L’Entre-deux-Mers sur les chemins de traverse

Publié par Sophie Denis  |  Mis à jour le

Lovée entre la rive droite de la Garonne, au sud, et la rive gauche de la Dordogne, au nord, l'Entre-deux-Mers est une région naturelle dont les richesses patrimoniales se découvrent au rythme de vos pas. De villages pieds dans l'eau en bastides au cœur de verts vallons, d'esteys sauvages en traversée des vignes, voici une balade enracinée dans une géographie riche en Histoire.

La boucle de Langoiran, des esteys aux coteaux

Une vingtaine de kilomètres séparent Bordeaux du Tourne, village pieds dans l'eau, qui fait rêver les citadins en mal de campagne. Il est séparé de son presque jumeau Langoiran par un estey, nom local donné à ces petits cours d'eau orphelins quand la marée basse les vide entièrement. Voici un petit bois, une fontaine datée de 1864, un cimetière, quelques maisons et leurs jardins de curé. Route de Tabanac, nous franchissons un pont au-dessus de l'estey pour le suivre un court instant… Pour l'heure, le Gaillardon se fait tout discret, marée basse oblige. Ce n'est pas le cas l'hiver, quand les crues du fleuve le font sortir de son lit et envahir les jardins, juste revanche sur son humble destin de figurant.

Au milieu des vignes

La balade offre des paysages bucoliques variés, de vignes en sous-bois, entre sentiers champêtres et rive de la Garonne, sans difficulté technique, pour le plus grand bonheur des marcheurs de tous âges. L'itinéraire de cette randonnée nous contraint à suivre la départementale D239, le temps de dépasser la zone commerciale, et juste avant de s'engager à droite sur le chemin de Berquin. Attention à ne pas rater ensuite le petit sentier tout en raidillon sur la gauche, et sous l'ombrage du bois de feuillus et de petits chênes. À mi-ascension, une table de pique-nique incite à profiter du superbe panorama sur les coteaux d'en face, au cœur des appellations côtes-de-bordeaux, rouge cadillac ou blanc bordeaux supérieur. Le plateau est bien exposé, puisqu'il bénéficie de la fraîcheur due à la proximité de la Garonne. C'est le moment de savourer l'instant… Un océan de vert tendre, çà et là quelques toitures pentues, et plus loin le ruban bleu pâle du fleuve en quête d'océan. L'itinéraire surplombe ensuite un magnifique domaine viticole certifié en bio, le château La Peyruche, daté de la fin du XVIème. Rien à voir avec l'oiseau, plutôt avec la pierre rugueuse, « Peyre Ruche » en gascon, qui compose ses fondations. Pour notre plus grand plaisir, le sentier se civilise aux abords du château Sauvage, une gentilhommière du XVIIIème siècle, avant de traverser la D240 et de rejoindre la D119 : le plateau du Haut Langoiran domine la Garonne et, en contrebas, la silhouette austère d'une forteresse. Construit à la fin du XIIIème siècle par Bernard d'Escoussan, passé entre les mains de la famille d'Albret, puis des Montferrand, le château de Langoiran a occupé pendant quelques siècles le devant de la scène politique dans le duché d'Aquitaine. Maltraité par la Fronde, il a connu une longue traversée du désert, avant que des passionnés patiemment le restaurent. Donjon avec fresques du XIVème siècle, l'un des plus larges de France, châtelet, chapelle et chemin de ronde… l'ensemble a désormais fière allure.

Un caillebotis au bord de l'eau

Quel plaisir de se rafraîchir au lavoir, avant d'emprunter le sentier en corniche bordé de maisons avec des jardinets embaumés de verveine citronnelle, parenthèse bucolique qui nous descend doucement vers la D10 au lieu-dit Gardera. 200 mètres plus loin, l'itinéraire rejoint à gauche un sentier sous de grands peupliers. La mairie de Langoiran a fait construire un long chemin en caillebotis qui serpente sous les arbres, le long de la Garonne. Voici les quais de Langoiran, jonchés de pimpantes maisons, puis un petit pont qui franchit l'estey du Gaillardon. Nous sommes de retour au Tourne, à deux pas de notre point de départ. Plutôt que de clore l'aventure en suivant la rive gauche du Gaillardon jusqu'au rond-point devant l'église, nous poursuivons un peu le long de la Garonne. Bâti en 1837, le chantier Tramasset est le dernier témoin des chantiers bâtisseurs de yoles et gabares qui assuraient autrefois le transport des marchandises sur le fleuve. Fermé en 1985 puis racheté par la mairie, il est devenu lieu de transmission patrimoniale, avec animations et concerts, en plus d'un atelier de restauration de bateaux. L'été, on peut même s'y restaurer et danser sous les lampions.

GUIDE PRATIQUE

Durée : 2 h 30
Distance : 9 kilomètres
Dénivelé : 120 mètres
Niveau : facile
Carte IGN 1537 SB : Pessac La Brède
Itinéraire à télécharger sur entredeuxmers.com/offre/boucle-langoiran-le-tourne

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