Albi : ville rose au patrimoine mondial de l'Unesco

Par Philippe Bourget
source : Détours en France n°167, p. 38

 La « petite » provinciale, fille cadette de Toulouse pour la couleur de son bâti, nous montre de quelle brique elle se chauffe depuis que sa cité épiscopale figure au patrimoine mondial de l'Unesco.

Albi

Autour de la cathédrale-château fort, gigantesque vaisseau dressé au-dessus du Tarn, la brique des hôtels particuliers, chère aux marchands de pastel, retrouve un éclat ardent.

Le saviez-vous ?

La cathédrale Sainte-Cécile d'Albi est la plus grande cathédrale de briques au monde avec ses 113 mètres de long et ses 35 m de large.

Albi bénira longtemps ce jour de juillet 2010 quand l'Unesco a inscrit la cité épiscopale à la liste de son patrimoine mondial.

Cité épiscopale

Le Palais de la Berbie. Ancien palais épiscopal jusqu’en 1905 et la loi de séparation de l’Église et de l’État, cette forteresse édifiée à partir du XIIIe siècle en impose par ses dimensions et sa remarquable conservation. Elle abrite depuis 1922 le musée Toulouse-Lautrec, créé à l’initiative de la mère du peintre postimpressionniste.

Toulouse-Lautrec revisité

C'est dans le palais de la Berbie, ancienne résidence des évêques d'Albi (XIIIe siècle), au pied de la cathédrale, que le public redécouvre depuis l'an dernier un musée d'art entièrement repensé.  Onze ans de travaux ont été nécessaires pour offrir un écrin nouveau, plus aéré, à l'enfant du pays, Henri Toulouse-Lautrec, dont on peut voir par ailleurs la maison natale, l'hôtel du Bosc, rue... Toulouse-Lautrec. Le chantier a restitué un quart des volumes du palais. La visite est donc double. On redécouvre d'un côté les célèbres affiches et lithographies de l'artiste, son univers de maison closes et de nuits parisiennes ( ne pas rater le tableau Au salon de la rue des Moulins) et, dans les étages supérieurs, la collection d'art moderne. On s'approprie, de l'autre, le monument restauré, sa salle palatiale, ses galeries historiques, l'aile Stainville et la galerie d'Amboise, dans laquelle de rares peintures Renaissance ont été exhumées. La Berbie et ses jardins sur le Tarn sont le « petit Louvre » d'Albi.

Jardin du palais épiscopale

Témoins de l’esprit renaissant, les jardins à la française du palais de la Berbie et leur jolie vue sur le Tarn. Un coin de verdure dans la ville rouge.

Balade en ville

La balade en ville, un classique du genre, permet d'en rendre compte. Rénové et piétonnisé dans les années 2000, le rectangle de la place Vigan demeure l'antichambre du centre historique. L'agitation du Grand Café Le Pontié, à midi, les conciliabules « tendance » de l'Épicurien, restaurant voisin à la mode, en témoignent. Depuis la place, un éventail de rues s'enfonce dans le ventre rouge brique de la cité. Brique fine d'entre colombages dans les maisons à encorbellements des rues Puech-Berenguier, Saint-Julien, de la Croix-Blanche... ; brique en mille-feuille des nombreux hôtels particuliers, étendards des réussites commerciales dans le négoce du pastel, quand la plante inondait l'Albigeois au XVIe siècle. Hôtel Reynès, maison Enjalbert, hôtel de Gorsse, hôtel de ville... ; ils illustrent le niveau d'opulence atteint grâce au pigment bleu.

Rues d'Albi

1 et 2 - Dans le cœur de la ville historique, dans le quartier Castelnau, des rues piétonnes  offrent à la vue des promeneurs leurs maisons traditionnelles en brique rouge à colombages.

Le périmètre Unesco

Cathédrale Sainte-Cécile

La plongée dans le périmètre Unesco propulse au chevet de l'immense cathédrale Sainte-Cécile. Ce secteur sauvegardé a retrouvé son vernis. La place Sainte-Cécile a été reduit aux piétons et dégage la façade rose pâle du palais épiscopal de la Berbie, dans lequel le musée Toulouse-Lautrec s'est agrandi.

Cathédrale Sainte-Cécile

À deux pas, une aile de l'ancien couvent des Annonciades (XVe et XVIe siècle) s'affiche depuis 2012 en musée de la Mode. Les quatre quartiers historiques, Castelnau, Castelviel, Saint-Salvi et Les Combes, s'imbriquent autour de la cathédrale. Castelnau se hausse du col, bien que situé en contrebas. Castelviel conserve sa patine médiévale. Saint-Salvise blottit autour de son cloître. Les Combes dévalent vers le Tarn et son Pont-Vieux, aux huit arches jetées sur la rivière depuis le XIe siècle.

Pont-Vieux à Albi

Fondé en 1040, le Pont-Vieux d'Albi est un robuste ! Il continue 10 siècles après sa construction à remplir le rôle pour lequel il fût construit : faciliter la circulation intra-urbaine. Long de 151 mètres, il est constitué de 8 arches. Il doit sa bicolorité aux travaux d'élargissement de la chaussée effectués en 1820 avec de la brique, matériau largement utilisé dans la région dû à l'abondance de glaise. Entre le XIVe siècle et le XVIIIe siècle, le pont portait des maisons qui furent détruites vers 1770 pour permettre le passage des charrettes.

albi_coucher_soleil_loic_bourniquel.jpg

Église Sainte-Madeleine à Albi.
 
Tags