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Les plus belles abbayes de France

Par Dominique Le Brun
, Dominique Roger
, Clio Bayle

Un peu plus de 800 abbayes sont aujourd’hui recensées sur notre territoire. Ce tour de France des merveilles architecturales monastiques, non exhaustif, est une invitation à découvrir un monde « hors du monde », d’autant plus nimbé de secrets qu’il nous est largement inconnu.

Les abbayes du nord

Royaumont (Val d'Oise, Île-de-France)

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Royaumont

À Royaumont, les bâtiments conventuels et ce qui reste de l’église abbatiale donnent une petite idée de l’abbaye que fonda le futur Saint Louis en 1228. Quoique d'architecture sobre, puisqu' affilié à l'ordre cistercien, l'ensemble avait jadis des dimensions exceptionnelles, comme le montre son cloître, le plus vaste de toutes les abbayes cisterciennes. L’immense dortoir et le sublime réfectoire à deux nefs – aujourd’hui aménagé en salle de concert – indiquent que l’abbaye accueillit jusqu’à 140 moines de choeur. Quant à l’église abbatiale, Louis IX la voulut aussi imposante qu’une cathédrale afin de pouvoir accueillir des foules de fidèles : 105 mètres de long ! Aujourd’hui, il n’en reste qu’un vestige stupéfiant, planté comme un crayon géant dans l’alignement du bâtiment des moines.

Les abbayes de l'ouest

Fontevraud

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Fontevraud

Aujourd’hui oublié, l’ordre créé ici par Robert d’Arbrissel (1045-1116) fut au XVIIe siècle l’un des plus puissants de France. Et le plus original sûrement, puisque, s’il réunissait hommes et femmes, la règle voulait qu’il fût dirigé par une abbesse. Plus qu’une abbaye, Fontevraud était une cité monastique, qui compta jusqu’à cinq quartiers, avant de devenir une prison. Si l'abbaye connut un tel développement, c’est parce qu'elle reçut l’appui de Rome en même temps que le soutien matériel des comtes d’Anjou. Et lorsque ces derniers devinrent rois d’Angleterre, Fontevraud devint une nécropole royale : Richard Cœur de Lion y repose !

Mont-Saint-Michel

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Mont-Saint-Michel

Pour ressentir soi-même la fascination que le Mont-Saint-Michel exerce sur ses visiteurs depuis le Moyen Âge, il faut le voir depuis les immensités de sa baie. La Merveille de l’Occident demande à être d’abord contemplée de très loin, posée à l’horizon sur les bancs de sable ou sur l’herbe rase des prés-salés. Mais c'est sous les voûtes de l’abbatiale comme dans le cloître dominant la baie, que le Mont-saint-Michel reste pour tous la merveille des merveilles.

Solesmes

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Solesmes

L’imposant édifice qui se reflète dans la Sarthe, quelques kilomètres en amont de Sablé, affiche des airs de monastère médiéval fortifié. Il n’en est pourtant rien. Telle qu’on la voit aujourd’hui, l’abbaye de Solesmes date des dernières années du XIXe siècle. Mais l’architecte tira son inspiration du palais des papes d’Avignon ainsi que de la merveille du Mont-Saint-Michel ! À l’origine, c’était un simple prieuré créé dans les toutes premières années du XIe siècle, agrandi après la guerre de Cent Ans et doté de remarquables sculptures à la fin du XVe et durant le siècle suivant. D’où ces voisinages de style qui, aujourd’hui, décontenancent le visiteur féru d’architecture religieuse.

Les abbayes du centre

Hautecombe

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Abbaye de Hautecombe

Surplombant les eaux sombres du Bourget, face au massif du Revard, l’abbaye bénédictine de Hautecombe, fondée au XIIe siècle, connut des heures grandioses en tant que nécropole de la maison de Savoie. Ce statut valut à l’abbaye de connaître des fastes inimaginables jusqu'au milieu du XVe siècle, puis de péricliter. Une campagne de restauration achevée au moment de la Révolution lui a redonné vie. Après l'abdication définitive de Napoléon Ier, plusieurs communautés monastiques s'y sont succédées. À défaut d’en abriter  aujourd'hui, l'abbaye est désormais connue comme un lieu de rencontres chrétiennes.

La Grande-Chartreuse

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La grande-Chartreuse

S’il est un lieu où l’expression "se retirer du monde" prend tout son sens, c’est bien la Grande-Chartreuse. En plein cœur du massif éponyme, au fin fond d’une combe, le monastère déploie ses hauts murs crépis de blanc et ses immenses toitures d’ardoise. Il fascine car il est à la fois visible et impénétrable. Il suffit de suivre la route forestière qui s’élève au-dessus du monastère vers le habert de Chartroussette pour le contempler à loisir. Mais dans cette forteresse du silence, des hommes ont choisi de vivre selon la stricte règle de saint Bruno. Pour chacun des pères chartreux, prière, travail, offices à l’église se succèdent jour et nuit à longueur d’année, toute une vie durant.

Cluny (Citeaux et Clairvaux)

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Cluny

À la fin du XIe siècle, moins de deux cents ans après sa fondation, l'abbaye de Cluny commandait 450 monastères et 1 500 prieurés, totalisant 10 000 moines bénédictins répartis dans tout l’Occident. Tel qu’on le voit aujourd’hui, l'ensemble n’a strictement rien à voir avec ce qu’il a été au Moyen Âge. Ses bâtiments abritent l’un des huit campus d’Arts et métiers Paris Tech. Et quel étrange destin… La fabuleuse abbatiale fut démantelée pendant la Révolution, puis elle servit un temps de carrière. Seuls à être restés debout, quelques vestiges permettent de visualiser, au sol, ce qui fut la plus grande église de la chrétienté. Quelques chiffres en illustrent le gigantisme. Longue de 187 mètres pour une largeur de 65 m et une hauteur sous voûtes atteignant 33 m, elle était connue pour accueillir jusqu’à 30 000 fidèles.

Les abbayes du sud

Moissac

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Moissac

La légende veut que l’abbaye de Moissac ait été créée par Clovis en 506, après sa victoire sur les Goths. Mais l’histoire affirme qu’il s’agit de Dagobert et de ses fils, entre 630 et 655. L’âge d’or de Moissac ne trouve cependant pas son origine dans une protection royale, mais dans le mouvement d’expansion de l’ordre de Cluny. À peine affiliée à la prestigieuse abbaye mère, Moissac s’agrandit et s’embellit. On peut rester des heures à admirer le tympan du grand portail de l’abbatiale Saint-Pierre, subjugué par la puissance de cette évocation de L’Apocalypse d’après saint Jean L’ évangéliste. Dans le cloître, on passera de nouveau un long moment dans la contemplation des dizaines de chapiteaux historiés.

Sénanque

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S’il est une abbaye où l’on ressent avec force la présence de l’esprit cistercien, c’est bien celle de Sénanque, près de Gordes, et pour deux raisons. La première est qu’une communauté de moines y vit et y travaille durement. La seconde est que ce monastère à l’architecture médiévale particulièrement remarquable est ouvert à la visite. Telle qu’on la découvre aujourd’hui, la partie ancienne de Sénanque est en effet identique à ce qu’elle était au XIIe siècle. C’est entre la fin juin et la mi-juillet qu’il faut venir à Sénanque, lorsque le lavandin est en fleurs. Comme les sillons s’allongent jusqu’à  toucher le chevet de l’église, le coup d’œil est tout simplement magnifique.

Abbaye de Lérins

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Abbaye de Lérins

L’archipel de Lérins constitue l’un des rendez-vous préférés des plaisanciers qui ont Cannes ou Antibes pour port d’attache : ils y mouillent l’ancre entre les îles sainte-Marguerite et saint-Honorat. Paradoxalement, cette dernière est le domaine d’une congrégation cistercienne, qui y maintient une présence monacale. De nos jours, ce bout de terre long d'à peine 1,5 km appartient à une trentaine de moines cisterciens qui y  produisent  des vins blancs réputés. Leur belle cote s'explique par des cépages rares et délicats (mourvèdre et viognier) portés par des ceps d’âge mûr, un terroir privilégié et surtout une exploitation exemplaire.