Voici la plus vaste église gothique française

Construite principalement entre 1220 et 1288, la cathédrale d'Amiens est un joyau de l'architecture gothique rayonnant, qui a influencé le développement du style gothique flamboyant. - © Samuel Dhote / Détours en France

Publié le par Dominique Le Brun

L'essentiel

Résumé par l’IA, validé par la Rédaction.

  • Construite en un seul élan entre 1220 et 1288, la cathédrale d’Amiens suit le plan initial de Robert de Luzarches, poursuivi sans rupture par ses successeurs.
  • Deux fois plus vaste que Notre-Dame de Paris, elle impressionne par sa taille (145 m de long, 70 m de large, nef de 45 m de haut) et ses 3 000 statues.
  • Des innovations clés : standardisation des pierres pour accélérer le chantier, et renforcement métallique en 1498 pour assurer sa solidité.

Une première particularité de la cathédrale d’Amiens est d’avoir été édifiée en un chantier continu selon une inspiration unique. À l’origine se trouve en effet l’architecte Robert de Luzarches qui ouvre le chantier de 1220 à 1223. Lui succède son assistant Thomas de Cormont entre 1223 et 1228, son fils Renaud assurant l’essentiel de la construction qui s’étend jusqu’en 1288.

Deux fois plus grande que Notre-Dame de Paris

L'ingéniosité et l'organisation de ses bâtisseurs ont permis de créer un édifice aux volumes et à l'unité remarquables.
L'ingéniosité et l'organisation de ses bâtisseurs ont permis de créer un édifice aux volumes et à l'unité remarquables. © Samuel Dhote / Détours en France

Luzarches avait accepté la commande d’une cathédrale géante : deux fois le volume de Notre-Dame de Paris. Et de fait, il ouvrit le chantier d’un édifice qui atteindrait 145 mètres de long, doté d’un transept portant sa largeur maximale à 70 mètres, avec une hauteur de nef vertigineuse : 45 mètres ! Quant au décor : les trois porches totalisent 3 000 statues. Ce serait non seulement la plus haute de son époque, mais aussi la plus lumineuse. On peut s’étonner que le plan initial ait été suivi par les deux successeurs de son auteur, et surtout que le chantier d’un monument aussi audacieux n’ait duré que soixante-huit ans.

Deux innovations techniques considérables

La rapidité d’exécution des plans tracés par Robert de Luzarches tient pour une bonne part au fait qu’il avait standardisé la taille des pierres selon quatre gabarits, ce qui permit une production « à flux tendu » des éléments de construction. Mais la durabilité de l’édifice est à mettre au crédit du maître-maçon Pierre Tarisel qui, en 1498, prévint un affaiblissement de la croisée en consolidant cette dernière par un chaînage métallique !

Sources