Riom : un patrimoine préservé

Par Sophie Bogrow et Dominique Roger
source : Détours en France n°174, p. 40

La rivalité entre Riom et Clermont-Ferrand a imprimé dans la pierre de chacune un caractère singulier. « Riom le beau, Clermont le riche », affirme le dicton. Riom, tout en retenue, peaufine son patrimoine.

Église Notre-Dame-du-Marthuret


Église Notre- Dame-du-Marthuret. Elle arbore le style gothique languedocien. Sur sa façade, on peut admirer une copie de la Vierge à l'oiseau en calcaire polychromé, l'original étant à l’intérieur.

Les caractères opposés de Riom et Clermont, s’illustrent à partir du XVIIIe. Riom, qui détient la cour d’appel depuis le début du XVe siècle, a l’opulence de bon aloi et la parcimonie des notaires. De l’architecture nouvelle, elle ne retient que les façades. Elle les plaque astucieusement sur des demeures presque toutes rebâties à la fin du XVe siècle, après un grand incendie qui fit aussi table rase des ruelles tortueuses. Ici, tout est orthogonal.

Vue de la chaussée, la rue du Commerce, l’artère principale, vous frappe par l’élégance rectiligne des perspectives, l’harmonie régulière des étroites façades, leurs trois étages réglementaires de fenêtres soulignés de ferronneries délicates et de la pierre sombre de Volvic. La ligne de fuite se perd sur fond de ciel vacant, parce que la ville est bâtie sur une butte en dos d’âne. Au sommet, les demeures les plus singulières se rassemblent autour du carrefour des Taules : une ultime construction à pans de bois datant du XVe siècle, conservée comme un témoignage ; l’hôtel Soubrany et sa superposition d’encadrements ouvragés ; la noire maison des Consuls (XVIe siècle), une des rares à rompre avec éclat l’alignement, riche d’une galerie à forte colonnade et d’une haute toiture Renaissance...

La maison des Consuls

En pierre brune de Volvic, la maison des Consuls, rue Soubrany 
à Riom, a été construite au
x VIe siècle. Sa façade est ornée d’une salamandre, l’animal emblématique de François Ier.

La ville de Riom depuis le sommet de la tour de l'Horloge


Sculptée dans l’andésite, la pierre noire typique de la région, la ville de Riom se laisse découvrir depuis le sommet de la tour de l’Horloge, l’ancien beffroi médiéval reconstruit à la Renaissance. On distingue,
à gauche, le clocher de Notre-Dame-du- Marthuret et, à droite, la basilique Saint-Amable.

Entre deux boutiques, les portes sculptées se parent de rouge sombre, de bleu pétrole ou de vert céladon. On en pousse une, dans une épaisse muraille : c’est la tour de l’Horloge, tour octogonale Renaissance, qui se termine très haut en kiosque campanile. Le mieux est encore d’enquiller les cent trente marches du colimaçon étriqué menant à son belvédère en plein vent : sur trois cent soixante degrés d’horizon − tranchés nettement entre la Limagne cultivée, à l’est, et les premières collines boisées de la chaîne des Puys à l’ouest − on comprend d’un seul coup cette histoire de façades. Toute cette sobriété est une mise en scène, et cache, sur la profondeur des maisons, un enchevêtrement complexe de toits roses, de terrasses, de courettes en puits, d’appentis et de tourelles...

Hôtel Amable

L'hôtel de ville
 de Riom occupe l'ancien hôtel Amable de Cériers depuis la fin du XIXe siècle. Ici, la cour intérieure marquée par l'influence italienne.

Cela donne envie d’y voir de plus près, de pousser les rares portails ouverts, comme celui de l’hôtel Guimoneau (XVIe siècle), révélant tour d’escalier à claire-voie, galeries en arches et décors sculptés de statuettes et de médaillons.
 À deux rues de là, c’est la cour de l’hôtel Amable de Cériers, siège de l’hôtel de ville, qui mélange gothique et Renaissance italienne. Ou encore les hôtels voisins Dufraisse (XVIe siècle) et Desaix qui abritent le musée des Beaux-Arts Mandet, fraîchement réorganisé. Mais la statue qui compte, ici, est celle de la « Vierge à l’oiseau » (XIVe siècle) conservée en l’église Notre-Dame-du-Marthuret (XIVe-XVe siècles) de style gothique languedocien. Elle a l’air de trôner sous le grand portail, blanche sur la dentelle noire et gothique de la façade, mais ne vous y fiez pas. Celle-ci est une copie, souvenir du temps où l’original était caché là en pleine vue, sous un badigeon gris : la vraie, à l’intérieur, est restaurée dans sa polychromie d’origine.

Église de Marthuret


Gracieuse et élancée, élevée à partir de 1308, voici l'église Notre-Dame-du- Marthuret. La tour gauche (à droite sur la photo) est surmontée d’un dôme reposant sur huit colonnes.

Riom l’oubliée aimerait bien qu’on ne vienne plus chez elle par hasard, parce que la halte est plus commode et rapide que dans la métropole clermontoise. « On a plus à offrir qu’une prison et un palais de justice, vous savez ! Le quartier populaire des tanneries par exemple, au sud-ouest de la ville ancienne : peu de maisons y ont gardé leur grenier séchoir ouvert, mais si on marche en tendant l’oreille, on entend la rivière qui coule par-dessous, et au fond des cours closes, invisible. Et puis, avez-vous vu la Sainte-Chapelle ? ». Cette chapelle poussée en graine qui desservait jadis le palais du duc de Berry n’est accessible qu’à dates fixes, et par le premier étage de la cour d’appel, qui a remplacé celui-ci. Un des rares ajouts du XIXe siècle à la ville, avec la caserne Vercingétorix et la manufacture des tabacs, toutes deux désaffectées...

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