Yport : petit port et grand large

Par Hugues Dérouard
source : Détours en France n°158, p. 78

Beaucoup moins connue qu’Étretat, à 10 kilomètres de là, la petite station balnéaire d’Yport est un ancien village de pêcheurs. Son charme est irrésistible.

Yport


Vous venez de passer
par la valleuse du Curé, l’aiguille de Belval, Vaucottes. Yport est à vos pieds, bien protégé par la pointe du Chicard. Pendant des siècles, les Yportais grossirent les rangs des équipages des terre-neuvas et des « islandais ». Pêcheurs sans port, ils développèrent également une pêche côtière à bord des « caïques », barques ventrues, treuillées par des cabestans sur les galets de l’estran.

On le découvre blotti dans un vallon au bout d’une route sinueuse et boisée. Dans le bourg tout de brique et de silex se cachent des villas bourgeoises de la fin du XIXe siècle – dont une insolite villa mauresque – et son église dont l’intérieur est tapissé d’ex-voto. Deux falaises encadrent la plage de galets sur laquelle s’alignent de jolies cabanes blanches. Plus de marins-pêcheurs à Yport, mais toujours une pléiade de caïques colorées, ces bateaux traditionnels conçus pour être glissés sur les galets et qui font aujourd’hui le bonheur des amateurs de pêche en mer. Ici, l’ambiance est restée familiale, hors du temps, tant l’endroit, pourtant fréquenté par Eugène Boudin, Renoir, Maupassant ou Guide, a su rester authentique.