10 raisons d'aimer Briourde

Parmi les incontournables de Briourde, la basilique Saint-Julien, de style roman. Parmi les incontournables de Briourde, la basilique Saint-Julien, de style roman. - © Stéphane Gautier / Détours en France

Publié le par Philippe Bourget

L'essentiel

Résumé par l’IA, validé par la Rédaction.

  • Brioude, petite cité de Haute-Loire, attire par sa basilique Saint-Julien du XIIe siècle, le plus grand édifice roman d'Auvergne, et sa place Saint-Julien, idéale pour se détendre en terrasse après le marché du samedi.
  • La Bageasse, à 3 km du centre, offre un espace de baignade et de loisirs nautiques sur l'Allier, ainsi que des pique-niques concerts en été, et se connecte à la Via Allier pour les cyclistes.
  • À proximité, le château de Domeyrat, en cours de restauration, et Vieille-Brioude, village pittoresque sur un éperon rocheux, enrichissent le patrimoine historique de la région, tandis que Lavaudieu séduit par son abbaye romane intacte et son charme villageois.

La petite cité de Haute-Loire, sous-préfecture de 6 400 habitants, capte l’attention grâce à sa remarquable basilique du XIIe siècle, plus grande église romane d’Auvergne. Un alibi pour sonder la ville et ses proches alentours, bordés par l’Allier sauvage et marqués par une ambiance discrètement méridionale.

Basilique Saint-Julien

L'église romane affiche des proportions hors normes (74 mètres de long) dans sa robe de pierres rouges et beiges mêlant grès, calcaire et pouzzolane.
L'église romane affiche des proportions hors normes (74 mètres de long) dans sa robe de pierres rouges et beiges mêlant grès, calcaire et pouzzolane. © Stéphane Gautier / Détours en France

Elle trône au cœur de la ville comme un diamant dans son écrin. Bâtie au XIe et XIIe siècles en hommage à saint Julien, officier romain ayant refusé d’arrêter les chrétiens et qui fut décapité pour cela – son tombeau repose sous l’édifice –, l’église romane affiche des proportions hors normes (74 mètres de long) dans sa robe de pierres rouges et beiges mêlant grès, calcaire et pouzzolane. Une polychromie que l’on retrouve sur le clocher et à l’intérieur, avec des colonnes historiées, des peintures murales et des vitraux contemporains aux côtés de chapiteaux sculptés. Les 37 vitraux, œuvres du Sud-Coréen Kim En Joong, apportent une luminosité qui transcende l’art roman. Tout en galets de l’Allier, le sol a conservé son remarquable pavement d’origine. Il est martelé chaque samedi, jour de marché, par les chalands qui empruntent le passage nord-sud à travers l’église plutôt que de la contourner.

Place Saint-Julien

Ci-contre en bas à gauche, jouxtant la cathédrale, la place Saint-Julien et ses terrasses.
Ci-contre en bas à gauche, jouxtant la cathédrale, la place Saint-Julien et ses terrasses. © Stéphane Gautier / Détours en France

Il faut s’y trouver un jour de printemps ou d’été ensoleillé. Jouxtant la cathédrale devant son porche sud (admirer au passage la porte de la fin du XIe siècle ornée en partie de cuir et les deux anneaux animaliers), cette petite place prend alors les attributs d’un parvis méridional. On s’y attable en terrasse pour prendre un verre au Café de la Basilique ou à La Mirandelle (maison du XVe siècle à encorbellement, à la jolie façade ocre), ou déguster une crêpe au basilic ou une pizza chez Et cætera. Ses parasols et sa lumière sol y ombre en font la place la plus agréable de la ville, notamment le samedi matin quand les clients viennent se poser après avoir fait leurs courses.

La Bageasse

Moment nature dans les gorges de l'Allier et sur le plan d'eau de La Bageasse : pédalos, raft, structure gonflable.
Moment nature dans les gorges de l'Allier et sur le plan d'eau de La Bageasse : pédalos, raft, structure gonflable. © Stéphane Gautier / Détours en France

Si l’on cherche de la fraîcheur en été, c’est ici qu’il faut aller. À 3 kilomètres au sud du centre-ville, l’Allier, retenue par un barrage, forme un plan d’eau propice à la baignade (surveillée en saison) et aux activités nautiques(canoës, pédalos…). Bordée de hauts arbres, une vaste pelouse en pente fait office de plage. Lesmardis soir, enjuillet et en août, des pique-niques concerts sont organisés. On peut s’y rendre facilement à vélo depuis le centre de Brioude, d’autant mieux que La Bageasse est sur le passage de la Via Allier, invitation à poursuivre le pédalage. Le site, qui dispose d’un restaurant-guinguette, est aussi le point de départ du GR470® « Sources et gorges de l’Allier». Brioude enmode outdoor !

Château de Domeyrat

Le château de Domeyrat domine fièrement le village éponyme, du haut de son piton rocheux.
Depuis plus de 800 ans, le château de Domeyrat domine fièrement le village éponyme, du haut de son piton rocheux. © Stéphane Gautier / Détours en France

De hautes tours « gruyères » semi-ruinées surplombant un minuscule village. Ainsi se présente le château de Domeyrat, puissante forteresse médiévale campée sur un piton rocheux au-dessus de la vallée de la Sénouire, 12 kilomètres au sud-est de Brioude. Ce château fort vieux de800 ans est l’un des fleurons patrimoniaux du Haut-Allier. Fief d’une riche seigneurie auvergnate entre le XIIIe et le XVIIIe siècle, il est de nos jours l’enjeu d’une lente et minutieuse rénovation conduite par l’association « Domeyrat Réinventé ! » sous l’égide du Conseil départemental de Haute-Loire, son propriétaire. Le château est ouvert au public en été, l’occasion aussi de découvrir le village avec son pont médiéval et son église fondée par les moines de La Chaise-Dieu.

Fontaine Saint-Julien

La fontaine Saint-Julien, lieu de pèlerinage au style roman.
La fontaine Saint-Julien, lieu de pèlerinage au style roman. © Stéphane Gautier / Détours en France

C’est une petite construction relativement anonyme cachée entre la route deClermont-Ferrand et un lotissement, à la sortie nord de la ville. Il ne vaut certes pas le voyage à Brioude mais en dit long sur le culte longtemps voué ici à saint Julien, protecteur de chrétiens. C’est en cet endroit, selon la légende, qu’il fut décapité en 304 et que sa tête fut lavée par les soldats romains. Certains virent même dans la coloration rouge de la canalisation de sortie la preuve que le sang du martyr y coula. Autour de l’édicule roman protégeant la fontaine, une messe est célébrée chaque 28 août, le jour de la fête du saint.

Vieille-Brioude

À 5 km au sud de Brioude, Vieille-Brioude s’élève sur un éperon rocheux offrant un panorama exceptionnel sur la vallée de l’Allier et la confluence du Céroux.
À 5 km au sud de Brioude, Vieille-Brioude s’élève sur un éperon rocheux offrant un panorama sur la vallée de l’Allier et la confluence du Céroux. © Stéphane Gautier / Détours en France

Riverain de Brioude, dont il n’est séparé que par 5 kilomètres, le village de Vieille-Brioude se distingue par son site spectaculaire, un éperon rocheux où s’agglomèrent des maisons aux toits de tuiles dominant le confluent boisé du Céroux avec l’Allier. C’est depuis la D16 vers Saint-Ilpize, au sud, que l’on domine le mieux l’ensemble du bourg, cartepostale parfaite d’un village de la France provinciale. Son origine remonte à plus de 1000 ans, lorsqu’il est édifié à la place d’un château disparu. On pourra se balader dans ses rues et ruelles depuis l’église à tour-clocher et à la façade aux pierres colorées, ou bien s’égarer par quelques chemins qui plongent dans l’océan vert des rives de l’Allier.

Abbaye et village de Lavaudieu

Ci-contre, l'abbaye et village de Lavaudieu, l'un des "Plus Beaux Villages de France".
L'abbaye du village de Lavaudieu, l'un des "Plus Beaux Villages de France". © Stéphane Gautier / Détours en France

Un bijou de petite abbaye dans un des « Plus Beaux Villages de France ». Avouez que l’affiche est alléchante. À dix minutes de voiture de Brioude, Lavaudieu se blottit autour de son ancienne abbaye bénédictine, dominant les rives de la Senouire traversée par un jolipont en pierre. Édifiée dès le XIe siècle, l’abbaye dépendait de La Chaise-Dieu. Son cloître, scandé de colonnes simples ou doubles à chapiteaux sculptés, est le seul d’époque romane conservé intact en Auvergne. Le réfectoire, lui, resplendit de son immense fresque murale. En levant la tête, le clocher de l'église, tronqué à la Révolution, laisse voir à la place, un pic et un bonnet phrygien ! Quant au village, il séduit par ses ruelles pavées et ses maisons vigneronnes. Elles conduisent jusqu'au pont où la vue embrasse tout le village.

Hôtel de la Dentelle

L'épicentre mondial du point "Cluny polychrome" se trouve dans un ancien hôtel particulier.
L'épicentre mondial du point "Cluny polychrome" se trouve dans un ancien hôtel particulier. © Stéphane Gautier / Détours en France

Dans un ancien hôtel particulier dont une partie est du XV e siècle, voilà l’épicentre mondial du point « Cluny polychrome » ! Une spécialité dentellière qui ne dira rien aux profanes mais que l’on découvre à travers les très belles réalisations exposées en ce lieu, musée autant que centre de formation professionnelle. La célèbre « dentelle du Puy » est en réalité haute-ligérienne (de Haute-Loire) et Brioude en est l’un des cœurs. Fondé en 1986 par Odette Arpin, dentellière MOF (Meilleur Ouvrier de France), le site abrite des salles où sont exposées devéritables œuvres d’art, tels ce saumon en dentelle, qui a nécessité 700 heures de travail, ou ces accessoires de mode en dentelle decouleurs d’une finesse inouïe. À l’étage, des dentellières en formation font perdurer une tradition qui a vu, au XIXe siècle, jusqu’à 100 000 femmes travailler au fuseau dans ce département.

Le Doyenné

Le Doyenné est un espace d'art moderne et contemporain situé en plein centre-ville de Briourde.
Le Doyenné est un espace d'art moderne et contemporain situé en plein centre-ville de Briourde. © Stéphane Gautier / Détours en France

En plein centre ville, l'ancienne résidence de prestige du doyen du chapitre (un dignitaire religieux), dont l’origine remonte au XIIIe siècle, est depuis huit ans l’Espace d’art moderne et contemporain de la ville. Ici, pas d’accrochage permanent mais des expositions estivales d’artistes de renommée mondiale, grâce au carnet d’adresses et à l’entregent du commissaire d’exposition Jean-Louis Prat, ancien directeur de la Fondation Maeght. Jugez plutôt : Chagall en 2018, Miró en 2019, Nicolas de Staël en 2021, Picasso en 2022, Ernest Pignon-Ernest en 2023, Hans Hartung en 2024… Les œuvres prennent place sur les murs des trois étages, dont le plafond du second est décoré d’un magnifique décor peint de rectangles, d’écus armoriés, de motifs végétaux et d’animaux. Quand l’art contemporain rencontre le savoir-faire médiéval, cela fait mouche.

Maison du Saumon et de la Rivière 

La Maison du Saumon et de la Rivière, aquarium didactique où l'on apprend notamment l'origine de l'espèce.
La Maison du Saumon et de la Rivière, aquarium didactique où l'on apprend notamment l'origine de l'espèce. © Stéphane Gautier / Détours en France

Ne souriez pas, ce lieu est passionnant, car relié au passé de Brioude en tant que capitale française du saumon. Le mérite en revient à l’Allier. Dans cet aquarium didactique et avec les commentaires éclairés de Christophe Brugerolle, responsable du site, on apprend que l’espèce fut longtemps la reine de cette rivière, avec plusieurs milliers de saumons remontant chaque année son cours depuis Saint-Nazaire et la Loire. Las, en 2024, « nous n’en avons compté que 62 au niveau  de Vichy », se désole Christophe Brugerolle. Barrages et pollution sont la cause du recul, malgré plusieurs campagnes de repeuplement. La Maison décrypte le voyage des saumons depuis leur naissance jusqu’au retour aux sources pour pondre dans l’Allier, après un long périple vers le Groenland. Plusieurs bassins présentent d’autres espèces et la vie de la rivière. Captivant.

Sources

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