Découvrir les châteaux de la Loire

Par François Silvan
source : Détours en France n°170, p. 23

Le rayonnement du Val de Loire tient en grande partie aux joyaux Renaissance que sont ses châteaux. 

Chenonceau

Le château de Chenonceau

Chenonceau

Chenonceau. Sur le château « des Dames », Flaubert écrit : « Bâti sur l’eau, en l’air, il lève ses tourelles, ses cheminées carrées. Le Cher passe dessous, et murmure au bas de ses arches dont les arêtes pointues brisent le courant. C’est paisible et doux, élégant et robuste. Son calme n’a rien d’ennuyeux et sa mélancolie n’a pas d’amertume.» Chenonceau, sur le Cher, n’est qu’à une dizaine
 de kilomètres à vol d’oiseau d’Amboise.

Le château d'Amboise

Le château d’Amboise occupe le promontoire du Châtelier, point d’observation imprenable sur la Loire et connu de l’homme depuis le néolithique. C’est Charles VIII qui fit construire les deux tours cavalières (ici, la tour des Minimes) qui permettaient aux cavaliers et attelages d’accéder par une rampe hélicoïdale au château, 40 mètres plus bas que le village. En 1498, le roi meurt avant leur achèvement.

Le château d'Amboise

Amboise fut le premier chantier royal de transition architecturale entre Moyen Âge et Renaissance. Dominé par ses impressionnants murs fauves, songez qu’il ne reste que 20 % de l’édifice de l’époque, à la fois forteresse inexpugnable et demeure de plaisance. L’aile gauche et ses fenêtres à meneaux conservent l’influence gothique rappelant le Moyen Âge, tandis qu’au deuxième étage de l’aile droite, les pilastres encadrant les fenêtres signalent le règne de François Ier. Dans les jardins, le buste de Léonard de Vinci marque l’emplacement de son inhumation avant qu’il ne soit transféré dans la chapelle gothique qui donnait alors directement à l’intérieur des appartements royaux. Amboise est marqué par deux événements ouvrant le chapitre des guerres de Religion : « L’affaire des placards » en 1534, virulents écrits protestants dont l’un est apposé ici sur la porte même de la chambre de François Ier (à la suite de quoi le roi décida d’affirmer sa foi catholique et de réprimer la Réforme) ; et la conjuration d’Amboise en 1559, qui voit la plupart des chefs protestants conjurés pendus aux balustrades du château, laissant la voie à la ligne dure des catholiques, avec à leur tête le duc de Guise.

La chapelle Saint-Hubert

La chapelle Saint-Hubert est un vestige du château d’Amboise tel qu’il se présentait avant la Révolution. Tout en tuffeau, commandé par Charles VIII, ce bijou du gothique flamboyant est réalisé de 1491 à 1496. Une poignée d’années plus tard, elle aurait adopté le style Renaissance, « importé » d’Italie par Charles VIII à partir de 1494.

Le château de Blois

Blois, le château d’où Louis XII gouverna le royaume, à partir de 1498. Sa statue équestre surplombe l’entrée. Son successeur, François Ier, fait bâtir l’aile éponyme, ornée de son fameux escalier, de 1515 à 1524.

Blois


 

Le château d'Azay-le-Rideau

Azay-le-Rideau


Azay-le-Rideau, château de la Loire posé entre deux bras... de l’Indre, est élevé à partir de 1518 et forme un L. Son aspect défensif est soigneusement dissimulé puisque son chemin de ronde (présent uniquement sur les deux façades extérieures) est fermé par les combles. Son architecture est dite de première Renaissance française et fait partie des châteaux favoris des visiteurs, plus de 300 000 l’an passé !

Le château de Chinon

Elle domine l’Anjou, le Poitou et la Touraine, la forteresse royale de Chinon. Sur son éperon rocheux stratégique occupé de tout temps, elle est fortifiée au XIIe siècle par Henri II Plantagenêt, puis agrandie par Philippe Auguste qui s’en rend maître. Elle accompagne et prend part à l’Histoire de France à plusieurs reprises : vous souvenez-vous que c’est en ses murs que Charles VII reçut Jeanne d’Orléans, en mars 1429 ? 

La forteresse royale de Chinon


Ses fortifications (s’étendant sur plus de 500 mètres de longueur), le fort Saint- Georges, le fort du Coudray, et au centre, le château du Milieu, où se trouvent les logis royaux, ont pour partie été restaurés entre 2003 et 2010 : 17 millions d’euros pour préserver et valoriser ce site exceptionnel.

Le château de Langeais

Château de Langeais


Le château de Langeais, que l’on doit à Louis XI (il est construit de 1465 à 1490 sur les bases d’un château du Xe siècle), résonne encore du 6 décembre 1491, date à laquelle Charles VIII y épouse Anne de Bretagne. Le château retrace cet événement et la vie au XVe siècle ; une quinzaine de salles sont décorées et meublées selon les usages de cette époque. Le saut dans le temps est encore plus grand dans le vieux donjon : une mise en perspective de sa construction avec échafaudage et engins de levage vous emmène à l’époque de sa construction, en l’an mil.

Le château de Chambord

Chambord


Chambord cour intérieure
Qui dit Chambord pense François Ier et Léonard de Vinci. Le roi avait associé son « père » (le plan centré et le double escalier lui sont dus) à ce projet architectural à visée hautement stratégique : démontrer sa puissance à ses rivaux. Les travaux débutent en 1519 et ne sont pas achevés lorsque le roi meurt en 1547. Il est remarquable que Chambord soit parvenu jusqu’à nous en grande partie dans son état originel.