La meilleure façon de découvrir les lieux consiste à longer le canal de Caen à la Mer par sa rive gauche jusqu'à Bénouville à partir du port de commerce de Caen. C'est là que Pegasus Bridge enjambe le canal. Ayant franchi le pont levant, par la route D 514 vers Merville, Cabourg et Dives-sur-Mer, on trouve quelques centaines de mètres plus loin le pont fixe au-dessus de l'Orne, qui donne sur la sortie de Ranville. Et on poursuivra ensuite jusqu'à la station de Merville-Franceville-Plage (voir encadré).
Le pont de Bénouville fut désigné sous le nom de code Pegasus (le cheval mythologique avait inspiré l'insigne de la 6e division aéroportée britannique) et celui de Ranville, Horsa (d'après le nom des planeurs utilisés pour l'opération). L'attaque des ponts fut un succès total.
Le 5 juin, peu après minuit, 6 planeurs se posent si près du pont de Bénouville que, malgré la nuit et le vent, les commandos en voient parfaitement les poutrelles. Il s'agit de faire vite, car l'explosion du pont peut être commandée par l'ennemi depuis un bunker.
Mais l'effet de surprise et la brutalité de l'assaut ont raison des défenseurs. Le plus difficile reste à accomplir : protéger les lieux de l'inévitable contre-attaque allemande. Heureusement, des renforts surviennent rapidement. Le pont de Ranville est pris dans les mêmes conditions quelques minutes plus tard.
Reconstitution à l'identique
L'authentique Pegasus Bridge, le pont basculant qui permettait de traverser le canal de Caen à la Mer au niveau de Bénouville, fut remplacé en 1994, peu de temps avant la célébration du Cinquantenaire de la Libération. Mais il n'a pas été détruit : on peut le voir dans le parc du Mémorial Pegasus !
Merverville : une bataille pour rien
En plus de la sécurisation des ponts de Bénouville et de Ranville, la 6e division aéroportée britannique avait une autre mission : réduire au silence la batterie de Merville, dont les canons étaient braqués sur les plages de Sword Beach.
L'Airspeed Horsa est un planeur d'assaut utilisé par les alliés pendant la Seconde Guerre mondiale. Il est considéré comme l'un des plus gros planeur (avec le GAL 49 Hamilcar). Il a été produit en 3 644 exemplaires au total.
L'histoire a oublié ce fait d'armes sanglant (70 tués sur 150 hommes montés à l'assaut) et finalement inutile, car les pièces d'artillerie n'étaient pas assez puissantes pour menacer réellement la zone de débarquement.