Les îles oubliées des Côtes-d'Armor

L’archipel de Port-Blanc, dans le pays du Trégor. Un front de mer unique composé d’une dizaine d’îlots à la végétation verdoyante et au paysage changeant au gré du flux et du reflux. - © Bertrand Rieger / Détours en France

Publié le par Dominique Le Brun

L'essentiel

Résumé par l’IA, validé par la Rédaction.

  • Depuis Port-Blanc, à marée descendante, on découvre un archipel aux îles privées accessibles à pied : Saint-Gildas, Balanec, l’île du Milieu… à condition de suivre les cordons de galets, jamais la plage.
  • Prudence absolue avec la marée : elle remonte vite, les courants sont forts et l’eau froide. Il faut partir dès le début du jusant et faire demi-tour avant la basse mer.

Arrivé à Port-Blanc (Côtes d'Armor), depuis le rocher du Voleur, on profite d’une vue exceptionnelle sur l’archipel. Tout à gauche, petite et basse, voici l’île des Femmes, ainsi baptisée parce qu’autrefois les femmes allaient y ramasser le goémon utilisé pour fumer les champs. Un peu plus à droite, l’île du Château porte un amer blanc [un édicule en pierre, ndlr]. De l’autre côté du chenal d’accès à Port-Blanc, voici Saint-Gildas avec sa chapelle et ses quelques bâtiments. L’île appartenait au docteur Alexis Carrel, chirurgien et physiologiste, prix Nobel de médecine en 1912 pour ses travaux sur les greffes de vaisseaux sanguins, mais très controversé par la suite pour ses idées sur l’eugénisme.

l'île d'Illiec
Île Illiec ou Ziliec, l'Ile fut la propriété de l'aviateur Charles Lindberg de 1934 à 1970 puis a été rachetée par la famille Heidsieck © Bertrand Rieger / Détours en France

Il y a aussi sur l’île un monument à la mémoire de Charles Lindbergh, car le célèbre aviateur posséda une maison à Illiec, l’îlot à gauche en arrière-plan de Saint-Gildas. Comment s’est-il retrouvé là ? Lorsque le docteur Carrel fit sa carrière aux États-Unis à l’Institut Rockefeller, il mit au point un cœur artificiel avec l’aide de… Lindbergh, dont les talents ne se limitaient pas à l’aviation ! Les deux hommes devinrent alors amis, ce qui permit à l’Américain de découvrir l’archipel de Port-Blanc… Encore plus à droite, voici l’île du Milieu et, se confondant avec la pointe de Buguélès, l’île Marquer qui dissimule Balanec et Ozac’h.

la baie de Port-Blanc est l’occasion d’une balade enchanteresse. On peut y admirer le rocher de la Sentinelle et son ancienne tour de guet, les maisons fleuries de la station balnéaire de Buguélès, sans oublier l’île Illiec et son impressionnant sillon de galets.
la baie de Port-Blanc est l’occasion d’une balade enchanteresse. On peut y admirer le rocher de la Sentinelle et son ancienne tour de guet, les maisons fleuries de la station balnéaire de Buguélès. © Bertrand Rieger / Détours en France
L’île Illiec et son impressionnant sillon de galets.
L’île Illiec et son impressionnant sillon de galets. © Tuul et Bruno Morandi

Tel est le curieux archipel auquel la marée basse donne accès. Avant de partir, trois choses à savoir. D’abord, les îles sont privées, on restera donc toujours sur la grève. Ensuite, il faut suivre quelques précautions : sauf à marée descendante, il ne faut jamais couper par la plage,mais rester sur la partie élevée des cordons de galets. Si on se laisse surprendre par la marée montante, il faut éviter le moindre risque. La seule chose à faire est alors de rester sur l’île jusqu’au jusant, car la mer monte vite, l’eau est froide même en été, et lescourants puissants. La meilleure façon d’organiser cette balade est donc de prendre le départ lorsque la mer descend et découvre les grèves. Depuis le parking de la plage de Port-Blanc, faisant face à la mer, on longe la plage sur la droite pour s'enfoncer dans l'anse de Pellinec (Côtes d'Armor). 

L’anse de Pellinec, à suivre sur le chemin du GR34 à marée basse, permet d’observer les oiseaux migrateurs qui apprécient la microfaune des vasières.
L’anse de Pellinec, à suivre sur le chemin du GR34 à marée basse, permet d’observer les oiseaux migrateurs qui apprécient la microfaune des vasières. © Franck Guiziou / hemis.fr

Les méandres de la côte 

Le littoral des Côtes-d’Armor connaît des marées importantes, avec fréquemment une différence de sept à huit mètres entre marée haute et marée basse. Le phénomène fonctionnant comme une onde venue de l’Atlantique qui effectue un aller-retour dans la Manche, il en résulte des courants impétueux, transformant la mer en une sorte de fleuve qui s’écoule vers l’est à marée montante et vers l’ouest quand elle redescend. Et c’est ce jeu combiné de la houle et des courants de marée qui a allongé ces imposants cordons de galets entre les îles.

Toujours à jusant 

Noter qu'une chaussée submersible la traverse : on l’empruntera sauf si la mer n’est pas encore assez descendue. Toujours en longeant la côte, on passe entre l’île Marquer et la terre, et on longe la grève de Crec’h Kerhué pour arriver près de l’îlot de Coz Castel. Ici, on voit parfaitement le cheminement de la chaussée qui conduit aux îles. À ce point de l’itinéraire, avant de se lancer dans la traversée vers les îles, nous nous permettons d’insister : on est bien en marée descendante ? Si on est à basse mer, c’est déjà trop tard! Cette précaution prise, on rejoint l’île du Milieu, ainsi baptisée parce qu’elle se trouve entre Saint-Gildas et Balanec. On la longe par sa face gauche et on traverse Saint-Gildas. Nous revenons sur nos pas jusqu’à l’île du Milieu et continuons tout droit jusqu’à Balanec. On pourrait, si la marée le permet encore, laisser cette dernière à droite pour se rendre jusqu’à la minuscule Enez Illiec, plus au large. Mais dans tous les cas, on passe par l’extrémité orientale de l’île Balanec pour revenir sur la terre par la pointe du Bilfot. Ensuite nous rejoindrons Port-Blanc comme nous sommes venus : en longeant la côte.

Sources

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