Compostelle : Arles, sur le chemin camarguais

Par Hors-série Spécial Compostelle

Installée sur les bords du Rhône, la cité romaine est le point de départ de la via Tolosana. Vous vous laisserez gagner par son charme méridional avant de marcher, avec la sensation d’être le seul à en profiter, dans l’immensité plane de la Camargue.

Place Voltaire

Place Voltaire à Arles.

Avec ses petites places très méridionales, son dédale de ruelles étroites, sa lumière vantée par Van Gogh (outre la fameuse toile Le Café le soir, il y a peint trois cents œuvres entre 1888 à 1890), Arles est une belle cité romaine qui mérite que vous vous y attardiez un peu. Vous verrez, elle mérite bien son surnom de «Petite Rome des Gaules»... César en fait une colonie romaine prospère dès 46 avant J.-C. Vous verrez ses célèbres arènes (un amphithéâtre qui n’est pas sans rappeler le Colisée de Rome), son théâtre, ses thermes de Constantin ou encore la nécropole des Alyscamps.

Les arènes d'Arles

Les arènes d'Arles sont situées au cœur de la ville.

Le Guide du pèlerin, au XIIe siècle, ordonnait, dans cette ville, de « rendre visite au corps du bienheureux Trophime, confesseur ». « Et dans le cimetière de la même ville, y lisait-on encore, on doit chercher les reliques de l’évêque saint Honorat .» L’église Saint-Trophime, construite au XIIe siècle, est une très belle église romane provençale avec un magnifique portail qui rappelle celui de Saint- Gilles avec son Christ en majesté. Visitez le cloître, un ensemble très harmonieux, qui déploie deux galeries romanes et deux galeries gothiques. Le plus beau de Provence pour certains.

Dans ce pays d'eaux mêlées,
la terre épouse le ciel.
Tout est plat, mais loin de l'ennui.

Après avoir traversé le Rhône, les pèlerins quittaient la cité d’Arles par le quartier de Trinquetaille. Les faubourgs passés, c’est déjà la Petite Camargue. Ici tout est plat, mais pourtant loin d’être ennuyeux ! Vous marcherez le long de canaux, jalonnés de mas et de silos à riz. Il y aussi, à la place des anciens marais, des champs, des vignes, des vergers. Vous croiserez les moutons mérinos (issus du croisement de la race locale arlésienne avec le mérinos d’Espagne, apprécié pour la finesse de sa laine). Autour des roubines, ces petits canaux et fossés, peut-être aurez-vous la chance d’apercevoir, à la faveur d’un petit matin, hérons cen- drés, échasses blanches et autres oiseaux pren- dre leur envol ! Évidemment, même si la mer est invisible, on la sent toute proche. Beaucoup de pèlerins, avant de gagner Saint-Gilles, ne pouvaient d’ailleurs pas s’empêcher de couper à travers les marécages pour se rendre au sanctuaire des Saintes- Maries-de-la-Mer, là où bat le vrai cœur de la Camargue ! 

Saintes-Maries de la Mer

Les pélerins avant d'aller à Saint-Gilles se dirigeaient vers les Saintes-Maries-de-la-Mer.

Les pèlerinages des Saintes-Maries-de-la-Mer

Ville émergeant à peine de l’eau, où le sel se marie à l’eau douce, les Saintes-Maries-de-la-Mer sont une terre d’accueil et une ode à la Carmargue. Les Saintes-Maries sont aussi un important lieu de pèlerinages. Les reliques des saintes découvertes en 1448 lors de fouilles ordonnées par le roi René sont vénérées durant deux pèlerinages. Le plus connu a lieu chaque 24 et 25 mai avec la participation des gitans.

Les gitans célèbrent Marie-Jacobé, sœur de la Vierge ; les Saintois vénèrent Marie-Salomé, la mère de Jean, Lazare, Jacques...

La journée du 25 est consacrée aux saintes du village, Marie-Jacobé et Marie-Salomé, toutes deux menées en procession à la mer. Portées par les gitans, entourées de la foule des fidèles, des Arlésiennes et des gardians en costume traditionnel et des pèlerins venus du monde entier, elles sont bénies par l’évêque. Pendant ces deux jours, offices et prières se succèdent dans l’église. Le second pèlerinage – d’une moindre ampleur mais peut-être plus authentique – a lieu le dimanche le plus proche du 22 octobre. Il faut voir la procession sortir de l’église des Saintes- Maries-de-la-Mer et suivre au son des fifres et des tambourins la marche ouverte par les gardians à cheval...