Balade dans Quimper

Par Dominique Le Brun
source : Détours en France n°166, p. 48

Des quais ombragés de l'Odet au mont Frugy, des venelles médiévales au quartier de Locmaria, il faudra vous plonger dans le vieux Quimper pour apprécier les richesses d'une ville où l'art, l'histoire et la culture tissent l'âme profonde de la Cornouaille.

Cathédrale Saint-Corentin, Quimper


La cathédrale Saint-Corentin, joyaux de la ville, et la statue équestre de Gradlon qui se dresse entre les flêches.

Quimper tient son nom du mot breton kemper, qui signifie « confluence ». C’est au carrefour de l’Odet et du Steir que la ville s’éleva, fondée selon la légende par Gradlon, roi de Cornouaille au VIe siècle. Gradlon offrit sur ce site un refuge à l’ermite Corentin.

La place Terre-au-Duc


Oublié le parking qui meurtrissait la ravissante place Terre-au-Duc. La toponymie des voies alentour nous raconte le temps où cette partie de la ville était propriété du duc de Bretagne : rue de la Herse, venelles du Pain-Cuit, du Moulin-au-Duc. Le Steir, qui coule juste derrière ces maisons, marquait la frontière avec la ville épiscopale.

Un peu d'histoire

Aux origines de Quimper, les mythes se confondent avec les  récits historiques de l'époque. Daté de 1235, la vie de Saint Corentin attribue la fondation de la ville au roi Gradlon, fuyant Ys l'engloutie. La vérité est qu'en cet endroit existait déjà une agglomération très ancienne : Civitas Aquilonia (La Cité des Aigles) que les conquérants romains avaient fondée là où l'estuaire était assez étroit pour être facilement traversé, tandis que le mont Frugy permettait de contrôler les alentours.

Les remparts de Quimper


Depuis la gare, on rejoint le centre-ville. Une minimuraille se dresse : il s’agit d’une partie des remparts de 1 500 mètres datant du XIIIe siècle. Une fois la porte franchie, on se trouve dans les jardins de l’Évêché et l’ancien palais des évêques de Cornouaille (XVIe-XIXe siècles) qui abrite le Musée départemental breton. Costumes, faïences, mobilier, mais aussi arts populaire et ancien y sont exposés.

La rue Laennec à Quimper


La rue Laennec honore le médecin quimpérois inventeur du stéthoscope : René Laennec (1781-1826). Au bout de la rue, dans l’axe de la perspective, on remarque un hôtel particulier : c’est celui de René Madec (1738-1784), autre enfant de Quimper au destin fabuleux. À 9 ans, il embarque pour la première fois, puis part pour l’Inde. À 20 ans, il se fait mercenaire au service du Grand Moghol, devient lieutenant général de l’Empire moghol, nabab et roi du Dekkan ! Las de lutter contre les Anglais et immense fortune faite, il rentre en France en 1779. Anobli par Louis XVI, l’aventurier meurt banalement des suites d’une chute de cheval, en 1784.

La place Saint-Corentin


La très vaste place Saint-Corentin est entièrement piétonnière. Un vrai luxe. D’un côté, la cathédrale Saint-Corentin, de l’autre, la mairie et le musée des Beaux-Arts. Sans oublier les immenses terrasses des deux cafés avec vue sur la cathédrale où s’arrêter pour scruter les détails du granit sculpté du sanctuaire, et pour lever les yeux vers les hauteurs de ses flèches de 36 mètres réalisées au XIXe siècle.

La rue Kéréon à Quimper


La rue Kéréon (autrement dit, des cordonniers) est l’artère du centre-ville. Maisons à colombages, à encorbellements (la demeure de gauche date de 1552).