Que faire à Menton ?

Par Sophie Denis et Mireille Gignoux
source : Détours en France, n°149

Baignée par un climat d'une infinie douceur et un soleil omniprésent, Menton ne boude pas son plaisir. À mi-chemin entre ambiance French Riviera de la Belle Époque et Dolce Vita à l'italienne, la ville se visite en flânant, les yeux grands ouverts !  Entre la fête du citron, les jardins méditerranéens, le centre ancien et la place aux herbes, Menton regorge d'activités en extérieur... Suivez nos conseils pour (re)découvrir ce bijou baroque de la côte méditerranéenne...

dt149menton_ville_cm.jpg

Vue de Menton
Vue depuis le bord de mer, Menton offre une palette de couleurs pastel évoquant des agrumes : le jaune est doux, le rose est chaud, le vert s'incruste en pointillé.

Le parvis de la basilique Saint-Michel et les Rampes

Changement de décor sur le parvis Saint-Michel. Outre la jolie façade esprit baroque de la basilique coiffée d'un campanile à tuiles vernissées, remarquez le sol en mosaïque de galets blancs et noirs décoré d'un H stylisé qui rappelle les armoiries d'Honoré III de Grimaldi. De majestueux et superbes escaliers descendent vers la rue Longue, ancienne voie romaine, jadis unique route vers l'Italie. Ce sont les Rampes.

La fête du citron à Menton

Tous les ans est organisé le festival du citron, plus de 200 000 tonnes de cet agrume sont nécessaire pour constituer parades, bals, spectacles, corsos pendant deux semaines. Avec des thèmes divers et variés, c'est chaque année que les rue de Menton se parent de leurs plus beaux agrumes...

menton_citron_2014_office_2.jpg

Le sommet de la colline : une vue imprenable

Vous pouvez débuter votre flânerie depuis le sommet de la colline ou bien garder cette superbe vue pour la fin... De là-haut, le panorama sur la baie et sur les toits de la ville est magnifique. À l'emplacement qu'occupe aujourd'hui le cimetière, dernière demeure de Russes fortunés et d'Anglais venu soigner leur tuberculose, se dressait autrefois l'ancien château des Grimaldi.

Le labyrinthe du cœur de ville

Empruntez ensuite la rue du Vieux-Château, en pente douce jusqu'à la mer. Déclinant la palette des jaunes, du plus pâle à l'ocre foncé, les maisons sont imbriquées les unes dans les autres. Dans cette partie médiévale, trois ruelles, Lampedusa, Capodana, Acquasoma, portent le nom des pirates qui écumaient la Méditerranée, et qui, selon une légende, auraient fondé la cité.

dt149_menton_rue_compo_cm.jpg

Rue du Vieux-Château
1 - Rue du Vieux-Château, l'atmosphère médiévale de Menton bâti au XIIe siècle.
2 - Par la rue de Bréa, rejoignez la chapelle des Pénitents noirs.

Une fois à l'intérieur, attention à ne pas vous perdre ! En vous engageant dans une ruelle ou en empruntant un escalier qui semble être un raccourci, vous risquez de tomber sur un cul-de-sac. Cette singulière configuration du cœur de ville est en réalité un système de protection contre les invasions barbares, imaginé au XVe siècle.

La place aux Herbes

Direction ensuite la place aux Herbes, jusqu'aux halles décorées de céramiques vernissées. Un prétexte pour goûter pichade (tarte aux tomates, oignons, anchois), panisse,(beignet à la farine de pois chiche), barbajuan (gros raviolis frits fourrés aux blettes). De savoureuses spécialités locales !

dt149menton_place_aux_herbes_cm.jpg

La place aux Herbes de Menton

Les joyaux architecturaux de Garavan

Étiré entre la vieille ville et la frontière italienne, Garavan recèle des joyaux architecturaux surprenants et des jardins fabuleux. Écho d'une époque fastueuse, Garavan est synonyme de fêtes, de luxe et d'excentricité.

Plantés de faux-poivriers et de caraboutiers, les trois kilomètres du boulevard de Garavan égrènent des demeures éclectiques liées à des souvenirs de voyages de leurs commanditaires, des aristocrates anglais, russes et d'Europe centrale qui s'y installèrent dès 1870.

det_BRcni1202.jpg

À deux pas de la frontière italienne, la terasse du jardin Maria Serena offre une vue grandiose sur la baie de Menton.

Les villas de Garavan

En front de mer, à deux pas de l'Italie, arrêtez-vous à la villa Maria Serena pour profiter du panorama depuis son luxuriant jardin. Construite vers 1880 pour la famille Fourcher de Careil par Charles Garnier, elle fut léguée à la ville par son dernier propriétaire. Dans les allées s'épanouissent palmiers, cycas, strelitzias, dorianthes et un remarquable dragonnier des Canaries. Une serre à ciel ouvert !

Autre curiosité architecturale à proximité, la villa Chrisoleina (ci-dessous), sorte de château fort rose pâle qui semble sortir d'un conte pour enfants sages.

D'autres propriétés affichent des influences italiennes à grand renfort de colonnades, arcades, chaudes teintes d'ocre et de rouge ; telle la Casa Paraï de style toscan, La Favorite, qui oscille entre moulures opulentes et ornements colorées.

dt149menton_la_villa_rose_cm.jpg

La villa rose Chrisoleina. Ses donjons, sur l'arrière de la maison, ajoutent de la fantaisie à sa façade très classique côté jardin. Trois niveaux, une piscine, un jardin plat, une vue fabuleuse sur la mer, et une valeur de quelques millions d'euros...

Menton : escale botanique d'exception

Le véritable héritage de cette période dorée réside dans les jardins. Le clos du Peyronnet de William Waterfield en est le plus bel exemple. Ce gentleman britannique est le dernier représentant des familles fortunées qui ont fait les beaux jours du Menton de le Belle Époque. Il y a 35 ans, il est venu vivre sur le domaine acquis en 1912 par ses grands-parents à leur retour des Indes. À la belle saison, il ouvre son petit éden : 600 variétés de plantes, dont une collection de bulbeuses d'Afrique du Sud. Un charme insensé.

Sur les hauteurs de Garavan se cache un autre très surprenant jardin privé. Les Colombières, imaginé entre les deux guerres par Ferdinand Bac. Le peintre et homme de lettres a enserré une villa peinte en ocre rouge dans une promenade ponctuée de sculptures dédiées à la mythologie antique. Musardez du jardin d'Homère au jardin du trompe-l'œil, de la fontaine de Nausicaa à la rotonde de l'obélisque... Comme un voyage autour de la Méditerranée.

det_BRcni1371.jpg

Le jardin de Val Rahmeh : un univers tropical

Envie de plonger dans un univers plus tropical ? Poussez la grille du jardin du Val Rahmeh. Créé en 1905 pour l'ancien gouverneur de Malte, Lord Radcliffe, dont l'épouse se prénommait Rahmeh, cette propriété doit sa réputation à May Campbell. La botaniste l'enrichit de plantes exotiques. Depuis 1966, le jardin est une extension du Muséum d'Histoire naturelle de Paris qui profite du microclimat pour étudier l'acclimatation des plantes exotiques rares. 1500 espèces y sont recensées. Depuis une quinzaine d'années, on y rencontre même l'arbre mythique de l'île de Pâques, le Sophora Toromino, qui a totalement disparu de son île d'origine. À Menton, rien est ordinaire !

Et aussi ...

Découvrez les plus beaux jardins de la Riviera sur le site de Détente jardin