Les plus beaux châteaux de la Loire dans le Loiret

Publié par Philippe Bourget  |  Mis à jour le

A moins de deux heures de route de Paris, ce département traversé par la Loire n'est pas aussi fourni en grands châteaux que la Touraine mais il abrite une série de nobles demeures propices à de belles escapades campagnardes. Des bords du fleuve à la Sologne, cap sur un territoire où rois et puissants ont aussi séjourné.  

Quels sont les logis prestigieux incontournables à visiter dans le Loiret (45) ?

Château de La Ferté-Saint-Aubin, le classicisme réinventé

A une vingtaine de km au sud d'Orléans, La Ferté-Saint-Aubin en impose avec ses bâtisses majestueuses posées au milieu d'un parc à douves, au bord des rives du Cosson. De facture classique, ce château construit aux XVIe et XVIIe s. appartint à un ministre d'Etat puis à des maréchaux de France. Il a repris vie il y a une vingtaine d'années après son rachat par une famille férue de patrimoine, qui l'a réenchanté et ouvert aux visiteurs. On y découvre la cour d'honneur, les écuries, les cuisines et les pièces d'apparat, toutes remarquables.

Château de Saint-Brisson-sur-Loire, de l'ancien et des jeux

Aux mains des mêmes propriétaires que le château de La Ferté-Saint-Aubin, cette demeure du XIIe s. située près de la Loire, entre Gien et Briare, présente les vestiges d'un donjon et d'une muraille crénelée qui lui servaient de défenses. Transformée en demeure de plaisance au XVIe s., remaniée au XIXe s., elle a rouvert en 2016 en misant sur des animations ludiques. Au-delà des salles, témoins de la vie châtelaine au XIXe s., elle présente  des copies de machines de guerre et des énigmes à résoudre lors de la visite. 

Château de Sully-sur-Loire, les riches heures de France

Située à l'écart des châteaux icônes du Val de Loire, la forteresse médiévale a joué un rôle politique fort. Refuge du duc de Sully, redoutable ministre des finances d'Henri IV, elle vit passer Jeanne d'Arc, Charles VII, Voltaire et même le Dauphin, futur Louis XIV. Des salles au parc, tout évoque cette étonnante destinée. On peut donc visiter Sully au prisme de ces « grands hommes », qui l'ont généreusement animée au fil des siècles. Ou avec l'œil du profane, simplement admiratif de cette forteresse aux airs militaires. 

Château de Gien, à l'affût des bords de Loire…

On ne vient pas à Gien que pour sa faïence, célèbre depuis le début du XIXe s. On s'y rend aussi pour son château, rare spécimen d'architecture pré-Renaissance dépourvu d'empreinte italienne, serti dans cette cité des bords de Loire. Abritant un musée de la Chasse, la demeure d'apparat bâtie à la fin du XVe s. pour la fille de Louis XI, a été complètement restaurée et brille par ses motifs de briques et ses larges toits d'ardoise. Le musée présente pour sa part les arts de la chasse pratiqués dans la région au fil des siècles. 

Château de Meung-sur-Loire, en odeur de sainteté

Une vingtaine de km en aval d'Orléans, voilà un château qui ne laisse pas indifférent. Cela fait en effet plus de 800 ans que cette imposante bâtisse trône près des rives du fleuve. Son histoire raconte celle des évêques d'Orléans, qui l'ont occupée du XIIIe s. jusqu'à la Révolution. Puissants et respectés, ils ont vu défiler ici plusieurs souverains, dont Louis XI. D'abord strictement médiéval, le château s'est agrémenté côté jardin d'une partie classique au XVIIIe s. A ne pas manquer : la salle de bains de l'Evêque et les souterrains. 

Quels sont les châteaux méconnus du Loiret à ne pas manquer ?

Hôtel Groslot, un palais d'Orléans pour les édiles

Ce n'est pas à proprement parler un château mais c'est sans doute l'édifice orléanais qui s'en rapproche le plus ! Dans un centre-ville joliment embelli ces vingt dernières années, le charme de cette bâtisse Renaissance saute immédiatement aux yeux, avec sa façade en briques rouges et losanges. Datant du milieu du XVIe s., on comprend mieux sa magnificence quand on sait qu'elle servit de résidence aux rois en visite, Henri III, Henri IV… C'est de nos jours l'Hôtel de Ville, dont les salons sont accessibles librement. 

Château de La Bussière, bonne prise au nord de la Loire !

A moins de quinze minutes de route au nord-est de Gien, ce château s'ouvrant largement sur l'étang qui le borde a changé de style au fil des siècles. D'abord place forte médiévale au XIIe s. et propriété de seigneurs, il est rebâti au XVIIe s. en briques et pierres et débarrassé de ses fortifications pour devenir une résidence de plaisance, agrémentée d'une orangerie, d'écuries et d'un parc dessiné par Le Nôtre. Remanié encore au XIXe s., la visite du château de la Bussière plaira aux fans de patrimoine… et aux amoureux de la pêche, avec son musée dédié. 

Château de Chamerolles, un musée au parfum romanesque

Des dix, le château de Chamerolles est le plus proche de Paris, situé à seulement 100 km au sud de la capitale. Parfait quadrilatère à pont-levis et quatre tours bordé d'un jardin à la française, son allure médiévale est nettement tempérée par une finesse et une élégance qui annoncent déjà la Renaissance. Edifié pour un gentilhomme de la cour de Louis XII portant le nom du héros romanesque Lancelot du Lac, le château de Chamerolles abrite, depuis sa restauration il y a trente ans par le département, une inédite exposition permanente sur les parfums. 

Châteauneuf-sur-Loire, grandeur et décadence d'un château de France

Où comment l'Histoire joua-t-elle un sale tour au palais de Châteauneuf-sur-Loire… L'ancien fief du duc de Penthièvre, petit-fils de Louis XIV et de « la Montespan », fut en effet déconstruit après la Révolution. Par bonheur, il en reste quelques vestiges de cet ancien château du Loiret, à l'image de la splendide orangerie, des écuries (siège du musée de la Marine de Loire) et d'un corps de logis devenu l'Hôtel de Ville. On s'y rendra aussi pour le parc, agréable motif de balade jusqu'à la Loire dans ce village où l'écrivain Maurice Genevois passa son enfance.  

Château de Bellegarde, souvenirs de « la Montespan »

Cerné de douves, le vieux donjon, comme les bâtiments en briques du château, valent pour l'ordonnancement original formé par les différents pavillons, entrecoupés par la tour ronde Capitaine. L'un de ces pavillons abrite l'Hôtel de Ville (voir les boiseries). On s'attache aussi au château pour la figure de Mme de Montespan. Fief du duc d'Antin au début du XVIIIe s., ce seigneur accueillit plusieurs fois sa mère au château. Les visiteurs apprécieront aussi la balade dans le jardin public, planté de rosiers.