Compostelle : Roncevaux, haut lieu de la chrétienté

Par Hugues Dérouard
source : Hors-série Compostelle, p. 38
Publié le 02/12/2014

Roncesvalles, lit-on à l’entrée du village. L’Espagne se dévoile. Bientôt, tous les chemins se fonderont en un seul : le Camino francés se profile. Dans les pas d'un pèlerin sur la via Podiensis.

La chapelle Santiago et la chapelle Sancti Spiritus à Roncevaux.
A Roncevaux, la chapelle Santiago à côté de la chapelle Sancti Spiritus.

C’est « notre » Roncevaux. C’est ici que l’ancienne chapelle et l’hôpital des pèlerins, au col d’Ibañeta, furent transférés en 1132. Depuis les années 1980, la tradition hospitalière y a été restaurée par une petite communauté canoniale, aujourd’hui sécularisée. Ne manquez pas l’harmonieuse chapelle de
Santiago du XIIe siècle,
 gothique, où tous les
jours les pèlerins reçoivent la bénédiction. Son
pignon est couronné
d’un clocher où fut
installée la cloche de San Salvador de Ibañeta, qui orientait les pèlerins égarés par le brouillard. Juste à côté, se trouve le plus ancien bâtiment de Roncevaux, la chapelle – très basse – du Sancti Spiritus (également appelée chapelle de Roland) : elle fut érigée en style roman au XIIe siècle sur la roche où, selon la légende, Roland aurait brisé son épée Durandal après la défaite.

Le culte de Sanche le Fort ou de Roland n'exclut pas la ferveur : Roncevaux est une ville ambivalente.

Cette chapelle de plan carré et voûtée sur croisée d’ogives servait de sépulture aux pèlerins qui décédaient à l’hôpital. Non loin,vous passez sous le cloître du XVIe siècle endommagé par une avalanche en 1600, qui donne accès à la Real Colegiata de Santa María, collégiale royale construite vers 1200 avec son église, inspirée de Notre-Dame de Paris, et à la chapelle Saint-Augustin où vous verrez le tombeau de Sancho el Fuerte (Sanche le Fort) et, au mur, les chaînes des musulmans que ce roi de Navarre rapporta de la victoire de Las Naves de Tolosa.

Le musée de la Collégiale
Au rez-de-chaussée de la bibliothèque sont exposées des pièces d’orfèvrerie exceptionnelles, comme l’Évangéliaire des rois de Navarre (XIIe siècle). Vous y verrez également une masse d’arme, dite de Roland, qui imite celles de l’époque de Sanche le Fort. Également de belles peintures sur bois, dont un Triptyque de la Crucifixion (notre photo), une œuvre de l’atelier de Jérôme Bosch, et La Sainte-Famille, de Luis Morales. Ouvert tous les jours.