Martigues : la Venise provençale

Par Sandrine Moirenc
source : Détours en France n°165, p. 72

Martigues est naturellement gâtée par la géographie. En trois quartiers distincts – Ferrières, l’Île, Jonquières – elle s’ouvre tant du côté Camargue que vers la Côte Bleue. Si elle n’est plus le paisible village de pêcheurs d’autrefois – Martigues a su préserver son charme de gros village lacustre.

Encore une cité traversée par quelques canaux qui lui valent l’appellation de petite Venise ? Toutes proportions gardées, elles ont des points communs: remplacez les raffineries et le port de Trieste par celui de Fos, les gondoles par les pointus et vous y voici.

Le miroir aux oiseaux à Martigues


Dans le quartier de l’Île, le Miroir aux oiseaux constitue un décor urbain enchanteur. Les « barques aux douces couleurs » que chantait Alibert dans l’opérette « Adieu ! Venise provençale » semblent immuables. Tout comme une lumière vive, qui entre ciel et eau décline une infinie variété de bleus. Le peintre Félix Ziem,
 y créa son atelier, Derain, Dufy, Renoir, Picabia y ont travaillé sur le motif.

Pointus dans le port de Martigues


C'est ici que le canal Saint-Sébastien rencontre celui du Galliffet, pour rejoindre ensuite l'étang ou la mer. Ce splendide plan d'eau décoré d'une flotille de pointus aux voiles latines et bordé par de vieilles demeures de pêcheurs, en plein centre-ville, est un véritable tableau de maître, classé depuis 1942. Il a d'ailleurs inspiré nombre de grands peintres.

Canal Saint-Sébastien


Dans l’Île passe le petit canal Saint-Sébastien où sont amarrés des bateaux de plaisance. Il rejoint le canal de Galliffet.

Le pont de Beausengue


Le pont de Beausengue enjambe le canal du même nom et donne accès à l’Île.

l'église Sainte-Madeleine


Par la rue Marcel-Gady, on arrive à l'église Sainte-Madeleine, bel exemple de l'architecture religieuse baroque provençale du XVIIe siècle.

Notre-Dame-de-la-Miséricorde


Au sommet de la colline dominant la ville en belvédère sur le canal de Caronte, la chapelle Notre-Dame-de-la-Miséricorde (XIIe siècle) déploie un panorama grand angle sur l’étang de Berre, la chaîne de l’Estaque et les collines de Saint-Mitre.

Fort de Bouc


Fort de bouc joue son rôle de vigie à l’embouchure du canal de Caronte.
 Les bâtiments que l’on voit aujourd’hui datent du
 XVIIe siècle et sont le fruit d’une reconstruction selon les plans de Vauban.