Versailles : entrez dans les pas du Roi

Par Hugues Dérouard
source : Hors série Collection Versailles
Publié le 07/07/2015

Quiconque découvre le château pour la première fois éprouve forcément une admiration mêlée de surprise : tout y est symbole. De l’avenue de Paris, remontez vers le Domaine. Les détails de Versailles se dévoilent peu à peu...

dt_hs-versailles_cour_mabre-br.jpg Entre 1631 et 1634, Louis XIII fait construire à Philibert Le Roy un petit pavillon de brique et de pierre, couvert d’ardoises. Il s’agit de la partie construite en U qui entoure encore aujourd’hui la cour de Marbre. Les trois fenêtres cintrées qui s’ouvrent sur un balcon indiquent la Chambre du Roi, au centre parfait du Domaine.

Ce n’est pas un palais, c’est une ville entière, superbe en sa grandeur, superbe en sa matière

Charles Perrault

On a toujours entendu parler de Versailles. Dans les livres, scolaires ou romans de cape et d’épée, puis dans les journaux, à la télévision, au cinéma... Alors, arpenter la large ave­nue de Paris, qui file, rectiligne, vers le château, nous prépare à découvrir ce lieu que l’on porte en soi depuis long­temps. Encadrée par deux vastes bâti­ments jumeaux, les Écuries Royales, édifiées entre 1679 et 1680 lorsque Louis XIV décida d’installer défini­tivement à Versailles sa Cour et son gouvernement, l’avenue débouche sur la place d’Armes. La Grande Écurie, à droite, était réservée aux six cents che­vaux du roi, mais aussi aux écuyers, palefreniers, pages et musiciens. Y résonne aujourd’hui le bruit des sabots des lusitaniens de l’Académie du Spectacle Équestre de Bartabas. À gauche, la Petite Écurie, dirigée par le pre­mier écuyer, abritait carrosses, voitures, chevaux d’attelage...

La place d'Armes

dt_hs-versailles-la_paix-br.jpg L’ensemble sculpté La Paix de Jean-Baptiste Tuby a repris sa place sur la guérite de la grille Royale, devant l'aile nord et la Chapelle Royale.

Vous voici ensuite sur l’immense place d’Armes, aussi grande que la place de la Concorde, à Paris. Jadis, le roi y pas­sait en revue les régiments de son armée, et l’on pouvait y louer chapeau et épée, accessoires indispensables pour s’ap­procher du château. Version contemporaine : des vendeurs ambulants vous y proposent aujourd’hui des souvenirs bon marché. Envahie par les cars de tou­ristes, cette place devrait, dans le cadre du projet du Grand Versailles, retrou­ver son espace au sol originel... Puis, vous franchissez la grille d’Honneur. Toute dorée et surmontée des Armes de France, elle date de l’époque Louis XVIII, les ornements de l’originale ayant été détruits à la Révolution. Trois cours en pente douce se succèdent, très hiérar­chisées. Tout d’abord, la cour d’Honneur (l’avant­cour ou cour des Ministres), bordée à gauche et à droite de rampes qui longent les ailes des Ministres. Le château apparaît, splendide et com­plexe. Car il ne s’agit pas d’un château monolithique.

Les différentes cours

dt_hs-versailles-horloge-br.jpg L’horloge de la cour de Marbre à masque d’Apollon a retrouvé le lustre de son état originel. La couleur « bleu de roi » est fidèle à son état premier, tout comme les dorures. Elle est située juste au-dessus de la Chambre du Roi.

Le « cœur » demeure toujours le pre­mier bâtiment de Louis XIII, mais agrandi, et auquel se sont juxtaposés de nombreux bâtiments. La ville elle aussi s’est rapprochée... À gauche, l’aile Vieille ouvre l’aile du Midi. À droite, le bâtiment Gabriel ouvre sur l’aile du Nord, avec, à son départ, l’imposant chevet de la Chapelle Royale, le point culminant de tout le Domaine. Est­-ce pour affirmer que la monarchie est de droit divin ? « Notez cependant qu’elle n’est pas au centre », précise Béatrix Saule, conservatrice. Entre la cour d’Honneur et la cour Royale s’élève la grille Royale, une reconstitution de la clôture monumentale de quatre-vingts mètres de longueur, terminée en 1682, qui fut détruite pendant la Révolution. Sa dorure a nécessité... cent mille feuilles d’or ! Si vous voulez ensuite accéder à la cour de Marbre, il faut être muni d’un ticket d’entrée. Cette si belle cour, la plus ancienne, pavée de marbre blanc et noir où se reflète le palais, marque les limites du château de Louis XIII. Bien sûr, ses façades ont été remaniées par la suite par Le Vau et Hardouin-Mansart et embellies de statues, de vases et de bustes.

Le cœur du bâtiment

dt_hs-versailles-facade_appartement_reine_recadre-br.jpg Donnant sur le parterre du Midi, la façade du Grand appartement de la Reine.

dt_hs-versailles-nymphe_perle-br.jpg Parmi les statues en bronze des deux bassins du parterre d'eau symbolisant fleuves et rivières de France, La Nymphe à la perle d'Etienne Le Hongre.

Les trois fenêtres du premier étage donnent sur un balcon supporté par huit colonnes de marbre: elles indiquent la Chambre du Roi, épicentre du château, en plein dans l’« axe du soleil ». Inutile de préciser que rares étaient ceux qui pouvaient accéder à cette cour de Marbre ! Aucun carrosse n’était d’ailleurs autorisé à y pénétrer... Avant d’entreprendre la visite intérieure du château, il serait judicieux, pour en avoir une autre perception, de vous diriger vers les jardins pour observer la façade qui s’apprécie différemment. Le château s’étend sur six cent quatre-vingts mètres. Son toit est plat, couronné par une balustrade portant vases et trophées. Le Vieux-Château de Louis XIII est entouré d’une sobre « enveloppe de pierre », réalisée par Le Vau en 1668. Le corps central comprend, au rez-de-chaussée, la galerie basse. Au premier étage, la terrasse a laissé place à la galerie des Glaces. À gauche, l’aile du Nord abrite l’Opéra et la Chapelle. À droite, l’aile du Midi et son hémicycle. Au-delà, il y a les jardins, les bosquets, les fontaines...

Nous vous souhaitons une belle visite de Versailles.