La chapelle Notre-Dame-de-Jérusalem
Nichée dansune pinède du massif de l’Esterel, la chapelle Notre-Dame-de-Jérusalem, plus connue sous le nom de « chapelle Cocteau », est un hommage à la poésie. Un projet que l’on doit àLouis Martinon, banquier niçois qui souhaitait bâtir une cité romaine au nord du centre-ville. Jean Cocteau est chargé de réaliser les plans et la décoration de la future chapelle.Le projet traîne et, à la mort de l’artiste en 1963, l’édifice est inachevé. Cocteau a néanmoins laissé 150 dessins et études, dont une Vierge à la rose pour le panneau central. Ils permettront à Édouard Dermit, son fils adoptif, de dessiner les fresques directement sur les murs. Le résultat est époustouflant. La chapelle est inaugurée en 1965, offrant une fusion unique entre architecture et art visuel. La structure circulaire de la chapelle et sa toiture en coupole rappellent les édifices religieux antiques. Les mosaïques extérieures ont, quant à elles, été réalisées en 1992, toujours d’après les esquisses de Cocteau, par Lætitia Léotard et Henry Virmouneix.
Port Fréjus
À l’époque romaine, Forum Julii – nom antique de Fréjus – possédait un important port commercial qui sera délaissé au fil des siècles à cause de l’ensablement progressif de la zone. En 1989, Fréjus renoue avec cette tradition en se dotant d’un port de plaisance moderne. Avec ses belles résidences, ses commerces, ses équipements touristiques et sa vue sur la Grande Bleue, Port Fréjus est devenu un quartier dynamique et un lieu de promenade prisé des Fréjusiens et des touristes.
La cathédrale Saint-Léonce
Au-delà de son héritage romain, Fréjus est fortement marqué par son histoire médiévale. Après avoir prospéré sous l’Antiquité, la ville traverse une période de déclin après la chute de Rome et les invasions sarrasines. Au Moyen Âge, grâce à la pugnacité des évêques dudiocèse de Fréjus, elle retrouve une certaine vitalité et se développe autour des bâtiments religieux primitifs. Le groupe épiscopal médiéval est le plus important vestige hérité de cet âge d’or, avec notamment la cathédrale Saint-Léonce construite au Ve siècle. Surmontée d’un clocher roman, elle s’est transformée au fil du temps et se compose aujourd’hui de deux églises qui furent rassemblées au XIIIe siècle. Percée à la Renaissance, l’actuelle entrée sud présente un portail de style gothique. Ses magnifiques vantaux en noyer sculptés (1530), protégés par des panneaux de bois, représentent des scènes de la vie de la Vierge ainsi que des portraits d’hommes et de femmes d’époque.
Les aqueducs
Comme toute grande cité romaine, Forum Julii possédait un aqueduc sophistiqué destiné à alimenter la ville en eau potable. Trente-six ponts-aqueducs transportaient l’eau depuis des sources situées à plus de 40 kilomètres de la ville, dévalant vallées et collines grâce aux 481 mètres de dénivelé. Autant dire qu’il s’agit d’un ouvrage d’exception et d’une prouesse d’ingénierie témoignant de la maîtrise technique des Romains en matière d’hydraulique. Aujourd’hui, quelques piliers et arcades se dressent encore, comme les ruines poétiques de la magnificence romaine.
Le baptistère
Attenant à la cathédrale, le baptistère paléochrétien construit au Ve siècle, époque où la Gaule commençait à se christianiser, est l’un des plus anciens de France. L’octogone central est entouré de huit colonnes qui proviennent d’anciennes bâtisses romaines.Dans l’espace sacré au centre du monument, une cuve en pierre, à l’origine recouverte de marbre blanc, accueillait le baptême par immersion, un rite presque secret à l’époque des premiers chrétiens. On imagine que s’y déroulaient également des conversions. L’eau, élément clé dans le rituel baptismal, occupait une place symbolique de purification. D’une architecture d’apparence simple, ce baptistère est impressionnant par ses dimensions qui témoignent de l’importance du baptême dans l’Église primitive.
Villa Aurélienne
Située au cœur d’un parc de 24 hectares, la villa Aurélienne est l’une des plus belles résidences de villégiature construite à Fréjus à la fin du XIXe siècle. Elle tient son nom de sa proximité avec la via Aurelia, route antique qui reliait Rome à l’Espagne. Archétype des villas de Fréjus-Saint-Raphaël, elle affiche d’emblée un style néo-palladien. Sa façade sobre etsymétrique ornée de colonnes et de balustrades rappelle en effet les palais de la Renaissance italienne. À l’intérieur, les pièces s’organisent autour d’une cour à péristyle couverte d’une verrière. Le grand escalier à deux volées, le sol de marbre noir, la marqueterie en bois fruitier et les cheminées en marbre incarnent le luxe et l’art de vivre bourgeois de la fin du XIXe siècle. Elle serait l’œuvre de l’architecte Henri Lacreusette. Acquise par la ville en 1988, elle accueille désormais des manifestations culturelles.
Le cloître
Édifié au XIIIe siècle avec des pierres de l’Esterel, le cloître construit sur deux étages était un lieu de passage des fidèles vers l’église. Au premier abord, il n’a rien d’exubérant, les colonnes taillées dans du marbre de Carrare sont sobres, les chapiteaux sont sommairement décorés de motifs végétaux. C’est en levant les yeux vers le plafond que l’on découvre le splendide décor polychrome, pièce maîtresse de l’édifice. Évêques, chanoines, anges et démons côtoient notables, guerriers et troubadours, tandis que dragons et divers animaux hybrides et fantastiques font leur apparition çà et là. Une profusion d’images hautes en couleur décore le plafond, à la manière d’une bande dessinée sur bois. Parmi les 1230 peintures répertoriées, seules 300 sont aujourd’hui identifiables, livrant un précieux document sur la vie quotidienne du XIVe siècle. Les dessins auraient été réalisés par plusieurs artistes après le remplacement du plafond de voûte en pierre par un plancher en bois de mélèze, en 1356. Les historiens n’ont toujours pas percé le contexte et le sens d’une telle réalisation. Évoque-t-elle le Bien et le Mal tels qu’ils étaient conçus par les hommes de l’époque ? Les animaux fantastiques ont-ils été inspirés du Livre des merveilles de Marco Polo, paru quelques années avant le remplacement du plafond ? L’œuvre picturale garde tout son mystère.
Le Musée archéologique
Aménagé dans une aile du groupe épiscopal, le Musée archéologique est une fascinante porte d’entrée vers l’histoire antique de la ville. Il abrite un fonds impressionnant d’artefacts et de pièces majeures découverts lors de fouilles archéologiques conduites entre le XVIIe et le XXe siècle. Les collections sont présentées dans quatre salles et chacune aborde un aspect de l’histoire, de l’urbanisme, de l’économie et de la vie quotidienne de la cité romaine. Le musée est l’écrin de la célèbre tête d’un Hermès bicéphale en marbre de Carrare, devenue l’emblème de Fréjus. Parmi les pièces maîtresses, notons la belle mosaïque de sol dite «à la panthère », œuvre polychrome majestueuse découverte en 1921 au Clos de la Tour, aujourd’hui jardin public. Cette mosaïque est l’une des rares à être conservées dans sa totalité.
L’amphithéâtre
Anciennement appelé Forum Julii, Fréjus fut fondé en 49 avant J.-C. par Jules César. Devenue l’un des principaux ports militaires de l’Empire romain et un centre florissant, la ville s’est dotée de toutes les infrastructures typiques d’une cité romaine dont quelques vestiges sont encore visibles aujourd’hui. Parmi eux, l’amphithéâtre, impressionnant par sa taille et ses rangées de gradins qui pouvaient accueillir jusqu’à 12 000 personnes. Les spectacles les plus populaires, tels les jeux de gladiateurs ou les combats d’animaux, attiraient des foules de citoyens avides de démonstrations de force. Plus récemment, des corridas ont eu lieu dans ces arènes dont on peut encore voir lesparapets en métal et les talanquères, murs protecteurs entre l’animal et les spectateurs, avant de laisser place à des concerts et autres événements culturels nettement moins violents.
Les vestiges du passé colonial
Au XXe siècle, durant la Grande Guerre, Fréjus abritait un centre de transition pour les troupes coloniales. Organisé à l’initiative du maréchal Joseph Gallieni, ce camp devait permettre aux soldats venus d’Afrique de s’acclimater aux rigueurs hivernales du nord de la France. La ville a gardé certains stigmates de cette époque. Parmi les plus emblématiques figure la mosquée Missiri, réplique de la mosquée de Djenné, au Mali. Elle fut construite en 1930 pour les tirailleurs sénégalais en tant que « décor » évoquant leur pays d’origine et non comme lieu de culte.