Les endroits les plus insolites de Marseille

Publié par Philippe Bourget  |  Mis à jour le

Conglomérat de villages réunis dans un décor de collines, la cité phocéenne ne se résume pas qu'au Vieux-Port, à Notre-Dame de la Garde ou… au Stade Vélodrome. Sur ses marges et même au centre, la 9ème commune de France par la taille cache des trésors naturels et patrimoniaux méconnus.

Le fort d'Entrecasteaux, nouvelle citadelle phocéenne

« Citadelle de Marseille » est le nom officiel donné à ce bastion depuis qu'il fait l'objet d'un intense projet de rénovation, afin de l'ouvrir au public. Dominant la rive sud du Vieux-Port, ce fort ordonné par Louis XIV pour surveiller une cité rebelle, vendu par l'armée à la ville en 2011, accueille d'ores et déjà des visites guidées et des évènements culturels. Au printemps 2024, ses jardins seront accessibles aux visiteurs, avant une ouverture complète attendue en 2026 avec café, librairie, espace muséal... 

Le château de la Buzine, lieu à la gloire de Pagnol

Il faut se perdre dans les quartiers Est, loin des plages et du centre-ville de Marseille, pour découvrir ce château ayant appartenu à Marcel Pagnol, chantre de la Provence populaire. Ancienne bastide du XVIIIème siècle telles qu'en bâtirent les riches négociants, armateurs et industriels marseillais aux marges de la ville, La Buzine accueille la Cité du Cinéma, lieu muséographique dédié au 7ème art, une médiathèque consacrée aux arts, un espace dédié à l'œuvre de Marcel Pagnol et des expositions temporaires. 

Eoures, à la rencontre d'un village en ville

Pour capter un peu l'esprit de Marseille et de ce Sud de la France, il faut se balader dans ce quartier excentré du 11ème arrondissement, le plus à l'Est de la cité phocéenne. Rien d'extraordinaire en soi, juste l'étonnement de la présence d'un tel quartier-village, lieu insolite dans la seconde métropole française... Placé sous la colline du Ruissatel (445 m d'altitude) et la montagne du Garlaban, loin du centre de Marseille, Eoures cultivait jadis vigne, oliviers et produits maraichers. Autour de la petite église et des vieilles maisons, il en reste un indéfectible air de campagne…

L'église et le « quartier » arménien, l'identité à vif

Ville-refuge pour nombre d'entre eux après le génocide de 1915, la ville abrite une forte communauté arménienne, discrète et intégrée. Elle possède ses sites et même son quartier. Avenue du Prado, la cathédrale apostolique arménienne, lieu insolite, est leur lieu de culte principal, avec des offices particulièrement émouvants. Plusieurs familles vivent à l'écart du centre de Marseille, à Saint-Julien, expliquant la présence dans ce quartier de l'école Hamaskaïne, seule en Europe à proposer un enseignement de la langue arménienne de la maternelle au lycée. 

Notre Dame de la Garde, le "plus" de la « face sud »

Les bus de ville et de tourisme, le « petit train » touristique, les piétons... Tous arrivent à la basilique Notre-Dame de la Garde, symbole de Marseille, par sa face nord et la montée de la Bonne Mère. L'arrivée à pied par le sud via le chemin du Bois Sacré offre un autre intérêt. Il exige de grimper par des traverses étroites et des escaliers au milieu des villas chics du quartier de Bompard, inconnu des touristes. Et nécessite un dernier effort dans la rocaille et les cactées, façon randonnée campagnarde inédite.

La cascade des Aygalades, activité nature dans les quartiers nord 

Si elle n'est pas tarie à cause de la sécheresse, cette cascade est l'un des lieux les plus insolites de Marseille. Cachée dans les quartiers nord, elle provient d'un ruisseau collectant les eaux d'un bassin versant. Enfouie et oubliée, la cascade des Aygalades a été redécouverte en 2001 et fait l'objet d'un réaménagement urbain depuis les années 2010. D'une hauteur de 8 à 9 mètres - tout de même - la cascade et son site sont accessibles en visite guidée, en principe, les premiers dimanches du mois (se renseigner à l'office de tourisme de Marseille). 

Le Château Pastré, visite d'une bastide de campagne

Au sein de la Campagne Pastré, un domaine de 112 hectares (dont 100 d'espaces naturels) situé au sud de la ville, ce château rappelle la réussite d'une grande famille marseillaise, les Pastré, dont cinq générations ont vécu ici. Bâtie en 1862, la demeure brille par sa façade imposante en pierre rose sertie dans un décor de pins et de verdure, au pied du massif calcaire de Marseilleveyre. Le château fut aussi un haut-lieu artistique, accueillant des intellectuels juifs en fuite pendant la guerre et d'autres après, comme Edith Piaf. 

Le marégraphe, la géographie à niveau 

La petite construction trône au ras de la Corniche, posée sur un rocher face à la Villa Valmer, au niveau de la mer. Normal, d'ailleurs, que le marégraphe de Marseille soit en bord de mer… puisque c'est cet appareil de mesure qui, à l'abri du bâtiment, détermine le point zéro de toutes les altitudes de l'Hexagone ! Appartenant à l'État et géré par l'IGN, le marégraphe de Marseille, construit en 1883-1884, est unique au monde et toujours en état de marche. Classé monument historique, le marégraphe de Marseille se visite en certaines occasions. 

Cloître Saint-Jérôme, l'expérience d'un laboratoire solidaire

Posé depuis les années 1930 sur la colline Saint-Bruno, dans les quartiers nord de Marseille à la réputation sulfureuse, il a été occupé par les Apprentis d'Auteuil de 1985 à 2016. Depuis, le cloître est devenu un pôle d'entreprenariat et d'innovation sociale, abritant des start-up de l'Economie Sociale et Solidaire. L'un des piliers du concept est « Les Jardins du Cloître », un restaurant formant des jeunes apprentis issus des quartiers difficiles. Ouvert au public, il permet aux visiteurs qui ont envie d'explorer la ville de déguster une bonne cuisine dans un cadre inédit.

Parc des Bruyères, la garrigue secrète et romantique dans la cité

C'est l'un des parcs les plus secrets de Marseille, connu des (quasi) seuls habitants des quartiers de Saint-Loup et de Saint-Marcel. Sur les versants du Vallon de l'Evêque, à la lisière du Parc national des Calanques, il s'étage entre 120 et 570 m d'altitude, au milieu des pins, des oliviers et des cistes. Un chemin en boucle dévoile un splendide panorama sur Marseille et la rade. Ce petit coin de paradis est aussi beau en fin d'aprè-midi avant le coucher du soleil qu'à l'aube quand la lumière surgit au dessus des collines.