Les spots incontournables de Saint-Brieuc

Publié par Philippe Bourget  |  Mis à jour le

Capitale des Côtes-d'Armor, Saint-Brieuc, indissociable de son cadre maritime, compense le « grand patrimoine » qui lui fait défaut par des sites naturels remarquables. Découpée par les vallées du Gouët et du Gouédic, responsables de sa topographie en creux et bosses, la cité se découvre autant dans l'intimité de ses quartiers que sur sa côte.

Cité Baby et Petit Monaco

Saint-Brieuc est une station côtière, ce que l'on peine à croire quand on déambule dans le centre de cette ville de Bretagne. Témoin, la plage du Valais, la seule vraiment en ville. Près du quartier du Bas Cesson, elle fut un repaire de petits pêcheurs. Des traces populaires résistent : à gauche de la plage, le Petit Monaco, et, à droite, la Cité Baby, dévoilent leurs cabanes sommaires et colorées, perchées au-dessus de la mer. Dans les années 1930, des « petites gens » installèrent ici leur villégiature de fortune. Certains étaient cheminots et avaient hérité de wagons réformés. Les toits arrondis que l'on voit encore racontent cette histoire, ainsi que celle des premiers congés payés.

Grand-Séminaire et Chapelle Saint-Yves

Trônant dans le quartier de Cesson, cet immense édifice de granit abrita, de 1927 à 1969, le grand séminaire. Rouvert en 2017 sous le nom de Maison Saint-Yves, saint patron de la Bretagne, le site accueille l'évêché. Passé le vaste cloître où s'élève la statue de Saint-Yves, la chapelle est l'un des joyaux de la région. De style Art déco, elle déploie un remarquable décor issu du mouvement Seiz Breur, créé en 1923. Mosaïques d'Odorico, symboles géométriques, murs peints… Éclairée par une lumière filtrant par de larges vitraux, la chapelle rayonne. Voir aussi la crypte, avec la fresque de Xavier de Langlais, autre membre des Seiz Breur.

Maison Louis-Guilloux

C'est une demeure à l'architecture « banale », quartier Saint-Michel. Une résidence à l'image de celui qui la fit construire et l'habita, Louis Guilloux (1899-1980). Ami de Camus et de Malraux, cet écrivain engagé et antifasciste, instigateur d'un lieu à Saint-Brieuc pour accueillir les républicains espagnols, obtint en 1949 le prix Renaudot pour Le Jeu de patience. Son roman Le Sang noir (1935), remarqué par Malraux, est l'un des plus connus. Sa résidence, devenue la Maison des Illustres en 2012, abrite son bureau, conservé à l'identique, et accueille plusieurs événements et expositions chaque année.

Vallée du Gouédic

Les ponts en arche d'Armor et du Toupin, jetés sur la rivière au début du xxe siècle, surplombent ce profond vallon, de même que l'esplanade située au bout de la rue Victor-Hugo, près du cimetière Saint-Michel. Transformée en parc de détente et de loisirs, la vallée accueille piétons et vélos, depuis le quartier de Robien jusqu'au port du Légué. Un poumon vert inédit de près de six kilomètres, avec étang, espaces fleuris, jeux et jardin de la biodiversité. On y accède depuis le centre-ville par les boulevards Clemenceau ou de Sévigné, et par le chemin de Belle-Isle.

Port du Légué

Le long du Gouët, fleuve côtier se jetant dans la baie de Saint-Brieuc, ce port raconte une double histoire. Celle d'un quartier, et celle d'une aventure maritime et industrielle prospère. Havre d'échanges dès le XVe siècle, port de terre-neuvas et de négoce (vin, charbon, lin…), il conserve cette vocation grâce à la pêche, à l'atelier de réparation navale et à l'énorme grue de levage. Sous le viaduc routier, le Carré Rosengart témoigne aussi d'une mutation. Le plus vaste espace industriel de Saint-Brieuc (10 000 m²) est un lieu hybride mêlant centre d'innovation, boutiques, bars… En face, côté Plérin, les quais aux anciennes maisons d'armateurs colorées abritent cafés et restaurants servant des spécialités des Côtes d'Armor.

Le centre ancien autour de la cathédrale

La cathédrale Saint-Étienne et les rues adjacentes forment le cœur historique. Bâtie au XIIIe siècle dans un style gothique, la cathédrale est l'une des seules églises fortifiées de Bretagne, avec ses tours Brieuc et Marie. Longue de 75 mètres, scandée de piliers en granit, elle livre plusieurs joyaux : un retable baroque rococo ; un tombeau d'évêque réfractaire ; un triforium ; les grandes orgues Cavaillé-Coll. Sur son flanc gauche, la place du Martray et ses halles de style Baltard s'animent les jours de marché. Rues Fardel et Quinquaine, on découvrira les plus belles maisons à colombages de la ville, dont la maison du Ribeault (XVe). À voir aussi : l'hôtel des Ducs de Bretagne (XVIe), de style gothique et Renaissance, situé sur la place Louis- Guilloux ; et le pavillon de Bellescize (XVIIIe), rue Servain, construit pour l'évêque du même nom.

Maison de la Baie d'Hillion

Cinquième au monde par l'amplitude de ses marées, la baie de Saint-Brieuc, son estran vaso-sableux et ses prés-salés sont un sanctuaire de la nature. À Hillion, la Maison de la Baie reçoit le public autour de sorties nature et d'animations pédagogiques. On apprend que la mer peut se retirer ici jusqu'à sept kilomètres à marée basse, que la baie est une usine à plancton, qu'elle abrite le plus gros gisement français de coquilles Saint-Jacques, qu'elle est un site de migration d'oiseaux d'Europe du Nord, qu'on y observe les requins-pèlerins, etc. Une heure de visite passionnante, sans compter les balades.

Domaine Rohannec'h

Dans le quartier Saint-Michel, cette villa et son parc dominent l'océan et le port du Légué. C'est sur ce promontoire de 80 mètres de hauteur, typique de la géographie tourmentée de Saint-Brieuc, qu'Alain Le Gualès de Mézaubran, un armateur local ayant fait fortune dans le transport maritime de voyageurs, fit construire cette villégiature néoclassique au début du XXe siècle. Rachetée par la ville en 1946 et restaurée, elle sera tour à tour école d'arts ménagers, lycée agricole et refuge pour migrants, avant de devenir, en 2007, un centre d'arts visuels et un parc public. On pourra regretter que la bâtisse ne soit pas plus souvent ouverte aux visiteurs, mais le parc offre une belle respiration et permet de rejoindre à pied le port du Légué.

Viaduc de Douvenant

De 1901 à 1918, le lancement des Chemins de fer des Côtes-d'Armor a permis la construction de plusieurs viaducs par l'ingénieur briochin Louis Harel de la Noë. Novateurs par l'usage alors inédit du béton armé, les viaducs de Saint-Brieuc, aujourd'hui délaissés par les trains, enjambent les vallons de la ville et ont été transformés pour certains en voie verte. C'est le cas du viaduc de Douvenant, en direction de Langueux. Long de 131 mètres, il présente quinze arches et, à 23 mètres de hauteur, il s'arrondit pour franchir avec grâce le vallon du Douvenant. Il est emprunté par la Vélomaritime, parcours de près de 1 500 kilomètres reliant la Manche à la mer du Nord.

Plage des Rosaires

C'est LA plage des Briochins. Sur la commune voisine de Plérin, cette splendide langue de sable longue de deux kilomètres, prolongée à l'ouest, à marée basse, par celle de Tournemine, rappelle l'aventure humaine de l'industriel Lucien Rosengart et de l'architecte Paul Marteroy. Au début du XXe siècle, les deux hommes décèlent le potentiel du site et décident d'y créer une station balnéaire. On peut toujours y admirer les belles maisons d'époque en pierres brunes et toits pentus, le Rosaria (ex-hôtel de luxe, 1913), les villas Ker-Lubec (1912) et Ker-Avel, le « manoir » Marteroy… De nos jours, on vient pour s'y prélasser, faire du longe-côte, pratiquer des sports nautiques, et ce sans plus de mondanités.