Des cabanes non gardées pour jouer à l’auberge espagnole

Publié par Julie Falcoz  |  Mis à jour le

On connait les refuges mais il existe quelques milliers de cabanes non gardées en France, à disposition des randonneurs et autres promeneurs. Pendant le confinement, Frédéric Desfresne, accompagnateur social, a décidé de les recenser sur son compte Instagram Une Cabane par jour. Depuis juin dernier, le livre « Micro-aventure Cabanes non gardées – des lieux insolites pour s'ensauvager » aux éditions Vagnon liste les 20 meilleures cabanes en France. Interview.

Quelle est la genèse de votre livre ?

Il est tiré du compte Instagram Une cabane par jour qui évoque depuis novembre 2020 chaque jour une cabane non gardée différente. À l'époque de ce deuxième confinement, la règle était de sortir maximum 3 heures dans un rayon de 10 kilomètres. J'habitais en Belledonne. Sur une carte IGN, j'ai tracé les limites autorisées. Près du trait, il y avait une cabane que je connaissais. J'ai décidé d'y aller à pied. Sur le chemin du retour, une citation de Tesson m'est revenue en tête, ‘tant qu'il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera complètement perdu'. Je me suis dit qu'il était temps de s'évader. Quand je suis rentré, j'ai modifié mon compte Insta perso en mettant en ligne ce que je venais de faire comme balade…

Qu'est-ce qu'une cabane non gardée ?

C'est une cabane qu'on dit libre c'est-à-dire ouverte à tous lors de randonnées. En opposition aux refuges qui sont gardés et proposent des prestations payantes. Les cabanes non gardées sont principalement des cabanes d'estive, des anciennes bergeries, en pierre ou en bois, souvent dans les alpages et un peu plus rarement en haute altitude. Il en existe environ 3000 selon le site de référence refuges.info. Toutes ne sont pas en bon état ni ouvertes non plus parce qu'elles sont privées ou fermées pour la saison. Je connais quelques cabanes secrètes qui ne se dévoilent pas, un peu comme les coins à champignons, qui appartiennent à des propriétaires privés.

Quelles sont leur origine ?

Souvent, elles servaient à l'estive. Certaines ont encore cette utilisation et ne sont donc pas accessibles de juin à octobre. Il y a aussi d'anciennes bergeries, plus rarement des cabanes de bûcherons. Ou des cabanes forestières régies par l'Office National des Forêts. Certaines appartiennent à des communes. D'autres servaient lors de travaux, en altitude par exemple. Elles sont souvent réhabilitées par des associations, communes, groupements pastoraux ou des bénévoles.

Quelle atmosphère y règne ?

Avec le temps, c'est toute une communauté qui s'est créée autour de ces cabanes. C'est l'esprit d'une auberge espagnole. Si quelqu'un est là, on se pousse un peu. J'ai passé pas mal de nuits avec des inconnus dans des cabanes. Certains débarquent tard, c'est toujours bon enfant. Par contre, il peut ne plus y avoir de place. Dans ce cas-là, mieux vaut prévoir un plan B, un coin où planter la tente ou un refuge un peu plus loin.

Dormir dans une cabane non gardée demande-t-il du matériel particulier ?

L'avantage d'une cabane est que le sac est un peu plus léger. Je recommande d'arriver tôt pour être sur d'avoir une place pour dormir et donc se passer de tente. Sinon, un sac à dos à la journée va bien, avec duvet, matelas, petit réchaud... Je recommande aussi en demi-saison d'amener du petit bois, avec un allume-feu, un couteau et une petite scie.

Quels sont vos 3 spots préférés ?

Les cabanes, c'est aussi ce qu'on y vit, en dehors des qualités intrinsèques de la cabane comme la vue ou les équipements, il y a surtout les souvenirs qu'on s'y forge, c'est donc très subjectif. Mais, en tout premier, c'est le habert des Sabottes en Belledonne (Isère) que j'ai évoqué plus haut. Dans le Vercors (Isère), incontestablement, j'aime beaucoup la baraque des Clos, avec une vue incroyable. Enfin, la cabane du lac d'Alfeld, wasserfall schahling hütte plus précisément, qui est un peu la cabane de rêve, un peu comme la cabane au Canada mais dans le Haut-Rhin…