Pulvérières, un étang et des volcans

Le sentier du grèbe huppé fait le tour de l’étang Grand de Pulvérières, site protégé à la faune et la flore exceptionnelles. - © Stéphane Gautier / Détours en France

Publié le par Philippe Bourget

L'essentiel

Résumé par l’IA, validé par la Rédaction.

  • L'étang Grand de Pulvérières, situé dans le parc naturel régional des Volcans d'Auvergne, est une zone exceptionnelle de biodiversité, classée espace naturel sensible, offrant une riche diversité d'espèces d'oiseaux, de libellules et d'amphibiens, tout en étant entourée de paysages volcaniques impressionnants.
  • Le parc des Volcans d'Auvergne s'étend sur 400 000 hectares, couvrant une diversité de milieux naturels, dont des prairies subalpines, des landes, des forêts, ainsi que des zones humides rares, mettant en lumière l'interaction entre les formations géologiques volcaniques et les écosystèmes uniques de la région.

Il est toujours utile de partir en balade avec un guide de parc naturel régional (PNR). Question de compréhension du milieu et de cadrage géographique. C’est ainsi que nous retrouvons à l’étang Grand de Pulvérières, 15 kilomètres à l’ouest de Volvic, Caitline Lajoie, garde nature au PNR. Nous voulions mieux comprendre la diversité des milieux volcaniques, nous allons être servis. Premier enseignement, le parc naturel régional des Volcans d’Auvergne, ce ne sont pas… que des volcans. « Le parc couvre 400 000 hectares, répartis entre le Puy-de- Dôme et le Cantal. La chaîne des Puys ne représente que 40 000 hectares. Nous sommes sur la partie la plus au nord de celle-ci, dans les Combrailles », explique la guide. Si plusieurs lacs sont d’origine volcanique, tel le gour de Tazenat, ce n’est pas le cas de Pulvérières. « C’est une exception dans la chaîne des Puys car c’est une zone imperméable […]. Si l’on trouve autant d’eau minérale de bonne qualité dans le territoire, c’est que partout ailleurs l’eau s’infiltre et est nettoyée par la roche volcanique », éclaire Caitline.

Caitline Lajoie, garde nature du parc naturel régional, fait découvrir aux visiteurs la biodiversité de la zone, depuis un poste d’observation.
Caitline Lajoie, garde nature du parc naturel régional, fait découvrir aux visiteurs la biodiversité de la zone, depuis un poste d’observation. © Stéphane Gautier / Détours en France

Volvic, Mont-Dore, Saint-Diéry, Sainte-Marguerite… le grand public, régional et au-delà, connaît ces marques d’eau de source. L’exception naturelle de Pulvérières permet d’évoquer les six grands milieux naturels qui constituent la chaîne des Puys. Un, il y a les prairies subalpines, au-dessus de 1 300 mètres. Deux, « sur les pentes et dans les combes, on trouve des prairies à mégaphorbiaies », des formations herbacées denses et assez hautes. Viennent ensuite, trois et quatre, les landes à callune et à myrtilles et les forêts de hêtraies-sapinières « aux sols couverts de prêles et de scilles fausses-jacinthes ». Ces espaces boisés sont une des images fortes du territoire. Restent, cinq et six, les prairies basses et les zones humides, « ripisylves et tourbières, très rares dans la chaîne », confirme Caitline.

Boucle de l'Étang Grand de Pulvières

Dans les zones sèches, il y a une grande diversité de plantes et d’insectes, tandis que les zones humides abritent batraciens et libellules, de nombreuses espèces d’oiseaux, dont le fameux grèbe huppé.
Dans les zones sèches, il y a une grande diversité de plantes et d’insectes, tandis que les zones humides abritent batraciens et libellules, de nombreuses espèces d’oiseaux, dont le fameux grèbe huppé. © Stéphane Gautier / Détours en France

Pour autant qu’ils soient accidentels, ces secteurs humides n’en sont pas moins riches. L’étang Grand de Pulvérières est ainsi une zone remarquable de biodiversité, classée espace naturel sensible (ENS). Géré par la LPO Auvergne, l’étang est aménagé pour le public grâce aux 2,4 kilomètres du sentier du grèbe huppé, qui en fait le tour. L’occasion d’observer une ou plusieurs des 149 espèces d’oiseaux et des 31 espèces de libellules recensées. D’écoute attentive en panneaux didactiques, on découvre ainsi l’épilobe à la séduisante couleur mauve et la reine-des-prés à fleurs blanches. On entend les grenouilles. On voit sur l’eau un grèbe huppé, immanquable avec sa tête ornée... Dans ce décor de marais, de roselières et de vasières vit aussi « le triton crêté, un amphibien. On peut apercevoir également des loutres et des oiseaux migrateurs », abonde la guide.

Un épilobe en épi, plante herbacée des lieux humides.
Un épilobe en épi, plante herbacée des lieux humides. © Stéphane Gautier / Détours en France

Oies bernaches, balbuzards…

Un observatoire ornithologique détaille les autres espèces observables, oies bernaches du Canada, sarcelles d’hiver, hérons cendrés, balbuzards pécheurs… Reste la présence « obsédante », tout autour, des volcans. Le puy de Louchadière domine les autres de peu, du haut de ses 1 198 mètres. Il est accompagné, sur sa droite, par le puy Chopine (1 181 mètres), symbolisé par son aiguille rocheuse formée par le magma perçant le socle cristallin. On aperçoit encore les puys «jumeaux » de Jumes (1 161 mètres) et Coquille (1 152 mètres), aux cratères peu profonds. La plupart ont leurs versants couverts de végétation. « Il y a moins de pâturages qu’autrefois car moins d’élevage, conséquence de l’exode rural. Le bois des forêts a aussi été utilisé pour la reconstruction après la Seconde Guerre mondiale. Le volcan de Lemptégy, lui, a été arasé pour sa roche. Elle a servi à reconstruire des villes comme Rouen », révèle Caitline Lajoie. Même autour d’un lac, difficile d’échapper aux volcans dans la chaîne des Puys…

Sources