l’ouverture du pont Chaban. On y trouve désormais résidences coquettes, restos branchés et hauts lieux des nuits bordelaises.

Une traversée du fleuve sur le Batclub

Le batclub


Au passage des bateaux, le tablier s’élève comme un ascenseur avec un système de câbles et de poulies animé par des contrepoids : un spectacle très impressionnant.

Mise en service en 2013, la navette Batclub permet le transport des Bordelais d'une rive à l'autre de la Garonne, entre Stalingrad et Lormont. Pour le prix d'un ticket de tram, elle offre l'une des plus agréables occasions de découvrir la ville vue du fleuve. Embarquez aux Quinconces pour une demi-heure de traversée.

La navette suit les quais : après les platanes des Quinconces, voici les Chartrons, l’ancien quartier des négociants devenu le repaire des antiquaires et des artistes. Jetez un coup d’œil en face sur l’autre rive, plantée d’arbres. Les Bordelais l’ont longtemps boudée : il a même fallu attendre 1875 pour qu’un premier pont, le pont de Pierre, la relie à la rive gauche ! À marée basse, vous pourrez distinguer des épaves émerger des eaux limoneuses : la navigation sur la Garonne n’est pas toujours de tout repos ! Un arrêt aux Hangars, qui abritent magasins et restaurants, avant de repartir vers le pont Chaban-Delmas, qui relie les quartiers Bacalan et de la Bastide. Plus loin, sur votre gauche, le quartier Bacalan est en pleine effervescence. Sitôt passé le quartier, la végétation reprend ses droits, les habitations se font discrètes, les oiseaux arpentent les berges limoneuses : un avant-goût de l’estuaire, aux portes de la ville.

Marcher sur le plus grand miroir d'eau du monde

Le miroir d'eau à Bordeaux


Incontournable ! Bordeaux est dotée depuis fin juillet 2006 du plus grand miroir d'eau du monde avec 3 450 m2. Face à la place de la Bourse, entre le quai de la Douane et le quai Louis XVIII il a été créé par le fontainier Jean-Max Llorca. le miroir d'eau est l'élément central des quais de Bordeaux rééaménagés par le paysagiste Michel Corajoud.

Les effets visuels qu'il induit sont une véritable aubaine pour les photographes amateurs ou professionnels et un régal pour les enfants.

Aller au cinéma dans une ancienne  église

Cinéma Utopia à Bordeaux


À deux pas, un autre lieu aimé des Bordelais : la place Camille-Jullian. Les terrasses s’y étirent au soleil et les étudiants y refont le monde à l’ombre d’une bien étrange église : Saint-Siméon fut lieu de culte du XVe siècle jusqu’à la Révolution, puis tour à tour salpêtrière, école navale de mousses, fabrique de conserves de légumes, garage à vélos... Rebaptisée Utopia, elle est aujourd’hui cinéma d’art et essai : visionner un flm dans une de ses salles, au milieu des stalles et des statues religieuses, est un des plaisirs du Bordeaux insolite.

5 Place Camille Jullian, 33000 Bordeaux. Tel : 05 56 52 00 03. http://www.cinemas-utopia.org/bordeaux/

Visiter la petite Bastille de Bordeaux

La petite Bastille à Bordeaux

Dans le cœur de Bordeaux, direction la Grosse Cloche  en passant par la rue Teulère, qui suit le tracé des anciens remparts. La Grosse Cloche en est une des six portes. Datée du XIIIe siècle, elle est contemporaine de l’enceinte de Philippe Auguste à Paris.  Derrière une petite porte en fer de sinistre allure : un escalier abrupt conduit jusqu’à des couloirs fermés par d’autres portes, aussi peu avenantes avec leurs judas grillagés : Bienvenue dans la petite Bastille de Bordeaux ! La Grosse Cloche servit en effet de prison à partir du XVIe siècle, pour de petits larcins : chapardage, vol de tronc, libertinage, désertion... Qu’importent les délits, les lieux n’en apparaissent que plus sinistres.  Sur les murs, des graffitis , des bâtons pour compter les jours, des armoiries, un drapeau anglais, des calvaires...

L’autre intérêt du lieu, plus riant, est l’horloge astronomique, en fonction depuis 1759. Surmontée à l’extérieur d’un léopard doré, elle dévoile à l’intérieur un mécanisme subtil qui a été récemment restauré : un horloger spécialisé le remonte tous les jeudis. Pour l’entendre en action, il faudra revenir les 1er janvier, 8 mai, 14 juillet, 27 août (en 1944, la libération de Bordeaux), 11 novembre, la Grosse Cloche ne célèbre que des fêtes civiles !

Plus de renseignements sur le site de l'Office de Tourisme ou au 05 56 00 66 24 ou 05 56 00 66 08.

Un voyage dans le temps dans le quartier intime de Saint-Seurin

Le palais Gallien à Bordeaux


Les ruines du IIIe siècle du palais Gallien. De carrière de pierre en décharge municipale cet ancien amphithéâtre a finalement été sauvé à la fin du XIXe siècle.

Une basilique gothique, une nécropole paléo-chrétienne, un théâtre gallo-romain, un hôtel Art nouveau... À deux pas de la place Gambetta se cache un quartier intime.

Des arbres, des pelouses, des enfants et des chiens qui jouent : la place des Martyrs-de-la-Résistance, que tout le monde ici appelle Saint-Seurin, du nom de la basilique qui la borde, est un îlot de verdure et de calme dans une ville plutôt minérale. Les habitués s’y retrouvent sur un banc à l’ombre, dans le jardin partagé du Clos Serein au pied de l’église, ou le week-end à la terrasse du P’tit Bar pour manger des huîtres du bassin.

Le quartier satisfera aussi les friands d’histoire et de monuments. À commencer par la basilique elle-même, du nom du quatrième évêque de Bordeaux au Ve siècle. D’allure plutôt massive, elle s’affiche d’abord romane, mais son porche gothique au sud est une vraie merveille.

Après le paléo-chrétien, pourquoi pas du gallo-romain ? Le palais Gallien est à 5 minutes à pied en passant par la rue du Docteur-Albert-Barraud.
 Plus qu’un palais, plutôt un colisée : les arènes de Bordeaux, qui pouvaient accueillir 15 000 personnes, font quand même presque la moitié de l’actuel stade Chaban-Delmas !

Découvrir les fameuses momies de Bordeaux

Les momies de Bordeaux

Après les geôles de la Grosse Cloche, l’énigme des momies. Une étrange affaire, qui démarra en 1791 : suite à la suppression des anciens cimetières, on exhuma dans celui du quartier soixante-dix corps parfaitement conservés. Pas de miracle, simplement un sol riche en carbonate de calcium. Mais pendant deux siècles, les momies de Saint-Michel, exposées dans la crypte de la flèche du même nom vont attirer des foules de curieux, depuis des écrivains comme Victor Hugo, Flaubert ou Stendhal jusqu’aux étudiants en médecine, qui, les veilles d’examens, s’ introduisaient dans la fèche pour récupérer un bout de peau, en gage de porte-bonheur ! On comprend qu’à ce régime-là, les momies aient beaucoup souffert... La crypte est fermée en 1979 et elles ont enfin droit à un enterrement en bonne et due forme au cimetière de la Chartreuse. Mais aujourd’hui, elles font leur retour à Saint-Michel. Les momies ont réintégré la crypte via un document sonore retrouvé dans le quartier.  Sur le mur déflent les silhouettes fantomatiques, une voix vieillotte s’élève, qui les passe en revue : « Un portefaix mort après un pari, avec le cuir épais comme celui d’un bœuf, une famille empoisonnée par des champignons, un homme qui a conservé sa langue, une nourrice qu’on reconnaît à la souplesse de ses seins... ! »

Plus de renseignements sur le site de l'Office de Tourisme ou au 05 56 00 66 24 ou 05 56 00 66 08.

Aller diner au Mama Shelter

Mam Shelter


À deux pas de la place Pey-Berland, la silhouette élancée de la Tour du
 Gaz, construite dans les années 1930, narguait les amoureux du Bordeaux classique. Voilà que cet ancien immeuble retrouve de sa superbe : il abrite depuis octobre 2013 le Mama Shelter, 5e du nom, après Paris, Istanbul, Marseille et Lyon. Un hôtel ? Un restaurant ? Plutôt un état d’esprit, concocté par Serge Trigano pour le concept et Philippe Starck à la déco. Un lieu de vie pluriel qui privilégie les rencontres dans une atmosphère urbaine, décalée et pétillante. Il n’a fallu que quelques mois au Mama Shelter pour devenir un incontournable de la vie bordelaise. Un phénomène qui n’est pas près de s’essouffler avec l’ouverture du roof top : au pied de la Tour du Gaz, la plus belle terrasse de la ville avec vue sur 
les toits de tuiles rousses et les flèches de Pey-Berland.
19, rue Poquelin-Molière.
 05 57 30 45 45 et mamashelter.com
Menus à partir de 16 € et chambres à partir de 49€.

En 2016 : visiter la toute nouvelle cité du vin !

Cité des civilisations du vin

Fer de lance du renouveau du quartier Bacalan, la Cité des civilisations du vin est le gros chantier de l'année à venir. Ni musée, ni parc à thème, elle se veut plutôt un lieu de découvertes et d’expériences à travers l’histoire, la géographie, l’ethnographie, les arts et les sens. « Bordeaux est la capitale économique mondiale du vin, il lui faut maintenant en devenir la capitale culturelle », souligne Stephan Delaux, président de l’office de tourisme. Implantée au bord des bassins à flot et de la Garonne, la Cité sera aussi une vitrine d’exception pour les vignobles bordelais. Robert Parker et Pierre Arditi ont accepté d’en être les ambassadeurs.

Ouverture en 2016. La Cité des civilisations du vin sera construite sur la parcelle dite du "site des Forges", située dans le quartier des Bassins à flots.  citedescivilisationsduvin.com

Tester les bonnes adresses du Bottin Gourmand

Restaurant la Tupina


Appétit de moineaux, s'abstenir ! La Tupina est un temple en l'honneur de la bonne chère du Sud-Ouest.

Une cuisine en Ville
Une cuisine sincère, franche et aux saveurs parfois inattendues. Le chef Philippe Lagraula, finaliste de la première édition des Talents Gourmands, a le projet d’ouvrir « Miraflores », un bar à tapas, dans le cœur du quartier Saint-Pierre de Bordeaux. 
À suivre...
77, rue du Palais-Gallien. 05 56 44 70 93 et une-cuisine-en-ville.com.

La Tupina
La Tupina (chaudron en basque) est le rendez-vous des sérieux coups de fourchette : pour la volaille, la viande et... la carte des vins ! Depuis 45 ans, Jean-Pierre Xiradakis est l’ambassadeur « rabelaisien » de la cuisine du Sud-Ouest.
6-8, rue Porte-de-la- Monnaie. 05 56 91 56 37 et latupina.com.

L’Air de Famille
Dans ce bistrot, le produit frais est roi ! Un œuf cocotte et magret fumé, une terrine de campagne, un jarret de bœuf confit, une daurade rôtie...

15, rue Albert-Pitres. 05 56 52 13 69 et lairdefamille.eresto.net.

 

Carnet d'adresses pratique

  • Office de tourisme de Bordeaux
    12, cours du 30-Juillet. 05 56 00 66 00 et bordeaux-tourisme.com.
Le Bordeaux Monuments Pass donne accès entre autres à la tour Saint-Michel, au palais Gallien, à la porte Cailhau, à la nécropole de Saint-Seurin et à la Grosse Cloche. 12 €, du 1er juin au 30 septembre.
  • Comité de tourisme de la Gironde
    21, cours de l’Intendance, 33000 Bordeaux. 05 56 52 61 40 et tourisme-gironde.fr.
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