La nouvelle vie de Tanaron

Par Détours en France

Dans le pays dignois, le village abandonné de Tanaron était voué à disparaître. Il reprend pourtant vie grâce à l’acharnement d’une poignée de passionnés et au travail de bénévoles venus du monde entier.

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Le village de Tanaron

Tanaron, village abandonné en Provence

Perché au bout d’une piste pierreuse dans les hauteurs de la vallée du Bès, à 16 kilomètres de Digne-les-Bains, Tanaron renaît d’année en année à la faveur de chantiers de bénévoles, qui se déroulent au mois d’août. Le village n’était plus que ruines lorsqu’une bande d’étudiants d’Aix-en-Provence décida de le retaper en 1966. Marie Dufeutrel et Michel en étaient – ils en sont toujours.

Redonner vie à Tanaron

« Dès l’été 1967, nous avons fait venir des bénévoles étrangers pour redresser les murs des maisons, rafistoler les toits, créer la piste. Nous montions tous les matériaux à pied ! », racontent-ils, installés dans leur belle maison de pierre avec vue imprenable sur la vallée. Hélas, la renaissance de Tanaron prend un virage inattendu. En 1976, l’association éclate et le village tombe aux mains de marginaux pendant plus de vingt ans. « Lorsque je suis revenue en 2003, c’était une poubelle à ciel ouvert. Les maisons s’écroulaient au milieu des épaves de voitures, de sommiers défoncés, de canettes de bière. J’en avais les larmes aux yeux », se souvient Marie. Une nouvelle association est créée en 2005. Objectif : nettoyer le village, déblayer l’église, restaurer le vieux lavoir, bref reconstruire le village, y compris les sentiers qui y mènent.

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Le village de Tanaron en reconstruction

Cinq habitants à l'année

Pour l’heure, Tanaron ne compte que cinq habitants à l’année... et une quarantaine de plus chaque été. Le hameau prend alors des airs d’auberge espagnole. Michel joue les chefs de chantier tandis que des encadrants professionnels enseignent aux bénévoles l’art du plâtre (un four à plâtre a été installé à cet effet), de la maçonnerie ou de l’assemblage de pierres sèches. Dans une ambiance conviviale, on remonte la voûte de l’église, on aménage une calade en galets de rivière... On a aussi réorganisé la restanque située au pied du rocher où, au xviie siècle, Pierre Gassendi, disciple de Galilée et de Copernic, fit les observations qui lui permirent de dessiner la première carte de la lune. Cette année, Tanaron fête les cinquante ans de sa renaissance.

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