Massif du Morvan : la montagne parfaite pour jouer les explorateurs

Alimenté par les eaux de la Cure, le lac des Settons fait partie des grands lacs du Morvan. Entouré de sapins et de mélèzes à 600 mètres d’altitude, au cœur de la forêt dite « des Gaulois », il s’épanouit sur 360 hectares. - © Tuul et Bruno Morandi / Détours en France

Publié le par Dominique Le Brun

L'essentiel

Résumé par l’IA, validé par la Rédaction.

  • Massif forestier au relief escarpé, le Morvan s’étend sur environ 70 km de long et culmine à 901 m au Haut-Folin. Autrefois prisé pour le ski, il est aujourd’hui un paradis pour les randonneurs et amateurs de nature sauvage.
  • Entre torrents, lacs de barrage et forêts profondes, le Haut-Morvan dévoile des paysages intenses, propices aux sports d’eau vive et à la contemplation, notamment depuis le mont Beuvray, ancien oppidum gaulois de Bibracte.

Comme pour compliquer la tâche de ses explorateurs, le Morvan est à cheval sur plusieurs des cartes géographiques les pluscourantes ! Pourtant, ce massif est tout simplement extraordinaire. Ainsi, on le qualifie parfois de « montagne des Parisiens », parce que son point culminant du Haut-Folin (901 m) possède une ancienne remontée mécanique de ski! Elle fut installée par le Club alpin français en ces temps d’avant le réchauffement climatique, à l’époque où chaque hiver déposait une abondante couche de neige sur les pentes. En outre, les chemins forestiers permettaient de jolies randonnées à ski nordique. Orienté nord-sud, le Morvan s’étend sur soixante-dix kilomètres de longueur environ, entre Quarré-les-Tombes et Saint-Léger-sous-Beuvray. Sa largeur atteint une quarantaine de kilomètres. 

Paysages forestiers

À deux pas du lac des Settons, le saut du Gouloux se jette dans les profondeurs de la forêt. Pour admirer cette cascade unique, il faut emprunter un étrange chemin bordé de murets de pierre et de conifères.
À deux pas du lac des Settons, le saut du Gouloux se jette dans les profondeurs de la forêt. Pour admirer cette cascade unique, il faut emprunter un étrange chemin bordé de murets de pierre et de conifères. © Tuul and Bruno Morandi / Détours en France

C’est tout au sud que se trouve sa partie la plus sauvage, le Haut-Morvan. Celui-ci commence au sud du lac des Settons, à des altitudes se situant entre 600 et 900 mètres, avec des escarpements rocheux et des forêts profondes qui ont donné leur nom aux lieux. En effet, l’étymologie celte de Morvan serait « montagne noire ». La justesse du terme se vérifie lorsqu’on traverse les futaies de chênes et de hêtres multicentenaires qui couvrent le mont Beuvray. Enfin, il faut le savoir : dans la mesure où le massif forme obstacle à la course des dépressions venues de l’Atlantique, les pluies y sont fréquentes. Cela n’a pas que des inconvénients, puisqu’elles gonflent une multitude de ruisseaux et torrents, lesquels alimentent généreusement des lacs de barrage. Et ce sont les lâchers d’eaux de ces barrages qui font de la Cure et du Chalaux dehauts lieux du canoë-kayak et de la nage en eau vive. Du lac des Settons au mont Beuvray, la traversée du Morvan fait suivre un labyrinthe de routes étroites et sinueuses, la plupart du temps désertes. Comme points de repère pour baliser l’itinéraire, prenez Anost via l’Huis Prunelle, ce qui vous ferapasser à côté de la source de la Cure. Puis les lieux-dits Athez et Corcelles. Une fois sur la D978 de Château-Chinon à Autun, tournez à gauche. Quatre kilomètres plus loin, tournez à droite pour remonter les gorges de la Canche par laD179. Cette petite route très spectaculaire vous conduira au village de Saint-Prix où, après l’église, vous trouverez sur la gauche la D260. 

Ascension vers le mont Beuvray

L’oppidum de Bibracte, capitale des Éduens fondée au IIe siècle avant notre ère.
L’oppidum de Bibracte, capitale des Éduens fondée au IIe siècle avant notre ère. © Tuul et Bruno Morandi / Détours en France

Deux carrefours plus loin, voici la route qui gravit le mont Beuvray. On peut sourire des 900 mètres d’altitude du Morvan, pourtant les escarpements rocheux, les pentes abruptes, les vallées encaissées procurent la sensation de se trouver en véritable montagne. D’ailleurs, ainsi que tous les randonneurs tout-terrain le savent bien, ce n’est pas vraiment l’altitude qui fait la montagne, mais le dénivelé. De ce point de vue, les 821 mètres du mont Beuvray se défendent bien. Pour qui l’a gravie à vélo, la route D274 qui conduit à son sommet laisse un souvenir essoufflé. Et l’on songera que les Gaulois de Vercingétorix qui créèrent ici l’oppidum de Bibracte, épicentre de la résistance aux légions romaines, avaient su trouver un site naturellement bien fortifié. Des temps héroïques de la guerre des Gaules, il ne reste aujourd’hui rien de très visible. En revanche, la futaie correspond tout à fait à l’image qu’enfant, on a pu se faire de la vieille forêt gauloise, lorsque les druides récoltaient le gui avec une serpe d’or. Les dimensions des troncs, couverts de mousse au vert fluorescent, laissent rêveur. Et de la table d’orientation, quelle vue sur la plaine d’Autun. Il paraît qu’après le passage de certaines perturbations atlantiques, lorsque le vent de nord-ouest nettoie l’atmosphère, la vue porte jusqu’au Jura, voire jusqu’aux Alpes !

Panorama sur le Morvan depuis le mont Beuvray. Celui- ci, qui culmine à 821 mètres d’altitude, n’est pas le sommet le plus haut du massif, mais il offre une vue époustouflante sur les terres du « Morven » aux forts accents celtiques. Pour y accéder, il faut traverser une magnifique hêtraie.
Panorama sur le Morvan depuis le mont Beuvray. Celui-ci, qui culmine à 821 mètres d’altitude, n’est pas le sommet le plus haut du massif, mais il offre une vue époustouflante sur les terres du « Morven » aux forts accents celtiques. Pour y accéder, il faut traverser une magnifique hêtraie. © Hervé Lenain / hemis.fr
Le parc aux chevaux, sur le site de Bibracte, au sommet du mont Beuvray. Composée entre autres de plusieurs domus, maisons « à la romaine », cette vaste esplanade a connu plusieurs campagnes de fouilles archéologiques.
Le parc aux chevaux, sur le site de Bibracte, au sommet du mont Beuvray. Composée entre autres de plusieurs domus, maisons « à la romaine », cette vaste esplanade a connu plusieurs campagnes de fouilles archéologiques. © Hervé Lenain / hemis.fr

Sources

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