Le cliff jumping, un sport extrême de précision
Le cliff jumping consiste à sauter depuis une falaise pour entrer dans l’eau avec précision, parfois en réalisant des figures. Une discipline spectaculaire, mais exigeante, où chaque détail compte. La vitesse d’impact peut dépasser les 100 km/h lors des sauts les plus élevés, rendant l’entrée dans l’eau particulièrement technique .
Avant chaque saut, rien n’est laissé au hasard : profondeur, nature du fond, trajectoire, conditions extérieures. « Il faut toujours regarder le fond avant de sauter », insiste Jérémy Nicollin, rappelant que la sécurité reste la priorité absolue .
Du Jura aux falaises du monde : une trajectoire singulière
Originaire du Jura, Jérémy Nicollin a grandi dans un environnement propice à l’exploration. Enfant, il découvre très tôt les sauts en milieu naturel, notamment dans les canyons proches de chez lui, où son père l’emmène dès l’âge de 7 ans . Le canyon du Grosdar, près de Saint-Claude, devient ainsi son premier terrain de jeu. À 8 ans, il saute de 10 mètres de haut. Son premier 20 mètres est passé à 14 ans, et il passe la barre des 30 mètres à 20 ans.
Avant de se consacrer au cliff jumping, il mène une carrière de sportif de haut niveau en athlétisme, avec plusieurs titres de champion de France en lancer de javelot . Une base physique et mentale qui explique aujourd’hui sa maîtrise dans une discipline où le corps encaisse des contraintes extrêmes.
Ce n’est qu’après cette première carrière, freinée par les blessures, qu’il se tourne plus activement vers le cliff jumping, jusqu’à en faire son activité principale, en tant que créateur de contenus sur les réseaux sociaux.
Des performances spectaculaires, en France et ailleurs
Parmi ses sauts les plus marquants, celui réalisé à La Réunion reste emblématique : un plongeon de 47 mètres, soit l’équivalent d’un immeuble de plus de 15 étages . À cette hauteur, la moindre erreur peut être lourde de conséquences.
Mais Jérémy Nicollin ne se limite pas à la performance pure. Il explore des lieux variés, en France comme à l’étranger : calanques de la Ciotat ou de Cassis, gorges, cascades ou encore carrières souterraines. Cette diversité de décors participe pleinement à son approche du cliff jumping, à la fois sportive et visuelle.
Ses vidéos immersives, largement diffusées sur les réseaux sociaux, participent à faire découvrir ces paysages sous un angle inédit, au moment précis du saut .
Une discipline entre adrénaline et maîtrise
Derrière les images spectaculaires, le cliff jumping repose sur une préparation rigoureuse. Chaque saut est travaillé en amont, parfois répété au sol, pour intégrer les gestes et limiter les risques. L’objectif : entrer dans l’eau parfaitement droit, afin d’absorber l’impact.
L’adrénaline joue un rôle central, mais elle ne suffit pas. « On progresse étape par étape », explique-t-il, soulignant l’importance d’une montée en puissance progressive pour habituer le corps aux hauteurs et aux chocs .
Cette exigence se double d’un esprit collectif : les sauts se font rarement seul, avec toujours une vigilance partagée entre pratiquants.
La France, terrain de jeu et source d’inspiration
Si Jérémy Nicollin voyage à l’international, la France reste un terrain d’expression privilégié. Du Jura à l’Ardèche, des calanques méditerranéennes aux reliefs alpins, le territoire offre une grande variété de spots naturels.
Au-delà de la performance, c’est aussi cette diversité qui nourrit sa pratique. Chaque lieu impose ses contraintes, ses lumières, son rapport au vide. Une manière, pour lui, de redécouvrir les paysages français autrement — depuis leur point de bascule.